Cannes 2017 : les jurys Un Certain regard & Caméra d’or

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Dans moins de trois jours se lèvera le rideau sur la 70ème édition du , qui aura donc lieu cette année du 17 au 28 mai, décalage d’une semaine à cause de l’élection présidentielle oblige. Alors que les membres du jury de la compétition officielle, présidé par le réalisateur espagnol Pedro Almodovar, ont été annoncés il y a presque trois semaines, nous connaissons désormais la composition des jurys de Un certain regard et de la Caméra d’or. Ils devront élire les successeurs respectifs de Olli Mäki de Juho Kuosmanen et de Divines de Houda Benyamina.


Le Jury Un certain regard

L’actrice américaine (*1970), présidente du jury, est pour le moins une habituée de la Croisette, où plusieurs de ses films ont été présentés en sélection officielle, dont la Palme d’or de 1994 Pulp Fiction de Quentin Tarantino. Elle avait participé au jury de Robert De Niro au 64ème Festival de Cannes, qui avait décerné sa Palme d’or en 2011 à The Tree of Life de Terrence Malick. Après ses débuts sur grand écran à la fin des années 1980 dans des films comme Les Aventures du baron de Munchausen de Terry Gilliam et Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears, elle s’impose dès 1990 sur la scène internationale avec Henry et June de Philip Kaufman, suivi par Sang chaud pour meurtre de sang-froid de Phil Joanou, Jennifer 8 de Bruce Robinson, Mad dog and glory de John McNaughton, Even Cowgirls get the Blues de Gus Van Sant, puis la consécration grâce à Pulp Fiction, qui lui vaut une nomination aux Oscars dans la catégorie de la Meilleure actrice dans un second rôle. Depuis, on a pu la voir dans Batman & Robin de Joel Schumacher, Bienvenue à Gattaca de Andrew Niccol, Les Misérables de Bille August, Chapeau melon et bottes de cuir de Jeremiah Chechik, Vatel de Roland Joffé, La Coupe d’or de James Ivory, Kill Bill de Quentin Tarantino, Paycheck de John Woo, Be cool de F. Gary Gray, Ma super ex de Ivan Reitman, Nymphomaniac de Lars von Trier et A vif de John Wells. Elle a été mariée avec les acteurs Gary Oldman, en compétition en 1997 avec son premier film Ne pas avaler, et Ethan Hawke (Born to be blue).

Le réalisateur égyptien (*1978) fait partie de ces nombreuses personnalités émergentes du cinéma international, qui reçoivent une invitation d’assister le temps d’une édition aux institutions du festival de Cannes, après y avoir récemment remporté un succès d’estime. Son deuxième film Clash avait en effet été présenté dans la sélection Un certain regard l’année dernière, avant de faire le tour du monde des festivals de cinéma et représenter l’Egypte aux Oscars dans la catégorie du Meilleur Film étranger. Son premier film Les Femmes du bus 678 avait également reçu un chaleureux accueil international il y a cinq ans.

Entre sa découverte fracassante en 2009, grâce à Un prophète de Jacques Audiard, Grand Prix à Cannes et lauréat de 9 César dont celui du Meilleur Film, et surtout son rôle principal dans Qu’un seul tienne et les autres suivront de Léa Fehner, et son dernier rôle à ce jour dans Django de Etienne Comar, film d’ouverture du dernier Festival de Berlin, l’acteur français (*1977) est devenu l’un des talents les plus recherchés de sa génération. Comme preuve, citons ses collaborations avec Fabienne Berthaud (Pieds nus sur les limaces), Catherine Corsini (Trois mondes), Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty), Guillaume Gallienne (Les Garçons et Guillaume à table ! – César du Meilleur Film en 2014), Claire Simon (Gare du Nord), Thomas Lilti (Hippocrate – César du Meilleur acteur dans un second rôle en 2015), David Oelhoffen (Loin des hommes), (Les Chevaliers blancs) et Wim Wenders (Les Beaux jours d’Aranjuez).

Le réalisateur belge Joachim Lafosse (*1975) connaît donc déjà son co-juré Reda Kateb de leur collaboration sur son cinquième long-métrage. Il était de même déjà passé à Cannes, où il avait présenté en 2012 son quatrième film A perdre la raison avec Tahar Rahim et Emilie Dequenne dans la sélection Un certain regard, de laquelle il était reparti avec le prix de la meilleure interprétation féminine. Auparavant, il avait réalisé Ca rend heureux avec Fabrizio Rongione, Nue propriété avec Isabelle Huppert et Jérémie Renier et Elève libre avec Jonathan Zaccaï, ainsi qu’ultérieurement L’Economie du couple avec Bérénice Bejo et Cédric Kahn, présenté à la Quinzaine des réalisateurs l’année dernière.

Le Tchèque Karel Och (*1974) a commencé sa carrière en tant que serviteur du Septième Art en 2001, au poste de programmateur du Festival de Karlovy Vary. Depuis sept ans, il assume la responsabilité en tant que directeur artistique de ce rendez-vous incontournable du cinéma de l’Est – mais pas que, puisque la sélection reprend également bon nombre de titres cannois – dont la 52ème édition aura lieu cette année du 30 juin au 8 juillet dans l’ouest de la Tchéquie.


Le Jury de la Caméra d’or

Comme son pendant dans le jury Un certain regard, la présidente du jury Caméra d’or, l’actrice française (*1968) a déjà siégé au jury principal, en l’occurrence celui de Liv Ullmann, qui avait voté sa Palme d’or en 2001 à La Chambre du fils de Nanni Moretti. Plus récemment, elle a présenté son premier court-métrage en tant que réalisatrice, Bonne figure, à la Semaine de la Critique l’année dernière. Trois fois à l’affiche d’un film en compétition à Cannes – Les Patriotes de Eric Rochant en 1994, Un héros très discret de Jacques Audiard, prix du Meilleur scénario en 1996, et Polisse de Maïwenn, prix du jury en 2011 –, Sandrine Kiberlain est l’une des actrices les plus respectées du cinéma français. Elle a notamment collaboré avec Laetitia Masson (En avoir [ou pas], A vendre et Love me), Edouard Molinaro (Beaumarchais l’insolent), Valérie Lemercier (Quadrille), Benoît Jacquot (Le Septième ciel et La Fausse suivante), Pascal Bonitzer (Rien sur Robert), Claude Miller (Betty Fisher et autres histoires), Pierre Jolivet (Filles uniques), Pierre Salvadori (Après vous), Stéphane Brizé (Mademoiselle Chambon), Serge Bozon (Tip top), Albert Dupontel (9 mois ferme), Martin Provost (Violette), Alain Resnais (Aimer boire et chanter), Bruno Podalydès (Comme un avion) et André Téchiné (Quand on a 17 ans). Elle a été nommée à huit reprises aux César et l’a gagné deux fois, comme Meilleur espoir féminin dans En avoir [ou pas] en 1996 et comme Meilleure actrice dans 9 mois ferme en 2014.

Le chef opérateur français (*1949) compte depuis plus de trente-cinq ans parmi les techniciens les plus recherchés de sa profession. Nommé trois fois au César de la Meilleure photo pour Miss Mona de Mehdi Charef, Amen de Costa-Gavras et Indigènes de Rachid Bouchareb, il a également été responsable de l’aspect visuel des films de Agnès Varda (Sans toit ni loi – Lion d’or au Festival de Venise en 1985 – et Jacquot de Nantes), Maroun Bagdadi (L’Homme voilé et Hors la vie – prix du jury à Cannes en 1991), Alain Tanner (La Vallée fantôme), Costa-Gavras (La Main droite du diable, Music box – Ours d’or au Festival de Berlin en 1990 –, La Petite apocalypse, Mad city, Le Couperet et Eden à l’ouest), Andrzej Zulawski (Mes nuits sont plus belles que vos jours et La Fidélité), Jacques Doillon (La Vengeance d’une femme), Christian De Chalonge (Docteur Petiot, Le Bel été 1914 et Le Comédien), Alain Cavalier (Libera me), Bertrand Tavernier (La Fille de d’Artagnan), Pierre Jolivet (Fred), Bigas Luna (La Femme de chambre du Titanic), Karim Dridi (Hors jeu), Valérie Lemercier (Le Derrière), Alain Corneau (Le Prince du Pacifique), Danièle Thompson (Décalage horaire), Cédric Kahn (Feux rouges), Philippe Lioret (L’Equipier), Emmanuel Carrère (La Moustache), Anne Le Ny (Ceux qui restent et Les Invités de mon père), Anne Fontaine (La Fille de Monaco) et Dominik Moll (Le Moine).

L’actrice française Elodie Bouchez (*1973) a en quelque sorte grandi avec le Festival de Cannes, puisque les deux films les plus marquants du début de sa carrière y ont été présentés : Les Roseaux sauvages de André Téchiné, sélectionné à Un certain regard en 1994 avant de gagner quatre César l’année suivante, dont ceux du Meilleur Film et du Meilleur espoir féminin, et La Vie rêvée des anges de Erick Zonca, double prix d’interprétation féminine aux côtés de Natacha Régnier en 1998 avant de décrocher trois César l’année suivante dont ceux du Meilleur Film et de la Meilleure actrice. Difficile de se montrer à la hauteur après un tel démarrage, ce que l’actrice a tenté de faire en choisissant le plus souvent des projets hors des sentiers battus, comme J’aimerais pas crever un dimanche de Didier Le Pecheur, Lovers, Too much flesh et Being light de Jean-Marc Barr et Pascal Arnold, La Faute à Voltaire de Abdellatif Kechiche, CQ de Roman Coppola, Stormy weather de Solveig Anspach, Après lui de Gaël Morel, Seuls two de Eric & Ramzy, GHB de Laetitia Masson, Réalité de Quentin Dupieux et Hibou de Ramzy Bedia.

Le réalisateur français (*1977) a jusqu’à présent plutôt été à l’honneur des festivals de Brive et de Locarno, où il avait montré ses deux films distribués au cinéma en France : Un monde sans femmes – nommé au César du Meilleur court-métrage en 2012 – et Tonnerre avec Vincent Macaigne, sorti en janvier 2014.

Le producteur français Thibault Carterot est le président de la société M141, qui a participé depuis le début de la décennie à la production de Le Paradis des bêtes de Estelle Larrivaz, L’Inconnu du lac de Alain Guiraudie – prix Un certain regard de la Meilleure réalisation au Festival de Cannes en 2013 –, Willy 1er de Ludovic et Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo Thomas – sélectionné à l’ACID à Cannes l’année dernière – et Gorge cœur ventre de Maud Alpi, prix Louis Delluc du Meilleur Premier film en 2016.

Jusqu’à l’année dernière le coordinateur du comité de sélection des courts-métrages à la Semaine de la Critique, le critique français Fabien Gaffez multiplie les activités autour du cinéma. Il a ainsi été le directeur artistique du Festival d’Amiens, où il a récemment pris la fonction de directeur des publications, et occupe le poste de directeur des programmes au Forum des images à Paris depuis octobre 2016. Il écrit principalement pour la vénérable revue Positif.

Le producteur suisse (*1972) connaît lui aussi très bien les règles du microcosme cannois pour y avoir présenté de nombreux films produits ou co-produits par sa société KNM, basée à Monaco. Espérons pour lui que son emploi du temps de cette édition du festival sera moins chargé que celui de l’année dernière, où il présentait pas moins de quatre films en compétition – Elle de Paul Verhoeven, Juste la fin du monde de Xavier Dolan, Aquarius de Kleber Mendonça Filho et Toni Erdmann de Maren Ade –, tout en participant au jury des courts-métrages de la Quinzaine des réalisateurs. Il est également l’homme de l’ombre derrière des films prestigieux comme Maps to the Stars de David Cronenberg – prix de la Meilleure interprétation féminine pour Julianne Moore en 2014 –, Life de Anton Corbijn, L’Ombre des femmes de Philippe Garrel, la trilogie Les Mille et une nuits de Miguel Gomes, Miles ahead de Don Cheadle, Boris sans Béatrice de Denis Côté, Lettres de la guerre de Ivo Ferreira, Ma vie de courgette de Claude Barras – César du Meilleur Film d’animation et du Meilleur scénario adapté en février dernier –, Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer et Revenger de Walter Hill. Parmi ses films sélectionnés à Cannes cette année comptent L’Amant d’un jour de Philippe Garrel et Frost de Sharunas Bartas à la Qunzaine des réalisateurs, ainsi que La Lune de Jupiter de Kornel Mundruzco en compétition. Michel Merkt a gagné cette année le César du Meilleur Film pour Elle.

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