Accueil Critiques de films Comédie dramatique Critique Express : les éléphants dans la brume

Critique Express : les éléphants dans la brume

0
89

Les éléphants dans la brume

Népal, France, Allemagne, Brésil, Norvège : 2026
Titre original : Elephants in the Fog
Réalisation : Abinash Bikram Shah
Scénario : Abinash Bikram Shah, Sandeep Badal
Interprètes : Pushpa Thing Lama, Deepika Yadav, Jasmin Bishwokarma
Distribution : Les Valseurs / Arizona Distribution
Durée : 1h47
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 23 septembre 2026

3/5

Synopsis : Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte pour ses pouvoirs de bénédiction et de malédiction. Pirati, l’une des mères de la communauté, rêve de s’échapper avec l’homme qu’elle aime. Mais lorsqu’une de ses filles disparaît, elle se doit mener l’enquête et choisir entre son désir de liberté et ses responsabilités envers sa communauté.

Lorsque le Népal s’immisce dans une conversation, on pense généralement à Katmandou et aux sommets vertigineux et enneigés de l’Himalaya que ce pays abrite. Il est rare que soient évoquées, au sud du pays, les régions proches de l’Inde dans lesquelles règne un climat tropical humide. C’est pourtant dans cette région que se déroule l’action du premier long métrage du réalisateur népalais Abinash Bikram Shah, jusqu’à présent réputé en tant que scénariste  et comme réalisateur de court-métrages, dont Lori, mention spéciale du Jury lors de l’édition 2022 du Festival de Cannes. Avec Les éléphants dans la Brume, présenté à Un Certain Regard lors du Festival de Cannes 2026, le Népal fait son entrée dans une sélection officielle du Festival. Mieux encore : le film a obtenu le Prix du Jury dans cette sélection ! Histoire de nous dépayser encore un peu plus, c’est au sein d’une communauté Kinnars que Abinash Bikram Shah a choisi d’installer ce qui, par ailleurs, s’apparente à un thriller. De telles communautés sont, parait-il, fréquentes au Népal. Elles sont constituées de femmes trans, avec des mères et leurs filles, sans qu’il y ait des liens du sang entre mère et fille, remplacés qu’ils sont par de l’entraide, du soin et de l’amour. De la part du reste de la population, elles sont à la fois repoussées et invitées dans les moments les plus intimes en tant que figures spirituelles, leurs bénédictions sont censées apporter la fortune et on craint leurs malédictions. Pirati est une de ces mères, et, étant amoureuse d’un musicien,  elle vit mal le fait de devoir respecter le célibat et la chasteté qui leur sont imposés. Elle vit à Thori, un village en pleine forêt tropicale qui s’efforce de tenir à distance les éléphants sauvages, il vit à Birganj, une ville industrielle où règnent le béton et la pollution. 2 mondes aux antipodes l’un de l’autre. S’enfuir tous les 2 à Dehli pourrait être une solution.

Un évènement, toutefois, arrive à prendre le pas sur tout le reste : Apsara, une des « filles » de Pirati, a disparu et le risque est grand qu’elle soit tuée par des éléphants sauvages. Il est intéressant de remarquer que les éléphants représente une communauté très proche, finalement, de celle des Kinnars : une société matriarcale, des animaux à la fois vénérés, le Dieu Ganesh à tête d’éléphant de la religion hindouiste en est la preuve, et craints, car dangereux pour l’homme et responsables de dégâts causés aux cultures. Si la partie thriller du film, avec cette recherche d’Apsara menée par Pirati et la communauté Kinnar, n’est pas sans valeur, l’intérêt principal du film réside quand même dans ce qu’il nous apprend sur ces communautés Kinnars, sur leur fonctionnement, sur le sens de l’entraide qui les anime, sur leur sens de la fête. Le montage financier de ce film n’a pas été chose facile, les producteurs locaux rechignant à s’engager dans un film s’écartant des formules mainstream. Il a heureusement été possible de bâtir une coproduction internationale dans laquelle la France était partie prenante. C’est cela qui explique la présence d’un directeur de la photographie français, Noé Bach, aussi à l’aise dans la forêt tropicale que dans l’hôpital de La vie d’une femme ou dans l’âpreté de l’image recherchée dans Diamant brut.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici