Critique : Encore heureux

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Encore heureux affiche

France : 2016
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : , , Benoît Graffin,
Acteurs : , ,
Distribution :
Durée : 1h33
Genre : Comédie
Date de sortie : 27 janvier 2016

1.5/5

Ne me dites pas que vous n’avez jamais d’a priori lorsque vous allez voir un film ! Tiens, pour commencer, pourquoi donc allez vous le voir ? De bonnes critiques ? Un bouche à oreille favorable ? Ne serait-ce pas plutôt parce que c’est machin(e) le metteur en scène ou parce que chose et bidule font partie de la distribution ? Encore plus vrai lorsqu’on se dirige vers un film dont on a seulement lu le très court synopsis, vu la bande annonce et consulté la liste des participants. Et là, alors que se présente Encore heureux, on s’interroge, on suppute. Kiberlain, Baer, Ogier en tête d’affiche : prometteur ; Benoît Graffin : on l’a déjà rencontré dans des salles obscures, principalement comme scénariste et, en ne gardant que ce qu’on a aimé, on se souvient de Trois Mondes, de Catherine Corsini ; le scénario et les dialogues écrits par quatre personnes, ça, franchement, c’est mauvais signe, même si on trouve Nicolas Bedos parmi elles : en général, on rajoute des plumes lorsqu’on cherche désespérément à remettre sur pied un scénario malade.

 

Synopsis : D’accord, Marie est un peu fatiguée de l’insouciance de son mari Sam, cadre sup au chômage depuis 2 ans. D’accord, elle est très tentée de se laisser séduire par ce bel inconnu qui lui fait la cour. D’accord, il y a aussi le concours de piano de sa fille… Si cet équilibre dingue et léger tient à peu près debout, un événement inattendu jette toute la famille sur un chemin encore plus fou.

Encore heureux 8

Point de départ

Sam est un cadre supérieur, au chômage depuis 2 ans. Les dettes s’accumulent, les logements successifs sont de plus en plus petits. Marie, sa femme, est « obligée » de mettre à contribution leurs deux enfants pour voler de quoi manger dans les supermarchés. Alexia, la fille aînée, prépare un concours de piano en s’incrustant chez Madeleine, leur voisine du dessous, une vieille fille riche et fort antipathique. Face à l’accumulation de dettes, Marie voudrait bien « re-cadrer » son mari, quitte à ce qu’il accepte n’importe quoi, mais, pour lui, pas question de se résigner à prendre un travail qui soit indigne de ses diplômes. Par ailleurs, Marie est ostensiblement draguée par Antoine, et ça ne lui déplaît pas, d’autant plus que lui ne semble vraiment pas avoir de problème de fric. Et voilà Sam qui se transforme en chiffonnier sur Internet et Madeleine qui meurt brutalement, alors qu’Alexia est dans son appartement.

 

Encore heureux 6

Des affirmations et quelques a priori

Sur la situation de départ que propose Encore heureux, Ken Loach ou Robert Guédiguian auraient réalisé une comédie sociale qui aurait amené les spectateurs à rire de bon cœur tout en peignant avec justesse le désarroi d’une famille touchée par le chômage et la baisse drastique de son niveau de vie. Certes, il leur aurait fallu commencer par retravailler un scénario laissant la part trop belle aux incohérences et aux invraisemblances et qui mijote tout du long dans une amoralité aux petits pieds, mais le résultat aurait été, soyons en sûr (Tiens, un a priori !), tout à fait jouissif. Seulement voilà, Benoît Graffin n’est ni Ken Loach, ni Robert Guédiguian, et, à part les quelques moments où s’échappe de la bouche d’un(e) des protagonistes une réplique rigolote, sans doute écrite par Nicolas Bedos (Et allez, encore un a priori!), le film ronronne, passant d’une situation improbable à une autre, guère plus vraisemblable. Résultat :  cette réalisation hésitante et cette accumulation d’incohérences finissent vite par engendrer une certaine forme d’ennui. Dommage pour une comédie !

Encore heureux 2

Ce qu’ils peuvent !

Que peuvent faire d’excellents comédiens dans une comédie plus ou moins ratée ? Réponse : ce qu’ils peuvent ! Si l’on excepte les enfants du couple, interprétés avec justesse par et , s’en sortent bien celles et celui qui n’ont qu’un petit rôle : Bulle Ogier, dans le rôle de Louise, la mère de Marie, excellente ; Anna Gaylor, dans le rôle de Madeleine ; , dans le rôle de la concierge ; , dans le rôle d’Antoine, l’amant potentiel. Pour les deux autres, celle et celui qui doivent tenir le film sur leurs épaules, c’est plus difficile. Sandrine Kiberlain arrive à peu près à tenir la distance sans trop de dégâts mais Edouard Baer, manifestement, n’arrive jamais à croire ce qu’on lui demande de faire et le résultat s’avère malheureusement peu glorieux.

Encore heureux 5 - Copie

Conclusion

Qu’y a-t-il de plus triste qu’un film censé faire rire et qui n’y arrive pratiquement jamais ? L’éclosion de quelques sourires, peut-être ? On l’admet : en effet, quelques répliques arrivent à arracher des sourires. Toutefois sachez que les 3 meilleures du genre sont dans la bande-annonce : dans la première, il y a le mot « sarkozyste » ; dans la deuxième, il y a « Hollande » ; dans la troisième, il y a « honnêteté » et « les riches ». 

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