Test Blu-ray : La maison de la mort

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États-Unis : 1932
Titre original :
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h12
Genre : Épouvante
Date de sortie cinéma : 6 avril 1934
Date de sortie DVD/BR : 27 janvier 2021

Alors qu’ils traversent une région isolée du pays de Galles, M. et Mme Waverton et leur ami Philip sont pris dans une terrible tempête. Ils trouvent refuge dans une vieille demeure tenue par Rebecca Femm et son frère Horace, secondés par Morgan, leur étrange majordome muet et défiguré. Alors que deux autres visteurs sont également hébergés, leurs hôtes font preuve d’un comportement de plus en plus terrifiant…

© 1932 Universal Pictures / 2017 Cohen Media Group, LLC. Tous droits réservés.

Le film

[4/5]

Un an à peine après avoir révolutionné l’épouvante au cinéma avec son célèbre Frankenstein, James Whale retrouvait Boris Karloff avec La maison de la mort (1932). Techniquement superbe, ce nouveau film d’épouvante donnait à voir au spectateur des compositions de plans littéralement somptueuses, et mettait à nouveau en scène Karloff dans un rôle quasi-muet : celui d’un lugubre majordome en proie à la folie homicide.

Développant une ambiance fantasmagorique maîtrisée du début à la fin du métrage, La maison de la mort conserve néanmoins une certaine légèreté, un humour presque potache que l’on retrouve notamment dans le contraste entre les héros du film, perdus au milieu de nulle-part dans une inquiétante demeure dont ils ne connaissent rien, et la maitresse de maison, Rebecca Famm, avec ses allures de diseuse de bonne aventure à moitié à l’ouest.

© 1932 Universal Pictures / 2017 Cohen Media Group, LLC. Tous droits réservés.

La maison de la mort est donc sans conteste une sacrée curiosité du cinéma d’horreur, très différente des autres efforts d’horreur de James Whale dans le genre. A vrai dire, il y a même fort à parier pour qu’avec ses ruptures de ton et ses digressions semi-humoristiques, La maison de la mort ne soit pas à proprement parler réellement à considérer comme un film d’horreur. Ainsi, quand il est sorti en France en 1934, le film s’appelait Une étrange soirée, et ce titre français résume finalement assez bien l’esprit du film, bizarroïde, étrangement divertissant, comme s’il faisait office de « pied de nez » de la part de James Whale à ses producteurs et à ceux qui attendaient de lui qu’il signe toujours plus ou moins le même film.

Développant son intrigue sur à peine plus d’une heure, La maison de la mort ne s’impose pas non plus exactement comme un modèle de développement narratif, et ne s’appesantira pas réellement non plus sur la psychologie de ses personnages, dont les traits de caractère nous sont le plus souvent décrits par le biais d’une ou deux phrases lapidaires. Il n’y a néanmoins rien d’étonnant à cela : contrairement aux autres films de Whale, qui se basaient sur un personnage (Frankenstein, L’homme invisible, etc), celui-ci se base quant à lui sur un lieu, une maison, présentée de façon explicite comme le « centre » même du métrage – le titre original du film est d’ailleurs The old dark house.

© 1932 Universal Pictures / 2017 Cohen Media Group, LLC. Tous droits réservés.

Ainsi, si le récit commence dans la grande tradition du film d’épouvante de l’époque, l’intrigue se délite ensuite en une série de vignettes bizarres, presque hallucinatoires, notamment lors de la scène confrontant Rebecca et Margaret (Gloria Stuart), joyeusement surréaliste et sublimement mise en images. Le tout est agrémenté de fort belle manière d’un ton et d’une mise en scène faisant preuve d’une liberté étonnante, et donc à ce titre vraiment typique des années précédant l’application du Code Hays. D’ailleurs, presque 90 ans après sa sortie dans les salles obscures, La maison de la mort s’avère au final toujours aussi attachant : une curiosité à voir et à revoir !

© 1932 Universal Pictures / 2017 Cohen Media Group, LLC. Tous droits réservés.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est grâce à Carlotta Films que le cinéphile français aura le plaisir de (re)découvrir La maison de la mort en Blu-ray dans une restauration 4K inespérée, dans le sens où on avait longtemps cru le film perdu. L’éditeur offre d’ailleurs au film de James Whale une galette Blu-ray tout à fait enthousiasmante. Malgré quelques petites imperfections très mineures dues au temps, tout est très satisfaisant : définition, piqué, niveau de détail, profondeur de champ… Le noir et blanc et les contrastes solides en imposent, le film est bien encodé en 1080p et le grain cinéma a été scrupuleusement respecté : c’est du très beau travail technique. Côté son, la bande-son est proposée en VO only et DTS-HD Master Audio 2.0, en mono d’origine évidemment, et l’ensemble s’avère parfaitement équilibré, débarrassé de toutes les scories auxquelles on aurait pu s’attendre.

Du côté des suppléments, l’éditeur Carlotta Films nous propose tout d’abord de nous plonger dans un entretien avec Sara Karloff (15 minutes). La fille du célèbre acteur / mythe de l’épouvante Boris Karloff évoquera la carrière cinématographique de son père en général, et son rapport – très spécial – à ce film en particulier. On continuera ensuite avec un entretien avec Curtis Harrington (7 minutes), qui reviendra sur les difficultés qu’il a rencontré dans sa quête afin de sauver et de faire restaurer le film. On terminera enfin avec la bande-annonce du film.

© 1932 Universal Pictures / 2017 Cohen Media Group, LLC. Tous droits réservés.

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