Le box-office de la semaine du 28 mars 2018

0
65

A première vue, une semaine comme celle qui vient de s’écouler, numéro 13, allant du 28 mars au 3 avril, a l’air d’être tout à fait ordinaire. Il n’empêche que cela peut faire du bien au box-office français, ces moments de répit qui servent accessoirement à faire le ménage. Car la moitié du Top 10 a été renouvelée, plutôt systématiquement qu’avec panache, mais le résultat est bel et bien là. Ainsi, le niveau global des entrées se requinque, passant sensiblement au-dessus des trois millions et demi de spectateurs. Et la part de marché du cinéma français reste de bonne tenue, mobilisant toujours près d’un billet sur deux vendus en ligne, au distributeur automatique ou en caisse. Bref, des semaines comme celles-ci, il n’y a pas forcément grand-chose à écrire dessus, si ce n’est que la météo variable et le jour férié du lundi de Pâques ont dû y jouer un rôle guère négligeable. Mais en tant que point de départ pour un nouveau cycle de vacances, qui débute dès samedi prochain dans une France secouée par les grèves, on aurait pu s’imaginer bien pire.

Steven Spielberg est de retour au sommet. Alors que la presse américaine y voit déjà le signe de la renaissance des blockbusters, qui faisaient jadis la réputation de l’enfant prodige d’Hollywood, en France, on serait en droit de moins s’extasier. Car vers chez nous, la dernière fois que Spielberg régnait sur le box-office remonte à peine à quelques semaines, celle du 24 janvier pour être précis. Pentagon Papers et sont évidemment des films très différents, à commencer par leurs résultats de démarrage, de moitié moins élevés du côté du drame historique, alors que l’aventure virtuelle peut se vanter de 8 % de part de marché en plus. Toujours est-il que Spielberg sait toujours déplacer les foules d’une taille raisonnable, mettant par la même occasion fin à un mois d’hégémonie comique française. Or, le public ne manifeste aucun signe de lassitude à l’égard des productions nationales qui sont supposée faire rire, puisque le champion des deux dernières semaines, de Franck Dubosc, se maintient admirablement avec une baisse de fréquentation dérisoire de seulement 8 %. Parmi les autres nouveautés, hors Spielberg, le cinéma français se porte également bien, même si l’on peut se demander quand le public populaire aura atteint un degré de saturation irréversible de comédies débiles, comme de Emmanuel Gillibert, et de vieilles fripouilles franchouillardes, comme de Jean Becker. Enfin, pour une fois qu’un documentaire réussit à figurer dans le Top 10, il s’agit du sous-genre que nous affectionnons le moins, le documentaire animalier à la sauce Disney, sous forme de de Keith Scholey et Alastair Fothergill.

Voici les principaux chiffres du Top 10 du box-office français entre le mercredi 28 mars et le mardi 3 avril 2018 :


1. Ready Player One – distribué par Warner Bros. – Nouveauté – 889 788 entrées cumulées – 24 % part de marché
2. Tout le monde debout – distribué par Gaumont – 3ème semaine / – 8 % – 425 635 entrées / 1 788 180 cumul – 12 % part de marché
3. La Ch’tite famille – distribué par Pathé – 5ème semaine / – 25 % – 282 575 entrées / 5 284 396 cumul – 8 % part de marché
4. Les Dents pipi et au lit – distribué par SND – Nouveauté – 214 219 entrées cumulées – 6 % part de marché
5. – distribué par Warner Bros. – 3ème semaine / – 33 % – 179 631 entrées / 1 115 651 cumul – 5 % part de marché


6. – distribué par Universal Pictures France – 2ème semaine / – 48 % – 172 647 entrées / 504 414 cumul – 5 % part de marché
7. – distribué par Wild Bunch Distribution – Nouveauté – 163 155 entrées cumulées – 4 % part de marché
8. – distribué par UGC – 2ème semaine / – 35 % – 157 855 entrées / 402 465 cumul – 4 % part de marché
9. Le Collier rouge – distribué par Apollo Films – Nouveauté – 143 627 entrées cumulées – 4 % part de marché
10. Blue – distribué par Walt Disney Studios France – Nouveauté – 116 298 entrées cumulées – 3 % part de marché


Aux États-Unis, Steven Spielberg se hisse aussi en tête du box-office, même si Ready Player One a surtout fait sensation sur le marché chinois. A la deuxième place, le public afro-américain a droit à sa livraison désormais semestrielle d’un film de Tyler Perry, entièrement conforme en termes d’exposition et de fréquentation aux œuvres précédentes de ce réalisateur-producteur qui demeure un phénomène exclusivement américain. Contrairement à son parcours en France, correct mais sans plus, de Ryan Coogler fait preuve d’une incroyable vigueur près de deux mois après sa sortie, devenant le quatrième plus grand succès du box-office américain devant Jurassic World de Colin Trevorrow, en attendant de ravir d’ici peu la troisième place à Titanic de James Cameron, où son ascension spectaculaire du classement des records devrait s’arrêter en toute probabilité. Car une baisse de seulement un tiers des dollars générés, la plupart des blockbusters printaniers peuvent en rêver, comme on le voit encore cette semaine du côté du naufrage de Pacific Rim Uprising de Steven S. DeKnight qui perd le double ou de celui de Tomb Raider de Roar Uthaug, guère mieux loti. Le drame chrétien édifiant I can only imagine des frères Erwin – une particularité américaine supplémentaire – profite pleinement du week-end de Pâques, ajoutant quelques centaines d’écrans. Tout comme à une échelle plus modeste, mais plus recommandable d’un point de vue filmique, L’Île aux chiens de Wes Anderson, désormais aux portes du Top 10 alors qu’il n’est projeté que dans vingt-cinq fois moins de salles que le Spielberg, et La Mort de Staline de Armando Iannucci, que l’on devrait hélas chercher en vain dans une semaine au sein du Top 10 français.

Voici les principaux chiffres du Top 5 du box-office américain pour le week-end se terminant le dimanche 1er avril 2018 :


1. Ready Player One – distribué par Warner Bros. – Nouveauté – 41 764 050 $ cumulés
2. Tyler Perry’s Acrimony – distribué par Lionsgate – Nouveauté – 17 170 707 $ cumulés, sans date de sortie en France
3. Black Panther – distribué par Buena Vista – 7ème semaine / – 32 % – 11 486 915 $ / 650 923 549 $ cumul
4. I can only imagine – distribué par Roadside Attractions – 3ème semaine / – 23 % – 10 445 994 $ / 55 271 331 $ cumul, sans date de sortie en France
5. Pacific Rim Uprising – distribué par Universal – 2ème semaine / – 66 % – 9 370 405 $ / 45 836 225 $ cumul

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici