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Critique Express : Garance

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Garance 

France, Belgique : 2026
Titre original : –
Réalisation : Jeanne Herry
Scénario : Jeanne Herry, Roxane Bettinger, Gaëlle Macé
Interprètes : Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, Sarajeanne Drillaud
Distribution : StudioCanal
Durée : 1h55
Genre : Drame
Date de sortie : 23 septembre 2026

2.5/5

Synopsis : Garance est une jeune actrice mais qui n’est pas une vedette. Elle gère et assure tout de son mieux, vaillante, joyeuse, soldate, et elle trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. Garance change de vie et commence alors un parcours de huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. Une révolution intime, amicale et sexuelle, mais elle consomme toujours plus. Jusqu’à la potentialité de la mort.

« L’alcool tue, c’est pas douteux », un sketch de Jean Richard dont les plus âgés d’entre nous ont forcément le souvenir. Dans Garance, le 4ème long métrage réalisé par Jeanne Herry, film en compétition lors du dernier Festival de Cannes, l’alcool ne tue pas vraiment (Quoique ! On n’en est pas loin), mais les effets délétères qu’il a sur Garance, une jeune comédienne alcoolique, sont très loin d’être anodins, que ce soit sur sa santé, dans sa vie professionnelle, dans sa vie sociale ou dans sa vie affective. Après nous avoir intéressé de façon magistrale au processus de l’adoption, en 2018, dans Pupille, puis de la justice restaurative, en 2023, dans Je verrai toujours vos visages, la fille de Miou-Miou et de Julien Clerc continue de montrer son appétence pour les sujets de société en suivant 8 années de la vie de Garance. Comédienne dans une troupe de théâtre, au sein de laquelle elle est cantonnée aux spectacles pour enfants, elle a aussi une activité dans les doublages. Boire ? Cela fait longtemps qu’elle a commencé, sa mère ayant eu la bonne idée de la mettre en garde contre les dangers de la drogue tout en oubliant, toutefois, de lui rappeler que l’alcool faisait partie des drogues. A 36 ans, pas aidée par des frustrations liées à son travail et par une alternance de fêtes un peu trop arrosées et d’angoisses, elle en est à 2 litres de vin blanc par jour. Du vin en cubi, parce que c’est moins cher ! Cette importante consommation d’alcool a forcément des effets : on s’endort dans le bus, on ne sait plus trop bien son texte, la diction devient parfois approximative. On essaie de trouver des excuses, on s’engueule avec ses partenaires. Résultat : la troupe de théâtre ne veut plus de vous, idem en ce qui concerne les doublages. Côté santé, cela ne vas pas fort non plus : le foie est à bout de course, et, si Garance ne se soigne pas, c’est le cimetière dans quelques mois.

Force est de reconnaître que suivre la déchéance d’un homme ou d’une femme alcoolique n’est pas un sujet facile à traiter au cinéma : c’est très vite répétitif en plus d’être, osons le dire, déprimant à regarder. Malgré toutes les qualités dont fait preuve Adèle Exarchopoulos dans le rôle de Garance, on sent vite, malheureusement, que Jeanne Herry est loin d’être aussi à l’aise que dans Pupille et dans Je verrai toujours vos visages. Malheureusement toujours, trop de temps est consacré à toute cette période dans le film. Alors oui, on apprécie lorsque le film commence enfin à s’écarter de ce processus irrespirable, lorsque Garance rencontre Pauline, une scénographe et entame avec elle une relation amoureuse, lorsque Charlotte, la sœur de Garance, arrive à la convaincre de consulter afin d’entrer dans une démarche de sevrage. Malgré ce retournement de situation bien venu, malgré le talent d‘Adèle Exarchopoulos et celui de Sara Giraudeau, impeccable dans son interprétation de Pauline, on ne peut toutefois pas s’empêcher de regretter une baisse de régime progressive dans l’œuvre de Jeanne Herry, depuis l’extraordinaire Pupille, en passant par le « très bon » Je verrai toujours vos visages.

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