Critique express : L’évènement

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L’évènement

France : 2021
Réalisation : Audrey Diwan
Scénario : Audrey Diwan, Marcia Romano d’après l’œuvre d’Annie Ernaux
Interprètes : Anamaria Vartolomei, Kacey Mottet Klein, Luàna Bajrami, Sandrine Bonnaire
Distribution : Wild Bunch Distribution
Durée : 1h40
Genre : Drame
Date de sortie : 24 novembre 2021

2.5/5

Synopsis : France, 1963. Anne, étudiante prometteuse, tombe enceinte. Elle décide d’avorter, prête à tout pour disposer de son corps et de son avenir. Elle s’engage seule dans une course contre la montre, bravant la loi. Les examens approchent, son ventre s’arrondit.

Un film utile mais qui pèche par sa réalisation

Adaptation du roman autobiographique d’Annie Ernaux paru en 2000, L’évènement est un film d’Audrey Diwan qui a obtenu le Lion d’Or à la récente Mostra de Venise 2021. Après la Palme d’Or obtenue à Cannes en juillet dernier par Julia Ducournau avec Titane, on pourrait se féliciter que deux jeunes réalisatrices françaises soient ainsi récompensées dans le cadre de deux des plus prestigieux festivals de la planète. Sauf que … Sauf qu’on se demande encore quelle mouche a piqué le jury cannois pour accorder sa plus haute distinction à un film aussi médiocre que Titane. Sauf que, si L’évènement est quand même 100 coudées supérieur à Titane, ne serait-ce que par son thème, il n’est quand même pas au niveau de ce qu’on attend d’un Lion d’Or. Tourné en format 4/3 afin de mieux cerné les personnages, L’évènement raconte le parcours de la combattante d’une jeune fille vivant sa vie d’étudiante en 1963, c’est à dire avant la loi Veil du 17 janvier 1975 qui a permis de dépénaliser l’avortement dans notre pays, et même avant la loi Neuwirth du 19 décembre 1967 autorisant l’usage des contraceptifs, et qui se retrouve enceinte. Une époque où, pour une jeune fille ou pour une femme, mariée ou non, il était très facile de se retrouver enceinte sans l’avoir voulu et où sévissaient celles qu’on appelait les faiseuses d’anges, ces femmes qui, moyennant finance, pratiquaient des avortements dans la clandestinité, le plus souvent dans des conditions d’hygiène qu’on qualifiera de douteuses. Une époque, aussi, où une femme pouvait être confrontée à un corps médical souvent rétrograde capable, par exemple, d’administrer une piqure fortifiant le fœtus tout en prétendant qu’elle a été faite pour mettre un terme à la grossesse ou ayant l’avenir d’une femme entre ses mains en tranchant dans un sens ou dans un autre après l’admission de cette femme à l’hôpital à la suite d’un avortement clandestin ayant mal tourné : fausse couche, et pas de suite judiciaire pour la femme, ou tentative d’avortement pouvant conduire en prison la femme concernée et celles et ceux qui l’ont aidée. C’est tout cela que L’évènement montre et, dans une époque où on observe un recul souvent insidieux du droit à l’avortement et pas seulement au Texas, alors qu’on le pensait définitivement gravé dans le marbre, le côté utile de ce film est une évidence. Par contre, d’un point de vue purement cinématographique, on ne peut qu’être déçu par sa réalisation, une réalisation qui manque cruellement de souffle, voire même parfois de crédibilité, et qui fait davantage penser à un téléfilm très moyen qu’à un bon film de cinéma.

 

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