L’argent de la vieille

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L'Argent de la vieille, photo du film

L'Argent de la vieille, l'affiche du filmL’Argent de la vieille

Italie : 1972
Titre original :
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Distribution : Les Acacias
Durée : 30 novembre 1977 (1h 58min)
Genre : Comédie
Date de sortie : 30 novembre 1977 (1h 58min)

Globale : [rating:4.0][five-star-rating]

Fable sociale cruelle, « L’argent de la vieille » s’inscrit dans la lignée du cinéma italien engagé même si Comencini n’est pas considéré comme un de ses porte-paroles.

Résumé : Une vieille milliardaire américaine, passionnée de jeux de cartes, défie un couple de romains démunis.

L'Argent de la vieille, photo du film

Une fable

Voyageant toute l’année à la poursuite du printemps, Bette Davis, vieille et riche milliardaire revient comme chaque mois de Mai s’installer dans une luxueuse villa romaine.

Elle y organise entre maintes réceptions des parties de « Scopone » un jeu de cartes avec son chauffeur, George (Joseph Cotten), Peppino (Alberto Sordi) et Antonia (Sylvana Mangano), un couple défavorisé qui subsiste difficilement dans les faubourgs pauvres de la ville.

Et chaque année, « royalement », « généreusement » elle leur offre 1 millions pour ouvrir la partie. Et chaque année, Peppino et Antonia espère remporter la mise et « plumer » la vieille ». Et chaque année, celle-ci regagne son million et parfois plus car dans la fièvre du jeu le couple joue même l’argent qu’il ne possède pas. Il s’endette un peu plus encore en empruntant à droite et à gauche pour la rembourser et, heureusement pour eux, elle refuse systématiquement le remboursement.

Mais voilà cette année, le couple gagne pour la première fois. Et découvre que la vieille est mauvaise joueuse. Elle provoque une nouvelle partie, perd, rejoue, reperd…. laissant sur le tapis sa fortune. Elle surjoue sa santé défaillante pour apitoyer ses victimes et tient dans le sillage d’Antonia et Peppino, tout le bidonville excité à l’idée de la fortune enfin à portée de main.

La pression est trop forte sur le couple, celle de la vieille à qui ils n’arrivent pas à refuser une nouvelle partie, celle du chauffeur, ex-amant de la vieille qui toujours fou amoureux veut lui éviter toute dévastatrice colère, celle de leurs amis du bidonville aux aguets, celle enfin de l’argent qu’il gagne enfin pour la première fois de leur vie et qui va leur permettre de régler leurs dettes, d’acheter un appartement…..

Mais ce ne serait pas une fable cruelle si le couple ne reperdait bien sur la fortune nouvellement gagné au terme d’une dernière donne.

Somme toute tout cela serait sans trop de surprise si Comencini ne poursuivait pas son récit avec une subtilité savoureuse.

L'Argent de la vieille, photo du film

Mais pas un conte de fées

La vielle repart. Antonia et Peppino viennent à l’aéroport lui rembourser la dette contractée sur leur propre argent. Ils ont pour cela hypothéqué leur maison en se disant que de toute façon elle n’accepterait pas leur argent. Elle n’accepte pas en effet, ils font mine d’insister, elle propose de le jouer…Et elle gagne … Tout est perdu pour eux désormais…

La vielle repart avec son argent … et un gâteau confectionné par Cleopatra, la fille ainée du couple …. gâteau qu’elle a empoisonné. Et oui , ombrageuse, mélancolique et lucide, Cleopatra est celle qui va mettre fin à la spirale infernale qui d’année en année entraine ses parents et le faubourg à leur suite dans l’espoir puis le désespoir.

Avec Comencini les pauvres restent pauvres, les riches restent riches et surtout ils mènent le monde faisant des démunis leurs jouets.

Il dénoue le faux lien affectif entre Peppino et Antonia. Eux qui assurent l’aimer beaucoup et elle qui les traite de chers amis mais (on apprend d’ailleurs que la vieille reproduit dans chaque pays le même schéma avec d’autres jeux et d’autres pauvres).

Les barrières sociales restent infranchissables et bien fol est celui qui croit l’argent et le luxe à portée de main. La grille se refermera lui brisant toute illusion.

Résumé

 L’argent de la vieille n’a rien perdu de sa force aujourd’hui. Alberto Sordi et Silvana Mangano sont pitoyables, émouvants, désespérément humains. Bette Davis, dont ce fut le dernier vrai grand rôle, y est absolument féroce, manipulatrice et impitoyable.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=FE7Ze0Y3VNA[/youtube]

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