Cannes 2017 : Good Time


États-Unis, 2017
Titre original : –
Réalisateurs : &
Scénario : Ronald Bronstein & Joshua Safdie
Acteurs : , Ben Safdie,
Distribution : Ad Vitam
Durée : 1h35
Genre : Thriller
Date de sortie : 11 octobre 2017

3,5/5

Sélection officielle – Compétition

Les frères Safdie, réalisateurs indépendants new-yorkais, signent avec Good Time leur quatrième long-métrage. Les précédents, peu distribués en France, avaient cependant bénéficié d’un certain succès d’estime. Leurs deux premiers films, The Pleasure of Being Robbed et Lenny and the kids avaient été sélectionnés à la Quinzaine des Réalisateurs, en 2008 et en 2009, tandis que Mad love in New York a été présenté à la Mostra de Venise il y a trois ans.

Synopsis officiel : Un braquage qui tourne mal… Connie réussit à s’enfuir mais son frère Nick est arrêté. Alors que Connie tente de réunir la caution pour libérer son frère, une autre option s’offre à lui : le faire évader. Commence alors dans les bas-fonds de New York, une longue nuit sous adrénaline.

Après l’heure …

« Avec Good time, notre obsession pour les marginaux s’est orientée vers ces Américains oubliés, différents, dont le sentiment du moment présent est lié à l’intrigue et l’histoire. Plus on se focalisait sur des éléments comme le danger, l’urgence, et la nécessité d’un objectif clair, plus le film se transformait en néo-thriller à sensation » explique Joshua Safdie. Les marginaux dont il est question ici, ce sont deux frères, Nicolas et Connie, voyous à la petite semaine pour qui les ennuis s’accélèrent après à un braquage raté, suite auquel Nick se retrouve en prison. Va alors commencer une épopée d’un nuit, pendant laquelle Connie essaie de faire sortir son frère de l’hôpital dans lequel il s’est retrouvé suite à une bagarre carcérale. Bien sûr, le chemin est semé d’embûches … Cette nuit de mésaventures dans le Queens n’est pas sans rappeler le After Hours de Martin Scorsese (1985), dans lequel le protagoniste se retrouvait à devoir se débrouiller dans un Soho nocturne – d’ailleurs, leur prochain film, Uncut Gems, est produit par Marty lui-même.

Ennuis, Méfaits, Fraternité

Ici aussi, nous traversons des décors qui sentent le vécu, le réel, qu’il s’agisse de maison vétustes ou d’un parc d’attraction dans lequel sont cachés de l’argent et de l’acide. La grande force du film est de mettre en scène une relation touchante entre les deux frères, l’un malfrat raté et l’autre déficient mental. Aucune longue exposition n’est là pour les définir ; nous en apprenons sur eux à travers leurs actes seuls. Connie dévoile ainsi son grand cœur à travers l’attachement qu’il éprouve pour son frère, ou via des actions qui révèlent sa nature profonde – comme le fait de nourrir une vielle dame alitée en étant entré par hasard dans sa chambre. La déficience de Nick est elle traitée sans aucune sorte de condescendance, sans aucune couche de pathos de la part des cinéastes. Il faut dire que les frères sont génialement interprétés, par Ben Safdie d’un côté, et par Robert Pattinson de l’autre. Ce dernier est méconnaissable, impeccable dans le rôle de Connie. Aujourd’hui, on a ainsi presque totalement oublié ses rôles de vampire mièvre dans Twilight, comme s’il s’agissait d’un acteur totalement différent de celui qui collabore maintenant avec Cronenberg ou plus récemment James Gray. Notons d’ailleurs que Good Time est dès l’origine un projet centré autour de l’acteur, qui mourrait d’envie de travailler avec les deux frères cinéastes !

Conclusion

Good Time est donc un sympathique film indépendant,  bien qu’il soit loin de révolutionner le genre. Porté par deux acteurs au top de leur forme, le film est avant tout un beau portrait fraternel, souvent touchant, toujours juste.

Articles semblables

Partage

Auteur

Avatar
Nicolas Santal

Cet article a été rédigé par Nicolas Santal, rédacteur de Critique-film.fr