Décès du réalisateur Ettore Scola

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EttoreScola

L’Italie a perdu l’un de ses chroniqueurs filmiques les plus inspirés. Le réalisateur et scénariste est décédé hier à Rome, après être tombé dans le coma deux jours plus tôt. Il était âgé de 84 ans. Scola était l’un des derniers grands réalisateurs italiens des années 1960 et ’70 encore en vie. Le contemporain de Dino Risi et de Federico Fellini, il n’avait jamais souhaité adopter un style aussi reconnaissable que celui de ces deux monstres sacrés du cinéma italien, préférant rester à l’affût d’une certaine modernité formelle et se distinguant par une grande intelligence dans le choix de ses sujets. Ses films majeurs comme , et ont par conséquent été des succès critiques et publics autant en Italie qu’à l’étranger. Et son cinéma ne risque pas de tomber sitôt dans l’oubli, grâce à une prédilection des distributeurs français des films de patrimoine, qui avaient ressorti récemment , et .

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avait commencé son illustre carrière filmique en tant que scénariste dans les années 1950. La plupart de ses contributions ne se démarquaient pas encore par son regard singulier sur l’Histoire italienne, mais elles lui permettaient au moins de se faire la main et de faire son entrée dans l’industrie du cinéma. Parmi les films de cette époque pour lesquels il a participé au scénario, on peut citer Le Célibataire, Les Epoux terribles, Adua et ses compagnons, Fantômes à Rome et Annonces matrimoniales de Antonio Pietrangeli, L’Homme aux cents visages, le classique , La Marche sur Rome et de Dino Risi, ainsi que Les Années rugissantes de Luigi Zampa, qui fera l’ouverture de la rétrospective du réalisateur à la Cinémathèque Française dans une semaine. Alors que avait changé de casquette en devenant réalisateur en ’64 et par la même occasion son propre scénariste, il avait continué à écrire pour Antonio Pietrangeli (Le Cocu magnifique et Je la connaissais bien), Dino Risi (Le Gaucho et Le Prophète), Nanni Loy (A l’italienne) et Luigi Zampa (Pas folles les mignonnes).

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En tant que réalisateur, avait d’abord poursuivi sa trajectoire purement comique, comme dans , 100 millions ont disparu et Belfagor le magnifique avec Vittorio Gassman, Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? avec Alberto Sordi et Bernard Blier, Drame de jalousie avec Marcello Mastroianni (Prix d’interprétation masculine au festival de Cannes en 1970) et Le Fouineur avec Ugo Tognazzi. A partir des années ’70, le ton de ses films devenait plus acerbe et mélancolique, pas encore tant à travers Le Ravi avec Mastroianni, mais dès son film suivant La Plus belle soirée de ma vie avec Alberto Sordi et Michel Simon et surtout dans l’œuvre phare de sa filmographie : avec Nino Manfredi, Gassman et Stefania Sandrelli. En même temps, Scola faisait preuve d’engagement social en tournant des documentaires. Il allait finir la décennie en beauté, grâce à la satire mordante avec Manfredi, avec Sophia Loren et Mastroianni et , le règlement de compte avec les illusions déçues de sa génération, interprété par Tognazzi, Gassman, Mastroianni, Jean-Louis Trintignant et Serge Reggiani.

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A partir des années ’80 et le coup de maître en ’83 mis à part, le cinéma de s’est sensiblement assagi. La nostalgie y jouait désormais une part importante, nous donnant néanmoins des films aussi touchants que Passion d’amour avec Bernard Giraudeau, La Nuit de Varennes avec Jean-Louis Barrault, Macaroni avec Jack Lemmon, La Famille avec Fanny Ardant, Splendor et Quelle heure est-il ? avec Mastroianni et Massimo Troisi, Le Voyage du capitaine Fracasse avec Vincent Perez et Emmanuelle Béart, dont les derniers ont bercé la naissance de notre passion pour le cinéma. La fin de la carrière de a produit des films de façon plus sporadique, comme Le Roman d’un jeune homme pauvre avec André Dussollier, Le Dîner avec Gassman, Ardant et Giancarlo Giannini, Concurrence déloyale avec Sergio Castellito, Gente di Roma et le documentaire-hommage Qu’il est étrange de s’appeler Federico sorti en juillet 2014 en France.

Famille

a gagné deux fois le César du Meilleur Film étranger pour et en 1977/78, ainsi que celui du Meilleur réalisateur pour (César du Meilleur Film et de la Meilleure musique) en ’84. a également été nommé à l’Oscar du Meilleur Film étranger, tout comme et La Famille. Au festival de Cannes, Scola avait gagné le prix de la réalisation pour en ’76 et celui du scénario pour en ’80. A Berlin, il avait gagné l’Ours d’argent du meilleur réalisateur pour en ’84. était le président du jury au festival de Cannes en 1988, l’année de la Palme d’or pour Pelle le conquérant de Bille August. Il partage l’honneur de ce poste prestigieux avec seulement cinq autres réalisateurs italiens : Alessandro Blasetti, Luchino Visconti, Roberto Rossellini, Bernardo Bertolucci et Nanni Moretti.

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