Damages, saison 5, épisode 4

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Baisse de régime passagère chez les avocates new-yorkaises. L’ultime saison de ne sera pas parfaite et tire déjà sur la corde, à coups de ralentissements de l’intrigue vraiment trop peu crédibles. Avec une seule bonne idée pour sauver ce quatrième épisode.

Si l’interaction entre Catherine et le samouraï avait déjà posé problème la semaine dernière (parce qu’à la limite de l’absurde), il était à espérer qu’on en resterait là. Ce n’est pas le cas et Damages remet le couvert, en s’enfonçant. Entre les hackers qui se défis par lignes de codes interposées (tapées à une vitesse inhumaine) et la messagerie magique qu’on ressort de la corbeille après interrogatoire de l’enfant : vous êtes servis.

Autant de facilités qui ne servent qu’à ralentir la progression de l’intrigue, et gâchent le plaisir. Pour, au final, que Patty détienne les informations, que le hacker se fasse tuer et qu’Ellen se retrouve dépouillée d’un demi-million et de sa chance d’obtenir les fameux fichiers… Il y avait bien d’autres moyens de mettre la chose en scène. Et d’éviter, par la même, d’utiliser l’informatique comme le parfait Deus Ex Machina : utilisé sans crédibilité, à la convenance des scénaristes.

Des scénaristes qui semblaient tout aussi peu inspirés pour jouer avec la presse. Car, s’il est toujours un immense plaisir de retrouver Lawrence O’Donnell (éminent journaliste Américain ; le père de Jed Bartlet dans le parfait Two Cathedrals de The West Wing), il était bien gros que le juge aille, sans honte, dans la direction de Patty, l’injustice alors clairement exposée à ses yeux. Et que Mickaël réussisse, au même moment, à convaincre une journaliste de publier un article à charge contre sa mère, sans même que la professionnelle prenne le temps de contre-balancer les propos. Un va-et-vient presque inutile ; qui ne servira qu’à prouver, une fois de plus, que le juge est acquis à la cause de la grande avocate et que la détermination de Mickaël ne faiblit pas.

Alors que, simples parenthèses, Madame (Patty) rêve, tandis qu’Ellen s’endette (pour payer le hacker et l’appartement de sa mère) et (note pour plus tard 🙂 qu’on insiste bien trop sur les accès de colère de Channing pour qu’il ait réellement agressé son informatrice. A suivre.

La vraie bonne idée de l’épisode vient sans qu’on s’y attende une seconde, autour d’un dîner qui finit en éclat de rire. Patty Hewes pourrait toucher le Saint Graal, et intégrer les rangs de la Cour Suprême américaine, plus haute institution judiciaire des Etats-Unis d’Amérique. Une consécration à la hauteur de son égo (bien qu’il paraît difficile de croire que le gouvernement confierait le siège à une avocate apolitique).

L’enjeu, ici, prend tout son sens quand on imagine Ellen ternir assez la réputation de Patty pour que celle-ci n’ait plus accès à la Cour Suprême. La jeune prodige réussirait alors son coup – prendre le dessus – de manière concrète et bien plus crédible que si elle arrivait à détruire, d’une seule fois, la carrière d’avocate de son ancienne patronne.

1 COMMENTAIRE

  1. Au-delà des « twists » et retournements de situations bien coutumiers à Damages, l’épisode à mon sens est intéressant en ce qu’il montre que les héroïnes sont prêtes à tous les sacrifices pour arriver à leurs fins et à gagner leur affaire, et ce au détriment de toute sagesse. Le jeu de dupes qui se trame dans cette course à l’info n’est certes pas des plus palpitants, mais j’apprécie que le thème de l’obsession, de la victoire à tout prix soit remis sur le devant de la scène, rapprochant Patty et Ellen bien plus qu’il ne les éloigne. C’est d’ailleurs là toute l’utilité du retour de Michael, à mon sens : Ellen, en se servant de lui pour atteindre Patty, paraît oublier les hautes valeurs dont elle faisait profession dans “Failure Is Lonely”, elle qui refusait d’instrumentaliser Chris Sanchez pour gagner contre High Star. La voilà comme résignée à agir comme Patty tandis que l’avenir de ses clients lui importe moins que de satisfaire son esprit de revanche. Si le reste de la saison est à l’avenant, Damages terminera en beauté.

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