Le 12ème Festival de Brive n’est pas un numéro…

4
131

… mais un festival libre… de mettre à l’honneur le moyen-métrage et ce depuis 2004 déjà à Brive, dans les trois salles du Rex. Initié par les réalisateurs Katell Quillévéré et au sein de la Société des Réalisateurs de Films qui gère également la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, cette manifestation est devenue un acteur majeur du paysage cinématographique français. La compétition a révélé des auteurs et participé à la visibilité croissante de ce format compliqué, considéré longtemps comme trop long pour la télévision, trop court pour le cinéma (entre 30 et 59 minutes) ce qui fut contredit par la sortie en salles, avec succès, de Un Monde sans femmes de Guillaume Brac. Le festival réunit des talents à l’écran mais aussi dans les salles, aide à faire naître des affinités, des émulations et participe à une atmosphère de créativité dans le jeune cinéma, français avant tout, la partie européenne de la compétition restant encore secondaire. L’édition 2013 du Festival de Cannes confirma son rôle de tremplin avec les sélections dans diverses sélections parallèles des longs-métrages de Justine Triet (La Bataille de Solférino), Sébastien Betbeder (Deux automnes, trois hivers) ou Antonin Peretjatko (La Fille du 15 juillet) tous passés et/ou récompensés à Brive.

Laissez-moi passer, je suis attendu à Brive...
Laissez-moi passer, je suis attendu à Brive…

 

Changement de cap avec l’édition 2015 avec le départ de Sébastien Bailly au poste de délégué général depuis les débuts donc, remplacé par Elsa Charbit qui devrait s’inscrire dans la continuité de son illustre prédécesseur mais apporter sa touche personnelle de cinéphile éclairée qui a arpenté les couloirs et les salles de la Cinémathèque Française au sein de l’équipe de programmation. Regrettons au passage le César non attribué au court-métrage de Sébastien Bailly, le délicat Où je mets ma pudeur, auquel les votants sourds et aveugles ont préféré cette purge qui porte le titre de L’Infâme La Femme de Rio. Putain, quelle merde, quand on y pense ! D’autant plus inexplicable que les cinq autres films en lice lui étaient de très loin supérieurs.

où je mets ma pudeur 01

Quelques noms connus, à Brive et/ou ailleurs reviennent comme Bertrand Mandico, Grand Prix du jury en 2012 avec le cryptique Boro in the Box et Hubert Viel avec Petit lapin, mise en bouche (mais sûrement plus) pour attendre son premier long long-métrage, déjà tourné (avec Michel Lonsdale) alors que ce projet intrigant fut présenté l’an dernier seulement dans le cadre du Workshop professionnel.

Le jeune talent de 32 ans sera accompagné de la rohmérienne Marie Rivière mais aussi de Noemie Rosset qui fut la révélation de l’édition 2013 de Brive dans le rôle de Callie Staux dans Artemis cœur d’artichaut. Une nouvelle fois, c’est en noir et et blanc et (probablement) tourné sur de la bonne vieille pelloche. À vérifier les jeudi 16 avril à 16h30 et samedi 18 à 14h.

Petit lapin, avec Camille-Lou Grandrieux, Hubert Viel et la participation d'un paquet de Nesquik
Petit lapin, avec Camille-Lou Grandrieux, Hubert Viel et la participation d’un paquet de Nesquik

 

Parmi les autres auteurs déjà remarqués présents dans la compétition, citons encore Joao Pedro Rodrigues et Joao Rui Guerra Da Mata (La Dernière Fois que j’ai vu Macao), Christelle Lheureux (Grand Prix 2012 au Festival Côté Court de Pantin, avec La Maladie blanche), (Le Monde à l’envers, avec Vincent Macaigne et Myriam Boyer à Brive en 2013), Jean-Sébastien Chauvin (Et ils gravirent la montagne) et Jacques Perconte dont l’ensemble du travail fut honoré à la Cinémathèque Française l’hiver dernier. Mais d’autres réalisateurs font leurs débuts ici, en espérant faire de belles découvertes.

Jean-Pierre Darroussin à son arrivée hier
à son arrivée hier

 

Les 22 films de la compétition seront départagés par un jury présidé par l’acteur et réalisateur Jean-Pierre Darroussin, accompagné du compositeur Marc Collin, des réalisateurs Sarah Léonor et F.J. Ossang et de l’actrice Françoise Lebrun (La Maman et la putain) qui présentera un essai documentaire, Crazy Quilt tourné en 2011, sur son histoire d’amour avec l’Angleterre qui sera d’ailleurs à l’honneur de la rétrospective ambitieuse consacrée au Free Cinema, la Nouvelle Vague du Royaume-Uni, en sept programmes, avec des œuvres emblématiques de Tony Richardson, Lindsay Anderson ou Karel Reisz sur des images notamment signées du directeur de la photo Walter Lassally qui a donné une belle conférence à la Cinémathèque Française le 13 mars dernier.

Walter Lassally

British again à Brive avec la projection de plusieurs épisodes du Prisonnier (je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre), la série paranoïaque et fantasmagorique supervisée par son interprète emblématique Patrick McGoohan. L’une des séries télévisées les plus passionnantes, les plus regardables à l’infini, les plus riches jamais produites aux côtés d’oeuvres emblématiques et historiques comme Chapeau melon et bottes de cuir ou Twin Peaks.

Le Prisonnier, incognito
Le Prisonnier, incognito

 

La programmation propose également un focus sur le cinéma japonais avec notamment le décalé de Kiyoshi Kurosawa et des œuvres méconnues de grands cinéastes : Werner Herzog (les documentaires La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner, Gasherbrum, Wadaabe, les bergers du soleil et Leçons de ténèbres), Douglas Sirk (deux moyens métrages de ses débuts en Allemagne, Deux Génies et Le Malade imaginaire) et (deux courts du début des années 60, Un lézard de trop autour de la muse d’un artiste sculpteur qui réinvente chaque jour son visage et La Fête, un chassé-croisé amoureux) ainsi qu’un hommage à , disparu en début d’année, avec Un peuple en marche, sur la guerre en Algérie et Vous avez dit Français ?, sur la notion de citoyenneté française.

Un lézard de trop
Un lézard de trop

Ingmar Bergman makes a movie 01

Une leçon de cinéma qui s’annonce passionnante est proposée avec l’intégrale (en trois séances) d’une série documentaire produite pour la télévision suédoise en 1963 : Ingmar Bergman makes a movie, sur le tournage des Communiants qui sera également projeté. Le ciné-concert annuel permettra au compositeur Ulysse Klotz d’illustrer deux épisodes du manga Mushishi (2005) le jeudi 16 avril à 21h sur la Place du Civoire et le dialogue annuel entre cinéastes «confrontera» Céline Sciamma (Naissance des pieuvres, Bande de filles) à (Les Apprentis, Dans la cour), un dialogue libre pour échanger sur tous les aspects de la création, de l’écriture au montage en passant par la mise en scène et la direction d’acteur sans médiateur, le samedi 18 à 16h30.

Plus de détails encore sur le site officiel, agenda complet en cliquant ici.

brive affiche 2015

Sélection Compétition Européenne 2015

Boa Noite Cinderela de Carlos Conceiçao (Portugal / 30 min / Fiction)

Comme une grande de Héloïse Pelloquet (France / 43 min / Fiction)

(Le Barrage) de Nikolaus Müller (Autriche / 30 min / Fiction)

Hors Cadre, une trilogie de Coco Tassel (France / 44 min / Fiction)

Iec Long de Joao Pedro Rodrigues et Joao Rui Guerra Da Mata (Portugal / 31 min / Docu-Fiction)

La Terre penche de Christelle Lheureux (France / 53 min / Fiction)

Les Enfants de Jean-Sébastien Chauvin (France – Suisse / 32 min / Fiction)

Les fleuves m’ont laissée descendre où je voulais de Laurie Lassalle (France / 38 min / Fiction)

L’Île à midi de Philippe Prouff (France / 38 min / Fiction)

Lupino de François Farellacci (France – Italie / 49 min / Documentaire de création)

Mamma Är Gud de Maria Bäck (Danemark – Suède / 30 min / Documentaire expérimental)

M(Madeira) de Jacques Perconte (France / 30 min / Documentaire expérimental)

de Sylvain Desclous (France / 30 min / Fiction)

Motu Maeva de Maureen Fazendeiro (France / 42 min / Documentaire expérimental)

Mutso, l’arrière-pays de Corinne Sullivan (France – Géorgie / 50 min / Documentaire)

de Matthieu Bareyre (France / 48 min / Docu Vidéo d’art)

Notre Dame Des Hormones de Bertrand Mandico (France / 30 min / Fiction)

de Jean-Guillaume Sonnier (Suisse / 30 min / Fiction)

Petit Lapin de Hubert Viel (France / 31 min / Fiction)

Souvenirs de la Géhenne de Thomas Jenkoe (France / 56 min / Documentaire expérimental)

Ton cœur au hasard de Aude Léa Rapin (France / 37 min / Fiction)

de Antoine Chaudagne et Sylvain Verdet (France / 44 min / Documentaire)

 

La bande-annonce du festival 2015, toujours réalisée par Vincent Dietschy, avec Milo McMullen et Esteban


et pour rappel, celle de 2014, pas si moyenne que ça…

TARIFS

Billet à la séance : 3,50 €

Pass :

Pass illimité 5 jours: 18 € tarif plein, 15 € tarif réduit

Pass journalier: 8 € tarif plein, 6 € tarif réduit

Soirées d’ouverture et de clôture, Ciné-concert et Tables rondes en accès libre, dans la limite des places disponibles

4 Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici