DVD — 14 mai 2017
Test Blu-ray : Le port de la drogue

 
États-Unis : 1953
Titre original :
Réalisation :
Scénario : Samuel Fuller,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h20
Genre : Policier, Film Noir
Date de sortie cinéma : 7 avril 1961
Date de sortie DVD/BR : 9 mai 2017

 

 

Dans le métro New Yorkais, Candy, une jeune femme soupçonnée par la police d’être un agent communiste, se fait voler son portefeuille par un pickpocket. Elle ignorait qu’il contenait d’importants microfilms. Le voleur, Skip McCoy, est pris en filature par le FBI. De leurs cotés, les espions communistes vont tout mettre en oeuvre pour récupérer leurs documents…

 

 

Le film

[4,5/5]

Aujourd’hui unanimement considéré comme un grand classique du Film Noir, Le port de la drogue a pourtant été, durant de nombreuses années, assez mal aimé des cinéphiles. Déjà, on notera qu’il a une histoire un peu particulière pour nous autres français : si le titre évoque une sombre histoire de drogue complètement absente du métrage en VO, c’est qu’à l’occasion de sa sortie en salles en France au début des années 60, le distributeur avait jugé bon de gommer toute référence au fait que les « méchants » du film soient de dangereux espions communistes. Le film fut tourné en plein maccarthysme triomphant aux États-Unis (1953), mais en France à cette époque, les idées du parti communiste sont encore assez populaires ; aussi la version française du film ne parlera pas de cocos, mais de trafiquants de coco. Pour beaucoup de cinéphiles, même s’il est loin d’être central au film de Fuller, cet aspect « anti-rouge » n’aura valu aucune sympathie au Port de la drogue, au point d’être parfois considéré comme un vulgaire film de propagande.

A sa sortie dans les salles dans les années 50, on a également beaucoup reproché au film sa violence, et le fait que le film ne mette en scène que des personnages immoraux : un pickpocket, une prostituée, un flic violent, une balance, des espions… Bien sûr, presque soixante-cinq ans plus tard, les règles et la grammaire de l’outil cinéma ont radicalement évolué avec leur temps, et lire des critiques contemporaines du Port de la drogue évoquant les scènes de violence du film de Fuller comme comptant « parmi les plus sauvages jamais filmées » pourra prêter à sourire. Même Mathieu Macheret, rédacteur cinéma du Monde, dans sa présentation du film disponible sur le Blu-ray édité par ESC Éditions, évoque l’« extrême violence » du film de Fuller : si son idée était probablement de remettre le film dans son contexte de sortie, cela donne surtout aujourd’hui l’impression d’une critique figée dans les années 50 et rabâchant encore et toujours les mêmes analyses, sans prendre en compte l’évolution du médium.

Si le film ne peut donc pas sérieusement être qualifié de « violent » en 2017, où le moindre zapping d’une demi-heure sur n’importe quel bouquet satellite vous donnera à coup sûr à voir bien plus dérangeant, il est cependant vrai que les personnages de Jean Peters et Richard Widmark se tapent dessus, pour mieux s’aimer par la suite. Et si la caméra de Fuller va traîner du côté des petits truands et des marginaux, c’est que ces derniers nous révèlent quelquefois une dignité et même une philosophie tout à fait remarquables, comme le démontre parfaitement le plan-séquence consacré au personnage de Moe, incarné par Thelma Ritter.

Le port de la drogue n’a donc pas volé sa réhabilitation : remarquablement photographié et mis en scène, le film s’impose bel et bien comme une des plus grandes réussites du Film Noir, énergique, court (1h20) et nerveux.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Le port de la drogue débarque donc enfin en France sur support Blu-ray, un peu plus de dix ans après une première édition DVD qui s’était faite sous les couleurs de Carlotta. C’est donc ESC Éditions qui hérite aujourd’hui du film de Samuel Fuller, qui intègre sa riche collection Hollywood Legends. Et le film bénéficie donc pour son arrivée sur support Blu-ray d’un très joli upgrade Haute-Définition : la restauration est impressionnante, nous proposant une image stable et propre, des contrastes soignés, un piqué précis et le tout conserve assez scrupuleusement la granulation d’origine ; on regrettera juste quelques rares chutes de définition, en supposant que le master devait être un peu plus abîmé sur certaines séquences. Le boulot a donc été fait -et bien fait- pour que nous puissions découvrir le film dans les meilleures conditions possibles. Du côté des enceintes, VF et VO sont toutes deux proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 et mono d’origine. Ces dernières s’avèrent tout à fait satisfaisantes, claires et sans souffle parasite, même si la VF paraît un peu plus « étouffée » que la version originale.

Dans la section suppléments, l’éditeur nous propose une présentation du film, assurée en une vingtaine de minutes par Mathieu Macheret (Le Monde).

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles