Festival de Cannes 2015 : 1er jour – La Tête Haute, Mad Max: Fury Road…

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On attaque cette 68ème édition du plus beau festival de cinéma au monde avec 5 films et non des moindres : La Tête Haute, Mad Max:Fury Road, The Tale of tales, L’étage du dessous et L’Ombre des femmes. Que la fête commence !

La Tête haute afficheLa Tête haute

Synopsis : Malony, six ans, se retrouve pour la première fois dans le bureau du juge pour enfants Florence Blaque. Son père est déjà parti et sa mère démissionnaire s’en va en le laissant sur place. Dix ans plus tard, ballotté de foyers en foyers, il est devenu un adolescent violent. La juge et un éducateur vont tenter de l’aider à ne pas sombrer dans la délinquance et à trouver sa place dans la société.

Notre critique 3/5 :

Bon lancement pour la 68ème édition du Festival de Cannes avec La Tête haute d’Emmanuelle Bercot. Loin des cotillons et des souliers de vair de Grace de Monaco, son nouveau film est un drame social sur un adolescent fragilisé par son étrange rapport entre amour et haine avec sa mère qui ne sait pas, ne peut pas, être une mère. Rod Paradot se sort bien de son premier rôle dont les crises de colère intempestives pourraient susciter le rejet. Grâce au soutien indéfectible de la juge interprétée par Catherine Deneuve, bienveillante, combative et malicieuse et à la tension larvée de Benoît Magimel en éducateur compatissant, Malony n’est pas condamné à devenir (ni rester) un délinquant. La mise en scène est naturaliste, à distance humaine, ni dans la complaisance ni dans le jugement. La première photo du film n’est pas sans évoquer une image de J’ai tué ma mère mais l’influence est plutôt à chercher du côté de Maurice Pialat. En attendant de découvrir Mon Roi de Maïwenn dont Bercot est l’actrice principale et la scénariste, ce premier long-métrage du Festival semble être le premier indicateur que les femmes vantées par Lambert Wilson dans son discours d’introduction lors de la cérémonie d’ouverture vont dominer les diverses sélections.

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mad max fury road AFFICHEMad Max: Fury Road de George Miller

Synopsis : Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d’un véhicule militaire piloté par l’Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s’est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement…

Notre critique 4,5/5 :

On l’attendait depuis de long mois ce 4e opus de la saga Mad Max. Après les excellents trailers et bande-annonces qui ont fait saliver les fans de la première heure comme les novices de cet univers. George Miller l’a fait, revenir 30 ans après et imposer un film qui respecte ses origines tout en revisitant le mythe. Les fans de la saga retrouveront cet univers familier malgré la grosse dose de sang neuf injectée à notre héros déchaîné. C’est brillant de maîtrise, ultra vitaminé et puissant. Déjà culte !

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Tale of tales afficheThe Tale of tales de Matteo Garrone

Synopsis : Comme chaque été, le jeune Sam, âgé de douze ans et débordant d’imagination, part en camp de scouts dans la forêt. Il se rend vite compte que quelque chose ne tourne pas rond quand il y découvre une mystérieuse cabane visiblement habitée par Kai, un enfant sauvage. Sam croit bon d’en avertir ses guides, mais ceux-ci ne le prennent pas au sérieux, interprétant son récit comme l’une de ses habituelles élucubrations. Et pourtant… Le jeune garçon de la cabane s’avère en plus aider un dangereux psychopathe, lequel va redoubler d’ingéniosité pour décimer les louveteaux de la troupe. Un par un…

Notre critique 3,5/5 :

Changement de registre radical pour Matteo Garrone qui après avoir exploré le monde de la mafia dans Gomorra et la télé-réalité dans Reality (tous les deux Grands Prix du jury déjà à Cannes), s’essaie au conte déviant avec Tale of Tales où trois têtes couronnées fascinent par leurs comportements troubles. Toby Jones est un roi puéril fasciné par une puce et ignore les désirs de sa fille qui par sa faute tombe dans les pattes du pire des maris possible, Vincent Cassel un roi libidineux fasciné par la voix d’une hideuse voisine et Salma Hayek une reine prête à tout pour avoir des enfants. Dans leurs châteaux voisins règne une décadence pathétique et un jeu noir avec les apparences. Un objet étrange, drôle, hilarant souvent (mention spéciale à Toby Jones) avec une nouvelle bande son élégante d’Alexandre Desplat et des images sublimes signées Peter Suschitzky qui donnera le 21 mai à 11h un séminaire en ligne depuis Cannes avec Sony qui parraine un prix du court-métrage à la Semaine de la Critique.

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l'etage du dessous afficheL’étage du dessous de Radu Muntean

Synopsis : En rentrant chez lui, Pătrașcu perçoit derrière une porte au deuxième étage de son immeuble les bruits d’une violente dispute amoureuse. Quelques heures plus tard le corps d’une femme est découvert. Ses soupçons se portent sur Vali, le voisin du premier. Et pourtant Pătrașcu ne se rend pas à la police… même lorsque Vali commence à s’immiscer dans sa vie et dans sa famille.

Notre critique 3,5/5 :

Dans L’Étage du dessous, Radu Muntean saisit la culpabilité de ne pas avoir agi lorsqu’on aurait pu agir, de ne pas savoir comment réagir ensuite, de poursuivre sa vie comme si de rien n’était alors que le pire a (peut-être) été commis sous vos yeux. Radu Muntean fait preuve d’un art économique de la mise en scène et de la narration en suivant au plus près les tourments psychologiques de Patrascu, quinquagénaire incarné par Teo Corban, que l’on ne quitte pas d’une semelle. Son visage ne trahit pas ses pensées profondes, ce sont ses sautes d’humeur qui laissent deviner son ressenti mais rien n’est explicité. Un suspense psychologique qui prend le temps de suivre deux protagonistes angoissés, un moment de cinéma raconté par l’image et le montage plus que par les rares prises de parole ou les tentatives (vaines) de l’éviter.

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ombre des femmes afficheL’Ombre des femmes de Philippe Garrel

Synopsis : Pierre et Manon sont pauvres. Ils font des documentaires avec rien et ils vivent en faisant des petits boulots.

Pierre rencontre une jeune stagiaire, Elisabeth, et elle devient sa maîtresse. Mais Pierre ne veut pas quitter Manon pour Elisabeth, il veut garder les deux.

Notre critique 3,5/5 :

Avec L’Ombre des femmes, Philippe Garrel offre son plus beau rôle à Clotilde Courau depuis Le Petit Criminel de Jacques Doillon. La femme est l’avenir du cinéaste dans ce drame romantique où un couple uni par une même passion de la création est confronté à une grave crise affective lorsque surgit Elizabeth, révélateur plus que cause de leur éloignement sentimental. Dans un beau noir et blanc signé du maître d’images Renato Berta, Garrel père fait comme une autocritique de son parcours, avec un humour étonnant de sa part et un récit agréablement resserré sur 1h15 à peine. Le personnage de Pierre, souvent détestable, est comme un double sinon de ce qu’il est réellement, en tout cas de l’image que l’on peut se faire de lui à travers ses protagonistes masculins. Stanislas Mehrar en réalisateur qui ne comprend rien du monde qu’il est supposé dépeindre dans ses films, est lui aussi impressionnant.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=uSNPVMqK2MA[/youtube]

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