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Critique : Wild Horse Nine

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Affiche Wild Horse Nine

Titre original : Wild Horse Nine
Réalisateur et scénariste : Martin McDonagh
Producteur : Graham Broadbent, Peter Czernin, Martin McDonagh, Anita Overland
Casting principal : Sam Rockwell, John Malkovich, Steve Buscemi, Parker Posey
Genre : Thriller, comédie noire
Durée : 1h58
Pays : Grande-Bretagne, États-Unis, Chili
Distributeur : The Walt Disney Company France
Date de sortie : 4 novembre 2026

Note de la rédaction★★★★★★★★★★4/5

Synopsis

Peu avant le coup d’État chilien de 1973, deux agents de la CIA, Chris et Lee, sont envoyés de Santiago vers l’île de Pâques par leur supérieur, MJ. Au milieu des statues emblématiques de l’île, ces deux partenaires de longue date, dont l’un se sait condamné par la maladie, doivent affronter leur passé trouble et les complots qui se trament autour d’eux. La relation que Chris noue avec deux étudiantes rebelles menace de faire basculer dans le chaos leur séjour dans ce paradis isolé.

Un buddy movie mélancolique au bout du monde

Martin McDonagh retrouve ici la veine qui a fait le succès de « Bons baisers de Bruges » et de « Three Billboards » : un duo de personnages abîmés, un décor qui fait presque figure de personnage à part entière, et un humour noir qui ne désamorce jamais vraiment la gravité du propos. En choisissant l’île de Pâques comme toile de fond, dans les jours qui précèdent le coup d’État chilien de 1973, le cinéaste installe un sentiment d’imminence permanent : le monde est sur le point de basculer, et ses personnages le savent confusément.

Le film doit beaucoup à l’alchimie entre Sam Rockwell et John Malkovich, qui incarnent Lee et Chris avec une complicité bourrue, faite de silences et de piques affectueuses. La mise en scène de McDonagh, toujours aussi précise dans son sens du cadre et du rythme comique, laisse le temps à cette relation de se déployer avant de la fissurer peu à peu.

Wild Horse Nine - photo du film
Photo du tournage de Wild Horse Nine – Copyright Searchlight Pictures

Malkovich, sommet d’une distribution hors norme

Révélé au Festival de Venise en septembre 2026, où il a décroché la Coupe Volpi du meilleur acteur, John Malkovich livre sans doute l’une des compositions les plus émouvantes de sa carrière. Son personnage de vieux routier de la CIA, rongé par la maladie et hanté par ses erreurs passées, trouve dans cet acteur habitué aux figures inquiétantes une tendresse inattendue. Face à lui, Sam Rockwell confirme une nouvelle fois son statut de partenaire de jeu idéal, tandis que Steve Buscemi, en chef de station retors, et Parker Posey, en épouse reléguée à de simples appels téléphoniques transatlantiques, complètent une distribution sans faille.

La photographie de Ben Davis sublime les paysages volcaniques et les moai de l’île de Pâques, transformant le décor en véritable protagoniste du récit, tandis que la partition de Carter Burwell, fidèle collaborateur du cinéaste, accompagne avec subtilité les bascules de ton entre comédie grinçante et drame intime.

Wild Horse Nine - photo du film
Wild Horse Nine – Copyright Searchlight Pictures

Verdict et recommandation

En acceptant de ralentir son rythme habituel pour mieux laisser respirer ses personnages, Martin McDonagh signe un film plus contemplatif que ses précédents, sans jamais renoncer à sa signature : des dialogues ciselés, un sens aigu de l’absurde et une tendresse réelle pour des personnages cabossés. « Wild Horse Nine » n’est pas tout à fait le thriller d’espionnage que son pitch laisse présager, mais plutôt une tragi-comédie crépusculaire sur l’amitié, la culpabilité et le poids de l’Histoire qui s’écrit malgré nous. Un très beau cinquième film pour son auteur, porté par un John Malkovich au sommet.

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