Critique : Manchester by the sea
Kenneth Lonergan est un cinéaste au parcours pour le moins atypique. Auteur de 3 films en 16 ans, il est surtout connu des cinéphiles pour les déboires que son superbe Margaret a connus. Tourné en 2005, sorti aux Etats Unis en 2011, sa douloureuse gestation aurait sans doute de quoi occasionner un documentaire passionnant. Également dramaturge ayant écrit plusieurs pièces renommées, il revient donc au cinéma avec ce film qui, depuis sa présentation au festival de Sundance début 2016, ne cesse de faire parler de lui comme d’un sérieux challenger pour les Oscars. Si ce type de « buzz » n’est évidemment pas un gage de qualité, la personnalité de son auteur, pratiquant un cinéma éloigné des tics du cinéma indépendant américain contemporain, fait ici toute la différence …
Critique : Le client
Scénario primé, interprétation primée, et pourtant, ce qui ressort avant tout de "Le client", ce sont la beauté des plans, l'intelligence des cadrages, la précision de la mise en scène.
Critique : Moi, Daniel Blake
Ce mercredi 26 octobre est sorti le nouveau film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake, récompensé par la Palme d’Or au dernier Festival de Cannes, la deuxième du réalisateur de Raining Stones, Ladybird ou La Part des Anges, entre autres films ancrés dans leur époque.
Critique : Réparer les vivants
Plaidoyer très utile en faveur du don d'organe, "Réparer les vivants" ne peut pas, pour autant, être considéré comme un grand film de cinéma, des faiblesses scénaristiques et de trop nombreuses baisses de régime interrompant régulièrement l'intérêt qu'on peut lui porter.
Critique : Mademoiselle
La longueur du film et le côté "j'aime bien me regarder filmer" de Park Chan-Wook ont malheureusement tendance à vitre émousser l'intérêt du spectateur.
Critique : La Mort de Louis XIV
Derrière chaque mythe se cache un homme. Adage que l’on pourrait attribuer d’une certaine manière à la définition du cinéma d’Albert Serra. En effet, le cinéaste catalan n’a eu de cesse de gratter le vernis mythologique nimbant certains personnages légendaires, fussent-ils fictionnels ou réels, afin de leur apposer une trivialité plus « humaine ». Dans Le Chant des Oiseaux, les Rois Mages, en quête de l’enfant Jésus, errent dans les steppes désertiques, bivouaquent à même le sol, observent les étoiles dans l’espoir d’y trouver des signes… Serra nous rappelle constamment qu’ils sont des êtres-humains avant tout, assujettis aux besoins corporels inhérents à ceux-ci. Tel Casanova reniflant ses matières fécales dans Histoire de ma Mort, chaque métrage de Serra souligne cette coexistence constante entre l’aura supposée « extraordinaire » du personnage et son caractère humain le rendant plus banal, voire, dans certains cas, plus vulgaire. Plus fragile également, à l’image de l’agonie du roi Soleil dans son dernier métrage, manière de rappeler l’aspect éphémère de chaque être.
Critique : Mal de Pierres
Lorsque le nouveau film de Nicole Garcia a été annoncé en sélection officielle et, pire encore, en compétition lors du dernier festival de Cannes, les mauvaises langues (dont j’avoue avoir fait partie) se sont tout de suite déchaînées en affirmant que cette dernière avait volé la place d’autres films plus prestigieux relégués aux sections parallèles ou aux séances de minuit. Fait assez commun finalement, tant le plus grand festival de cinéma au monde déchaîne chaque année les passions, chacun y allant de ses pronostics et de ses avis tranchés. Au final, Mal de Pierres sera passé assez inaperçu dans la compétition, les avis positifs étant quelque peu noyés dans la masse d’informations cannoises. Comme tous les grands films jugés trop académiques sur le moment, on peut être certains qu’il bénéficiera, avec le recul, le tumulte de Cannes passé, d’un regard critique un peu plus serein. On peut d’ailleurs rapprocher le résultat du cinéma de James Gray, autre grand cinéaste systématiquement critiqué à Cannes sur l’aspect soit disant trop vieillot de son cinéma, puis encensé ensuite, lorsque ses films sortent. C’est tout le mal que l’on souhaite à cette belle oeuvre …
Critique : Ma vie de courgette
Dans la lignée de nombreux contes pour enfants, "Ma vie de courgette" n'hésite pas à témoigner de la dureté de la vie, mais il le fait avec de l'humour et beaucoup de tendresse et, en insistant avec sobriété sur l'importance de l'amitié, du "vivre ensemble", de la solidarité et de l'entraide, ce film finit par donner une bonne dose d'espoir aux spectateurs, qu'ils soient petits ou grands.
Critique : We are the flesh
Lorsque nous avons découvert ce film à L’Étrange Festival 2016, il arrivait déjà précédé d’une flatteuse réputation acquise dans les précédents festivals où il avait été présenté, mais également grâce au concours de cinéastes prestigieux tels que Alejandro González Iñarritu, Alfonso Cuaron ou encore Yann Gonzalez, qui n’ont pas hésité à qualifier le jeune cinéaste de génie. Si ce genre de pratique est désormais démocratisée et que l’on peut toujours douter de l’authenticité de telle ou telle citation, dans le cas présent, on peut affirmer que ces dithyrambes n’étaient en rien usurpés, tant la force du premier long métrage de ce jeune mexicain de 26 ans force une certaine admiration.
La Roche-sur-Yon 2016 : Lion
Le thème universel de la famille, si souvent malmené au cinéma, est traité avec une efficacité touchante dans ce film, qui vient d’être présenté en ouverture de la 7ème édition du Festival de La Roche-sur-Yon. La vocation principale de Lion est certes de provoquer des torrents de larmes chez les spectateurs les plus sensibles, grâce à l’histoire vraie d’un fils adoptif qui entame la quête insensée de sa mère biologique.
Critique : Primary colors
Qu’est-ce qui a rendu la présidence de Bill Clinton exquise au point de générer une série de films, pendant les années 1990, globalement destinés à mettre en valeur l’homme le plus puissant des Etats-Unis ? Entre le Rambo en costard interprété par Harrison Ford dans Air Force One de Wolfgang Petersen et le séducteur né sous le traits de Michael Douglas dans Le Président et Miss Wade de Rob Reiner, en passant accessoirement par la biographie sur les excès de Nixon de Oliver Stone, les exemples ne manquent pas pour remarquer une empreinte du côté de la fiction, soutenue et principalement positive, de l’occupant de la Maison blanche – sans oublier bien sûr la série à succès légèrement ultérieure à cette époque-là avec Martin Sheen en président.
Critique : La fille inconnue
"La fille inconnue" est malheureusement un film qui ne décolle jamais, un film bancal par manque de liant entre le thème policier et la partie documentaire, un film à la mise en scène très banale, bref, un film éloigné des très hauts standards auxquels les deux frangins nous avaient habitué.



















