Critique : Ça – Chapitre 1 (2017)

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États-Unis : 2017
Titre original : It
Réalisateur :
Scénario : , ,
Acteurs : , ,
Distribution : . France
Durée : 2h15
Genre : Horreur
Date de sortie : 20 septembre 2017
 

Note : 3,5/5

Déjà adapté en téléfilm dans les années 1990, Grippe-Sous, le clown démoniaque est de retour en salles. Adapté d’un roman culte de , Ca raconte comment un clown maléfique enlève des enfants pour les dévorer. Une adaptation dirigée par Andy Muschietti.

 

 

Synopsis : À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »… Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou…

 

 

Une adaptation classieuse mais classique

Ça version 2017 est une œuvre de divertissement classieuse. La photographie est belle, le clown est terriblement imposant et quelques effets de mise en scène font leur effet. De même, le réalisateur tente d’instaurer une ambiance 80’s à la manière de la série Stanger things ou, plus anciennement, de Super 8. Porté par un groupe d’enfants, l’étalonnage de l’image et certains choix scénaristiques laissent à penser que Ça s’est fortement inspiré de la récente série Netflix. De jeunes gamins à vélo, prêts à enquêter à la place des adultes, énième héritage des Goonies.

Les effets horrifiques demeurent classiques. Des portes qui grincent, une apparition démoniaque, des lumières vacillantes, le cinéaste tente de jouer avec nos peurs primaires et essaye au maximum d’éviter les jump-scares. Pour autant, l’ambiance horrifique n’est pas assez posée, n’est pas assez inquiétante pour véritablement créer une peur profonde. Le réalisateur ne parvient pas à nimber son œuvre de l’ambiance particulière qui définit les œuvres et leur donne une identité. Il ne préfère pas non plus se lancer dans une expression gore et insipide. Mais à ne pas choisir son camp, cette adaptation de Ça finit par apparaître certes efficace, mais relativement fade. Montrer une salle de bain recouverte de sang ne signifie pas pour autant être vecteur d’épouvante. Parfois, le spectateur assiste à un enchaînement de scènes horrifiques disposées sans réel lien, une succession de petites histoires horrifiques. Une belle manière de garder son public éveillé, mais difficile de créer une ambiance avec un tel processus.

 

 

Un clown terrifiant

Cette adaptation de Ça reste relativement fun. Certaines images hésitent entre humour noir / gore et peur primaire. Certaines apparitions du clown font en effet sourire : on le voit tantôt en train de faire coucou avec un bras qui ne lui appartient pas, tantôt avec un cadavre sans tête ; une certaine imagerie de l’épouvante qui sonne comme une petite boutade. Ça devient une œuvre pop relativement précise. Le clown est dépoussiéré et cherche à divertir un public assez jeune, bercé par les blockbusters et les bouses horrifiques qui sortent chaque mois. Bill Skarsgård n’y est pas pour rien. Impérial dans son rôle de Grippe-Sous, il donne une profonde identité au personnage. Une représentation charismatique et imposante, un démon mystérieux dont on ne connait pas les origines, et qui restera encore un mystère à la fin du métrage. Andy Muschietti, à qui l’on doit Màma, n’a pas dit son dernier mot et reviendra derrière la caméra pour le deuxième chapitre de Ça. Le studio Warner Bros semble en effet désireux d’exploiter le filon, en espérant que la saga Ça ne finisse pas comme ces nombreuses sagas horrifiques qui se perdent en chemin. La liste est longue : Chucky, Halloween, Paranormal activity, Saw, etc.

 

 

Conclusion

Finalement, Ça demeure une œuvre lisse et sans grandes ambitions. Cependant, il faut admettre que le film d’Andy Muschietti remplit totalement son contrat de pur divertissement, et s’avère amplement suffisant pour se faire relativement peur pendant un peu plus de deux heures.

 

3 Commentaires

  1. « Ca raconte comment un clown maléfique enlève des enfants pour les dévorer », vraiment ? Je trouve ce raccourci facile… Quant à parler « d’héritage » des Goonies, ça me laisse perplexe aussi puisque le roman Ça et le film les Goonies sont sortis plus ou moins la même année. Je parlerais plutôt d’une style « année 80 ».

    Je ne sais pas si le studio est désireux d’exploiter le filon mais la suite est prévu depuis toujours. Difficile de raconter 1 000 pages d’un roman dense en seulement deux heures… Dans l’oeuvre de Stephen King, on fait des allers-retours entre les années 50 et les années 80 où le groupe d’enfants est devenu adulte. Après avoir vaincu « Ça » une première fois, ils se retrouvent près de 30 ans plus tard parce que « Ça » est revenu.

    Pour coller aux nouvelles générations (et notamment aux quarantenaires traumatisés par l’adaptation TV de Ça de Wallace), Muschietti a changé les dates. Pour le reste, ce n’est pas son histoire mais celle de SK. Peu de chance qu’il ait pompé sur les Goonies et encore moins sur Stranger Things ou Super 8 pour écrire son histoire 😉

  2. La transposition de l histoire dans les années 80 est une bonne idée alors qu a l origine les évènements se déroulaient à la fin des années 50. Je ne sais pas si vous avez lu le livre ( il faut 2 films pour l adapter) mais ce volume 1 reprend l ensemble des scènes effrayantes qui se situent généralement en fin de chapitre. Je comprends que cela puisse paraître comme une succession de scènes par moment mais l ambiance est la. L ensemble du casting est implacable. En résumé adaptation bien supérieure au téléfilm sorti il y a 20 ans. Continuez à publier des critiques bien construites .

  3. Énième héritage des Goonies… Non, juste une adaptation du livre de Stephen King sorti à la même époque.
    Et non Warner Bros ne surfera pas sur le filon. Le bouquin fait 1000 pages et raconte deux périodes, la période où les héros sont enfants et découvrent ça (c’est le premier film), et la période 27 ans plus tard, où les héros sont devenus adultes et affrontent ça pour le tuer (deuxième film). Voilà point. Pas de filon, juste du temps d’écran pour transposer le mieux possible l’histoire de Stephen King.

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