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Critiques de films Drame — 28 janvier 2017
Critique : Jackie


Etats-Unis : 2016
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs :  , , , ,
Distribution :
Durée : 1h40
Genre : Drame
Date de sortie : 1er février 2017

2.5/5

Par glissements successifs, le réalisateur chilien Pablo Larrain est passé de sa trilogie sur la dictature chilienne, conclue en 2012 avec No, à des « biopics qui n’en sont pas » en faisant une courte escale anti-cléricale avec El Club. Des « biopics qui n’en sont pas » car, à chaque fois, l’action se concentre sur une période très courte de la vie du personnage. Le premier, Neruda, est sorti il y a 4 semaines dans notre pays ; voici le deuxième, Jackie, premier film de Pablo Larrain tourné en langue anglaise et qui, à l’origine, devait être dirigé par Darren Aronofsky. Il n’est pas anodin de rappeler que de nombreuses scènes de ce film ont été tournées à Saint-Denis, dans la Cité du cinéma de Luc Besson, très peu de temps après les attaques terroristes du 13 novembre 2015 (Stade de France, Bataclan).

Synopsis : 22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des États-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.

Une courte période de la vie de Jacqueline Kennedy

Celles et ceux qui s’attendaient à voir un biopic plus ou moins hagiographique de Jacqueline Kennedy seront forcément déçus à la vision du film de Pablo Larrain. En effet, plus encore que dans Neruda, le réalisateur ne s’intéresse vraiment qu’à une période très courte de la vie du personnage qui donne son nom au film. Dans Jackie, cette période est celle qui entoure l’assassinat de John F. Kennedy, un peu avant, un peu après. Le récit de cette brève période est bâti autour d’une interview menée par un journaliste peu de temps après le 22 novembre 1963 et elle est racontée par de nombreux flashbacks, lesquels, parfois, rarement, s’aventurent vers des événements antérieurs plus lointains dans le temps. Dans ce film qui a obtenu l’Osella du meilleur scénario lors de la Mostra de Venise 2016, on rencontre une à la fois manipulatrice et fragile, à la fois antipathique et attendrissante.  Malgré sa peine, de toute évidence sincère, elle s’efforce de tout faire pour consoler ses enfants tout en contribuant à ce que l’histoire de son mari devienne un mythe qui résiste à l’usure du temps. Dans son dialogue avec un prêtre, on sent son besoin de se confier alors que sa foi a tendance à vaciller : « Dieu est amour », dit le prêtre, « et il est partout, aussi bien dans la balle qui a tué John F.  Kennedy que dans elle, Jackie ». « Dieu est cruel », lui répond elle !


Une construction alambiquée

 Le cinéma de Pablo Larrain devient de plus en plus difficile à suivre et donc à apprécier. Certes, de plus en plus de films font l’objet d’une déconstruction du récit, procédé qui se révèle être le plus souvent un apport très positif lorsqu’il est utilisé avec une certaine retenue, procédé qui se révèle très gênant pour les spectateurs lorsqu’on en arrive, comme dans Jackie, à une construction particulièrement alambiquée.Bien entendu, cela n’empêche pas ce film de nous gratifier de quelques très belles scènes, comme celle où la mort de leur père est expliquée à Caroline et John Fitzgerald Junior, les deux enfants de John Fitzgerald et Jackie Kennedy, comme celle, aussi, où Bobby  s’interroge sur ce que l’histoire retiendra de la présidence de son frère : le positif ou la grosse bourde de la Baie des Cochons ? On retiendra par ailleurs que Pablo Larrain, toujours très pointilleux dans sa recherche d’un d’esthétisme cinématographique en phase avec le sujet du film ou avec l’époque évoquée, a choisi, pour ce film, d’utiliser un négatif Kodak 16 mm.

Une distribution de choix !

La performance de Natalie Portman dans le rôle de Jackie Kennedy a déjà fait couler beaucoup d’encre et ce n’est sûrement pas terminé. Oui, sa prestation est impeccable dans ce rôle en or dans lequel elle a remplacé Rachel Weisz, interprète initialement prévue. Oui mais, lors de la dernière Mostra de Venise, c’est Emma Stone (La la land) qui lui a soufflé la coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine. Oui mais, le 8 janvier dernier, elle s’est fait coiffer sur le poteau par Isabelle Huppert pour le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique. En sera-t-il de même le 26 février prochain lors de la 89ème cérémonie des Academy Awards (Les Oscars, si vous préférez !), les 3 comédiennes concourant ensemble cette fois ci ? Aux côtés de Natalie Portman, figure une belle brochette d’excellents comédiens dont  Peter Sarsgaard dans le rôle de Bobby Kennedy, Greta Gerwig dans celui de Nancy Tuckerman, la fidèle assistante de Jackie Kennedy, Billy Crudup dans le rôle du journaliste qui interviewe Jackie et John Hurt, très récemment décédé, dans celui du prêtre avec lequel Jackie s’entretient.

Conclusion

On ne peut pas dire que l’enthousiasme soit de mise concernant les deux derniers films de Pablo Larrain : après Neruda qui versait trop souvent dans la caricature, voici Jackie qui s’emmêle les pinceaux dans une construction particulièrement tarabiscotée et qui, de plus, est carrément plombé par une musique omniprésente et particulièrement insupportable. Dommage pour les excellents comédiens qui habitent les personnages.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles