Nécrologie News — 25 juillet 2019
Décès de l’acteur Rutger Hauer
Turkish délices © Warner Columbia / Euro Video Tous droits réservés

L’acteur néerlandais Rutger Hauer est décédé le 19 juillet à Beetsterzwaag, dans le nord des Pays-Bas. Il était âgé de 75 ans. Son décès n’a été annoncé publiquement que hier, le jour de ses obsèques. Grâce à son illustre carrière longue d’un demi-siècle, Hauer était l’une des plus grandes vedettes de son pays. Après sa collaboration fructueuse avec le réalisateur Paul Verhoeven dans les années 1970, il allait faire carrière à Hollywood, participant alors à des films aussi marquants que de Ridley Scott et de Robert Harmon.

Blade Runner © The Ladd Company / Warner Bros. Tous droits réservés

Après quelques hésitations initiales, le jeune Rutger Hauer avait choisi le métier d’acteur à la fin des années ’60, rencontrant de suite le succès par le biais de la mini-série comique « Floris » réalisée par Paul Verhoeven. Il allait faire de nouveau équipe avec le réalisateur tout au long de la décennie suivante, pour Turkish délices – nommé à l’Oscar du Meilleur Film étranger en 1974 –, Keetje Tippel, Le Choix du destin et . En parallèle, il avait fait ses premiers pas dans le cinéma international à travers le britannique de Ralph Nelson et le belge Femme entre chien et loup de André Delvaux. A la même époque, il avait collaboré avec d’autres réalisateurs néerlandais tels que Fons Rademakers pour Max Havelaar et Wim Verstappen pour Pastorale 1943. Le duo Hauer / Verhoeven allait se réunir une dernière fois en 1985 pour la production américaine , au tournage suffisamment chaotique pour que les chemins de l’acteur et de son réalisateur attitré se soient séparés par la suite.

Hitcher © TriStar Pictures Tous droits réservés

Rutger Hauer avait tenté sa chance à Hollywood à partir de 1981 avec de Bruce Malmuth aux côtés de Sylvester Stallone. Une première expérience pas vraiment concluante, suivie l’année d’après par un rôle de méchant dans Blade Runner de Ridley Scott qui allait gagner en renommée mythique au fur et à mesure que ce chef-d’œuvre de la science-fiction – d’abord un bide au box-office – devenait le film culte de toute une génération. L’acteur était alors de plus en plus demandé par des réalisateurs aussi divers que Nicolas Roeg (), Sam Peckinpah (Osterman Weekend), Richard Donner (), Robert Harmon (Hitcher), Gary Sherman (), Jack Gold (le téléfilm « Les Rescapés de Sobibor »), Ermanno Olmi (La Légende du saint buveur – Lion d’or au Festival de Venise en 1988), Phillip Noyce (Vengeance aveugle), Lina Wertmüller (Clair) et David Webb Peoples (Le Sang des héros).

La Légende du saint buveur © Bac Films Tous droits réservés

A partir des années ’90, Hauer allait encore travailler très régulièrement, quoique dans des projets de moins en moins prestigieux, parmi lesquels on peut retenir Wedlock Les Prisonniers du futur de Lewis Teague, Beyond justice de Duccio Tessari, Omega Doom et Blast de Albert Pyun, Confessions d’un homme dangereux de George Clooney, Sin City de Frank Miller et Robert Rodriguez, de Christopher Nolan, Goal 2 La consécration de Jaume Collet-Serra, Hobo with a shotgun de Jason Eisener, de Lech Majewski, de Mikael Håfström, Ingrid Jonker de Paula Van Der Oest, Le Village de carton de Ermanno Olmi, Dracula de Dario Argento, la série à succès « True Blood », Gangsterdam de Romain Lévy, de Luc Besson, 24h limit de Brian Smrz et Les Frères Sisters de Jacques Audiard, ainsi que les sorties prochaines Journey to China The Mystery of Iron Mask de Oleg Stepchenko et Emperor de Lee Tamahori.

Hobo with a Shotgun © Karim Hussain / Magnet Releasing Tous droits réservés

Rutger Hauer a été nommé à deux reprises aux Golden Globes pour son travail à la télévision, en tant que Meilleur acteur dans un second rôle en 1988 pour « Les Rescapés de Sobibor » et comme Meilleur acteur dans un téléfilm pour « Le Crépuscule des aigles » en 1995. Il l’avait gagné pour le premier. Un activiste écologique engagé, Hauer avait également créé la Rutger Hauer Starfish Association en 1999, qui s’occupe principalement d’enfants et de femmes enceintes atteints du sida.

Bruegel le moulin et la croix © Sophie Dulac Distribution Tous droits réservés

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles