Critique : Morgane

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Etats-Unis, 2016
Titre original : Morgan
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , Anya Taylor-Joy,
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée : 1h 32
Genre : Thriller, Science fiction, Epouvante-horreur
Date de sortie : 28 septembre 2016

Note : 3/5

Les progrès technologiques prennent de plus en plus d’importance dans nos vies. Quel que soit le domaine, l’objectif reste le même : simplifier notre quotidien et le rendre plus agréable. Cependant, lorsqu’ils sont mal maîtrisés, ils peuvent causer du tort aux humains et parfois être mortels. Malheureusement pour eux, un groupe de scientifiques en a fait les frais, en devenant les victimes de leur création Morgane (Anya Taylor-Joy). En effet, cette expérience biotechnologique, arborant les traits d’une douce et innocente jeune fille, révèle une intelligence redoutable et une force incontrôlable. Oserez-vous faire la connaissance de Morgane ce mercredi 28 septembre 2016 ?

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Synopsis : Morgane est une création biotechnologique âgée de cinq ans, qui possède les traits physique d’une jeune fille. Un jour, elle est responsable d’un accident dont Kathy (), l’une de ses créateurs, est la victime. La société qui les subventionne envoie son agent des risques de terrain, Lee Weathers (Kate Mara), pour mener l’enquête et savoir s’il faut ou non stopper le programme…

Morgane kate mara

 

Dualité entre la science et la nature

Ce premier long métrage du réalisateur Luke Scott semble d’un premier abord du déjà vu au niveau de l’histoire et des thématiques abordées. Pourtant, il réussit à nous conter cette aventure d’une manière très originale et parvient à nous surprendre plus d’une fois. Son premier court-métrage, , sorti en 2012, lui a donné les prémisses pour l’écriture de son film. Tout au long de l’intrigue, il questionne les mobiles de la science et plus précisément ces scientifiques qui jouent aux demi-dieux en souhaitant créer la vie de manière non naturelle et qui finissent par ne plus maîtriser leur création. Ne comprenant pas toujours ce qu’ils ont engendré, ils prennent peur de cet humanoïde lorsqu’il ne réagit pas comme ils le souhaiteraient. Morgane est centré sur la dualité, le franchissement des limites et le jeu des apparences. Jusqu’où les scientifiques sont-ils prêts à aller au nom de la science pour faire du profit économique ?

Le récit met en scène la dualité entre la science et la nature par des procédés techniques : lorsque nous sommes dans la forêt, les plans d’ensemble et les plans larges montrent les grands espaces et la beauté naturelle qui s’en dégage. Nous accompagnons Morgane dans sa découverte de la nature, elle qui est un pur produit scientifique. Dans les laboratoires, nous sommes en prises de vue en plongée ce qui nous permet d’avoir un point de vue en hauteur, comme si nous étions Dieu, et ainsi tout épier. La présence constante de caméras de surveillance, d’ordinateurs et le fait de toujours regarder à travers une vitre met en valeur cet œil observateur qui capture chaque mouvement et chaque geste pour analyser et comprendre les comportements de Morgane qui ne sont pas rationnels d’un point de vue humain puisqu’elle n’agit pas comme nous le ferions. Les gros plans sur les visages et l’insistance sur les regards accentuent l’analyse de cette observation scientifique. Ce format de cadre focalise notre vision sur les détails et les réactions des personnages. Morgane est passée au microscope ainsi que les scientifiques par l’agent Lee Weathers et le psytech Alan Shapiro (), pour comprendre les événements et ainsi décider du sort du projet et de notre héroïne.

Morgane Kate Mara Toby Jones

Un mélange des genres bien orchestré

Ce film est porté par un casting de choix avec l’actrice Rose Leslie (découverte dans le rôle d’ dans ) qui interprète Amy, le médecin spécialisé dans l’étude du comportement. Elle entretient un lien très fort avec Morgane avec qui elle forme un magnifique duo. Kate Mara joue l’agent Lee Weathers, une jeune femme glaciale, d’un professionnalisme à toute épreuve, vouant une surprenante dévotion envers sa hiérarchie. Le tour de force de ce film est le mélange des genres cinématographiques qui est bien orchestré. D’un côté, nous sommes dans un film de science-fiction à la pointe de la technologie, d’où la présence d’appareils électroniques et d’effets visuels comme dans la scène d’introduction où nous voyons les cibles s’orienter sur Morgane et son médecin Kathy (Jennifer Jason Leigh) le jour de l’accident. Dans le même temps, nous sommes plongés dans un thriller où nous menons l’enquête avec l’agent Lee Weathers dont les jeux de regards se substituent aux mots pour jouer sur la suspicion et ne pas se fier aux apparences. De l’autre côté, nous suivons un film d’horreur. Coincé dans cet espace, séparé de toute civilisation en plein milieu de la forêt, nous n’avons aucune échappatoire. Nous sommes piégés dans ce huis clos où tout est une question de survie. Attention à certaines scènes qui peuvent heurter la sensibilité de certains spectateurs.

Morgane Paul Giamatti

Conclusion

Luke Scott maîtrise avec brio les codes de ces trois genres cinématographiques pour traiter d’un thème récurrent au cinéma en le faisant vivre d’une manière unique à l’instar de son personnage Morgane. Ce jeune réalisateur a, dans l’ensemble, bien dosé la dualité permanente entre la science et la nature, le rationnel et le sensible qui ne sont pas forcément incompatibles. Il suffit de trouver l’équilibre. Épaulé par son père , qui a contribué à la production, il nous propose un premier bon film. Affaire à suivre !

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Atlantide Pereira

Cet article a été rédigé par Atlantide Pereira, rédactrice pour Critique-film.fr.