Décès de l’acteur Christopher Plummer

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La Chute de l’empire romain © 1964 Samuel Bronston Productions / Paramount Pictures Tous droits réservés

L’acteur canadien Christopher Plummer est décédé hier matin à Weston dans le Connecticut des séquelles d’une chute lors de laquelle il s’était blessé à la tête. Il était âgé de 91 ans. Comme la plupart de ses contemporains nonagénaires qui nous ont quittés ces derniers jours, Plummer s’est montré autant à l’aise au théâtre, qu’à la télévision et au cinéma. Après son rôle du capitaine von Trapp dans la comédie musicale légendaire La Mélodie du bonheur de Robert Wise au milieu des années 1960, il allait enchaîner pendant un demi-siècle des personnages souvent mémorables. Plummer avait collaboré avec plusieurs générations de réalisateurs de renom, de Nicholas Ray jusqu’à Rian Johnson, en passant par Anthony Mann, John Huston, Spike Lee, Mike Nichols, Terry Gilliam, Michael Mann, Ron Howard, Atom Egoyan, Oliver Stone, Terrence Malick, David Fincher et Ridley Scott.

La Mélodie du bonheur © 1965 Robert Wise Productions / 20th Century Fox / The Walt Disney Company France
Tous droits réservés

Avant de faire ses premiers sur les plateaux de tournage de cinéma à la fin des années ’50, Christopher Plummer avait déjà un solide parcours d’acteur de télévision et surtout de théâtre derrière lui. Après avoir triomphé dans de nombreuses pièces de William Shakespeare en Angleterre et aux États-Unis, il avait plutôt modestement débuté au cinéma dans des films comme Les Feux du théâtre de Sidney Lumet, La Forêt interdite de Nicholas Ray et l’épopée historique La Chute de l’empire romain de Anthony Mann. Sans trop de conviction, il avait accepté le rôle du veuf et père de famille sévère dans La Mélodie du bonheur de Robert Wise. Le succès phénoménal du film, Oscar du Meilleur Film en 1966, l’avait toujours laissé un peu perplexe, voire sarcastique. Ce bond en termes de popularité lui avait néanmoins permis de se consacrer dès lors plus abondamment à sa carrière de cinéma.

L’Homme qui voulut être roi © 1975 Kathy Fields / Allied Artists Pictures / Columbia Pictures Tous droits réservés

Jusqu’à la fin de la décennie, on a ainsi pu le voir dans Daisy Clover de Robert Mulligan, Triple Cross de Terence Young, La Nuit des généraux de Anatole Litvak, Mandat d’arrêt de Ralph Thomas, La Bataille d’Angleterre de Guy Hamilton et Waterloo de Sergueï Bondartchouk. Au cours des années ’70, il avait certes enchaîné les rôles, entre autres chez Peter Collinson (La Nuit de la peur), Blake Edwars (Le Retour de la Panthère rose), Michael Anderson (Coupables sans visage), Jack Gold (Le Tigre du ciel), Bryan Forbes (Sarah), Luigi Cozzi (Starcrash Le Choc des étoiles), Bob Clark (Meurtre par décret) et Peter Hyams (Guerre et passion). Mais c’est essentiellement un film qui avait en quelque sorte sauvé en 1975 cette partie en demi teinte de la filmographie de l’acteur : L’Homme qui voulut être roi de John Huston.

Dolores Claiborne © 1995 John Clifford / Castle Rock Entertainment / Columbia Pictures Tous droits réservés

Aucun film majeur n’est par contre venu interrompre une traversée du désert longue d’une dizaine d’années, où Plummer participait au mieux à la mini-série à succès « Les Oiseaux se cachent pour mourir », ainsi qu’à Quelque part dans le temps de Jeannot Szwarc, L’œil du témoin de Peter Yates, L’Homme de Prague et La Race des champions de Charles Jarrott, Dreamscape de Joseph Ruben, Dragnet de Tom Mankiewicz et Tout pour réussir de John Boorman. Ce n’est qu’à partir du début des années ’90 qu’il avait de nouveau trouvé des projets au prestige indéniable, tels que Star Trek VI Terre inconnue de Nicholas Meyer, Malcolm X de Spike Lee, Wolf de Mike Nichols, Dolores Claiborne de Taylor Hackford, L’Armée des 12 singes de Terry Gilliam, ainsi que Révélations de Michael Mann. Ce thriller médiatique lui avait valu une première fournée de prix de critiques en 1999 pour son rôle de présentateur vedette Mike Wallace.

Inside Man L’Homme de l’intérieur © 2006 David C. Lee / 40 Acres & A Mule Filmworks / Imagine Entertainment /
Universal Pictures International France Tous droits réservés

En somme, au début du XXIème siècle, Christopher Plummer avait l’embarras du choix des rôles de patriarches et autres figures paternelles plus ou moins bienveillants. Un choix qu’il a globalement su opérer avec discernement, puisqu’il avait collaboré au fil des années 2000 entre autres avec Ron Howard (Un homme d’exception – Oscar du Meilleur Film en 2002), Peter Cattaneo (Lucky Break), Atom Egoyan (Ararat), Douglas McGrath (Nicholas Nickleby), Mike Figgis (La Gorge du diable), Jon Turteltaub (Benjamin Gates et le trésor des templiers), Oliver Stone (Alexandre), Stephen Gaghan (Syriana), Terrence Malick (Le Nouveau monde), Spike Lee (Inside Man L’Homme de l’intérieur), Alejandro Agresti (Entre deux rives) et Terry Gilliam (L’Imaginarium du docteur Parnassus), ainsi qu’au film d’animation Pixar Là-haut de Pete Docter.

Remember © 2015 Sophie Giraud / Serendipity Point Films / Distant Horizon / Detalle Films / ARP Sélection
Tous droits réservés

Contrairement à la plupart de ses collègues qui lèvent le pied de gré ou de force à 80 ans passés, Christopher Plummer n’a jamais été plus actif que pendant les dix dernières années de sa longue et illustre carrière, entre 2009 et 2019. Après Tolstoï Le Dernier automne de Michael Hoffman, il avait ainsi enchaîné sur Beginners de Mike Mills, Priest de Scott Charles Stewart, Millenium Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher, Elsa & Fred de Michael Radford, Hector et la recherche du bonheur de Peter Chelsom, Danny Collins de Dan Fogelman, Remember de Atom Egoyan, Tout l’argent du monde de Ridley Scott et A couteaux tirés de Rian Johnson.

Tout l’argent du monde © 2017 Scott Free Productions / RedRum Films / TriStar Pictures / Metropolitan Filmexport
Tous droits réservés

Christopher Plummer a été nommé trois fois à l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle, pour Tolstoï Le Dernier automne, Beginners et Tout l’argent du monde. Il l’avait gagné en 2012 pour Beginners, devenant alors à 82 ans l’acteur le plus âgé récompensé d’un Oscar. Un record qui pourrait tomber cette année, à condition que Anthony Hopkins, 83 ans depuis fin décembre, soit nommé comme Meilleur acteur puis victorieux pour The Father de Florian Zeller. La nomination de Plummer pour Tout l’argent du monde, un rôle dans lequel il avait remplacé au pied levé Kevin Spacey, tombé en disgrâce à Hollywood quelques semaines avant la sortie du film en décembre 2017, fait de lui l’acteur le plus âgé nommé aux Oscars. Il avait alors 88 ans.

Aux Golden Globes, Christopher Plummer a été nommé pour ces mêmes trois rôles et a gagné également pour Beginners. En 2001, il y avait déjà été nommé comme Meilleur acteur dans un second rôle pour le téléfilm « American Tragedy » de Lawrence Schiller. Pour Révélations, il avait reçu les prix des critiques de Los Angeles et de la National Society of Film Critics. Le National Board of Review et les critiques californiens l’avaient de même récompensé douze ans plus tard pour Beginners. Enfin, aux Screen Actors Guild Awards, Plummer avait été nommé quatre fois : comme membre du Meilleur ensemble pour Un homme d’exception, pour le téléfilm « Ordre & châtiment Le Péché de nos pères » de Dan Curtis, ainsi que pour Tolstoï Le Dernier automne et Beginners. Il l’avait gagné pour ce dernier.

Christopher Plummer est le père de l’actrice Amanda Plummer (Fisher King Le Roi-pêcheur de Terry Gilliam et Pulp Fiction de Quentin Tarantino, ainsi que plus récemment la série Netflix « Ratched »).

A couteaux tirés © 2019 Claire Folger / Lionsgate / Metropolitan Filmexport Tous droits réservés

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