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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Projet Dernière Chance

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Projet Dernière Chance

États-Unis : 2026
Titre original : Project Hail Mary
Réalisation : Phil Lord, Chris Miller
Scénario : Drew Goddard
Acteurs : Ryan Gosling, Sandra Hüller, James Ortiz
Éditeur : Amazon MGM Studios
Durée : 2h36
Genre : Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 18 mars 2026
Date de sortie DVD/BR/4K : 26 Août 2026

Ryland Grace, professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir de son identité ni des raisons de sa présence à bord. Peu à peu, sa mémoire lui revient, et il comprend l’enjeu de sa mission : résoudre l’énigme de la mystérieuse substance qui cause l’extinction du Soleil. Pour tenter de sauver l’humanité, il va devoir faire appel à ses connaissances scientifiques et à des idées peu conventionnelles Mais une amitié inattendue pourrait bien l’aider à ne pas affronter cette mission tout seul…

Le film

[4,5/5]

Avec Projet : Dernière chance, Phil Lord et Christopher Miller continuent de faire ce qu’ils savent faire de mieux : prendre une idée qui pourrait très vite finir sous une montagne de gravité narrative et lui coller des fusées aux fesses. Depuis le diptyque 21 Jump Street / 22 Jump Street, le duo a toujours aimé faire exploser les conventions de leur propre cinéma pour mieux les reconstruire derrière. Avec La Grande Aventure Lego, ils avaient transformé le jeu de construction en réflexion plutôt maligne sur l’imagination, le contrôle et le besoin de créer. Avec Spider-Man : New Generation et Spider-Man : Across the Spider-Verse, ils avaient carrément envoyé valser les règles de l’animation, du montage et de la narration. Sur le papier, Projet : Dernière chance paraît donc, de prime abord, beaucoup plus sérieux. Et pourtant, il appartient parfaitement à cette même famille : celle des films qui prennent un concept potentiellement indigeste et trouvent la porte dérobée permettant au spectateur d’y entrer avec le sourire.

Projet : Dernière chance adapte Andy Weir, déjà responsable de Seul sur Mars, et cela se sent dans chaque boulon du scénario. La Hard Science Fiction n’y sert pas de décoration futuriste pour faire joli dans les bandes-annonces : elle constitue véritablement le moteur du récit. Ryland Grace doit comprendre, calculer, expérimenter, se tromper, recommencer. Chaque problème entraîne un autre problème qui en entraîne lui-même un troisième, comme une partie de dominos organisée par un physicien légèrement sadique. Mais Phil Lord et Chris Miller comprennent une chose essentielle : la science n’est jamais aussi passionnante que lorsqu’elle devient une affaire humaine. Le film transforme donc les équations en suspense, les hypothèses en aventures et les découvertes en petits tremblements de terre émotionnels. La mission de sauver la Terre devient progressivement autre chose : une réflexion sur la coopération, la confiance, la solitude et cette vieille idée finalement assez révolutionnaire selon laquelle l’intelligence gagne parfois beaucoup à accepter qu’elle ne soit pas seule dans la pièce.

La réussite de Projet : Dernière chance tient aussi à une mise en scène franchement épatante. Phil Lord et Chris Miller disposent d’un matériau narratif qui aurait pu produire un tunnel explicatif long comme un lundi sans café, mais ils savent constamment faire circuler l’information. Le montage de Joel Negron épouse les découvertes de Ryland Grace sans transformer la narration éclatée en Rubik’s Cube sous anxiolytiques. Le passé terrestre et le présent spatial se répondent, se complètent, se corrigent même, jusqu’à former progressivement une seule ligne émotionnelle. Le choix du ratio variable, avec le 1.78 associé au présent et à l’espace tandis que le 2.39 accompagne le passé et la Terre, participe lui aussi à cette construction. La forme raconte donc le fond : plus Ryland Grace comprend ce qu’il est venu faire, plus les différentes strates de son histoire cessent d’être séparées. Le film devient littéralement plus vaste à mesure que son personnage retrouve sa place dans le monde.

Projet : Dernière chance retrouve également quelque chose de profondément Lord-Millerien dans son goût pour le mélange des tonalités. Le film peut passer d’une explication scientifique à une plaisanterie idiote, puis basculer quelques secondes plus tard dans une situation de survie réellement terrifiante sans donner l’impression de changer de planète. Cette mécanique rappelle évidemment La Grande Aventure Lego, où l’humour servait à mieux faire passer des idées étonnamment sérieuses, mais aussi Spider-Man : New Generation, qui dissimulait derrière son énergie visuelle une réflexion très touchante sur l’héritage, la transmission et la possibilité de devenir soi-même. Projet : Dernière chance poursuit cette logique : derrière le gros spectacle spatial et les prouesses techniques se cache un film qui parle surtout de ce que les êtres vivants peuvent accomplir lorsqu’ils cessent de considérer l’autre comme un obstacle. Même une intelligence extraterrestre peut alors devenir un partenaire de danse, ce qui est tout de même plus sympathique que de finir en invasion planétaire avec explosions réglementaires.

Et puis arrive le dernier acte de Projet : Dernière chance. Difficile d’en dire trop sans saboter l’expérience, mais le film finit par ouvrir les vannes émotionnelles avec une efficacité redoutable. Tout ce qui semblait parfois relever du simple divertissement, chaque détail scientifique, chaque souvenir, chaque rencontre, chaque petit morceau d’information accumulé au fil des heures trouve soudain sa place. Le spectaculaire ne disparaît pas : il change de fonction. Les étoiles, les vaisseaux et les phénomènes cosmiques deviennent le décor d’une histoire beaucoup plus intime. La survie de l’humanité compte évidemment, mais le film rappelle que l’échelle cosmique n’annule jamais les émotions individuelles. Elle leur donne parfois au contraire une drôle de résonance. Le grand vertige de Projet : Dernière chance n’est finalement pas de regarder l’univers depuis douze années-lumière : c’est de comprendre qu’au milieu de cet espace presque absurde, un lien peut avoir autant de valeur qu’une planète entière.

Ryan Gosling trouve dans Projet : Dernière chance un rôle particulièrement bien calibré pour lui. Il sait jouer l’humour sans transformer Ryland Grace en machine à punchlines et conserver derrière les plaisanteries une vraie fragilité. Sandra Hüller apporte à Eva Stratt cette autorité sèche, cette intelligence presque tranchante et cette humanité soigneusement dissimulée qui rendent le personnage immédiatement captivant. Mais James Ortiz mérite également une mention particulière tant son travail autour de Rocky participe au charme du film. Ce drôle de personnage extraterrestre devient rapidement bien davantage qu’une prouesse numérique ou un gadget destiné à vendre des figurines. Et c’est probablement là que Projet : Dernière chance rejoint le plus joliment tout le cinéma de Phil Lord et Chris Miller : derrière les idées énormes, les images folles et les machines narratives parfaitement huilées, il reste toujours une histoire de personnages qui cherchent quelqu’un avec qui partager leur bout d’univers.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Avec Projet : Dernière chance, Amazon MGM Studios nous livre un Blu-ray 4K Ultra HD particulièrement spectaculaire, et il fallait bien cela pour rendre justice au travail visuel de Phil Lord et Chris Miller. Le disque propose une image HDR10 + Dolby Vision qui exploite à merveille les écarts de luminosité et les innombrables variations chromatiques du film. Les séquences spatiales profitent d’une définition d’une précision remarquable, avec des textures métalliques extrêmement fines, des détails parfaitement détourés dans les environnements du vaisseau et une profondeur qui donne aux différents espaces une vraie densité. Le Dolby Vision fait surtout merveille dans les scènes les plus sombres, où les noirs restent solides sans avaler les informations dans un trou cosmique sans fond. Les sources lumineuses, les écrans, les étoiles et les effets liés aux phénomènes astrophysiques bénéficient également d’une dynamique impressionnante. Projet : Dernière chance joue en outre sur son ratio variable, le 1.78 accompagnant le présent et l’espace tandis que le 2.39 renvoie au passé et à la Terre, et cette variation prend ici tout son sens puisqu’elle devient une véritable composante narrative. Le résultat est splendide et parfaitement à la hauteur d’un spectacle de cette ampleur. Côté son, Amazon MGM Studios nous propose une VF en DTS-HD Master Audio 5.1 et une VO en Dolby Atmos. La piste française n’a absolument pas à rougir de son traitement : les dialogues sont nets, parfaitement intelligibles et solidement intégrés à la bande-son, tandis que les effets spatiaux, les vibrations du vaisseau, les alarmes et les scènes d’action bénéficient d’une belle ampleur. La VO Dolby Atmos apporte évidemment une spatialisation supplémentaire, particulièrement perceptible dans les passages les plus immersifs, avec une utilisation verticale de la scène sonore qui renforce l’impression d’être enfermé dans le vaisseau avec Ryland Grace. La musique de Daniel Pemberton profite elle aussi d’une belle assise, passant de l’intime au grandiose avec suffisamment de puissance pour faire vibrer les parois de la maison.

Côté suppléments, le commentaire audio de Phil Lord et Chris Miller (VOST) constitue évidemment la pièce maîtresse de cette section. Et autant dire que les deux réalisateurs ne se contentent pas de regarder leur film en tapant distraitement dans un paquet de biscuits. Pendant toute la durée de Projet : Dernière chance, ils reviennent sur les choix narratifs, les contraintes techniques, la fabrication des séquences et les innombrables problèmes qu’il a fallu résoudre pour transformer le roman d’Andy Weir en spectacle cinématographique. Le commentaire possède surtout une qualité assez rare : il reste accessible. Les explications techniques sont suffisamment précises pour intéresser les amateurs de fabrication cinématographique, mais Phil Lord et Chris Miller conservent cette décontraction qui rend leur écoute particulièrement agréable. Les deux hommes évoquent notamment la manière de filmer Ryan Gosling face à Rocky, la construction des séquences spatiales et les solutions utilisées pour rendre crédible un personnage extraterrestre qui ne peut évidemment pas jouer comme un comédien humain. On continuera ensuite avec une sélection de scènes coupées (10 minutes) à l’intérêt assez variable, mais qui possède une vraie valeur documentaire puisqu’elle permet de comprendre pourquoi certaines idées ont finalement été écartées du montage définitif. Enfin, on terminera avec une featurette consacrée au personnage de Rocky (8 minutes), de ses origines dans le roman d’Andy Weir à la manière dont le personnage a été adapté pour le film. Ce petit module est particulièrement intéressant parce qu’il permet d’observer le chemin parcouru entre la description littéraire et sa traduction à l’écran. La fabrication de Rocky constitue l’un des défis majeurs de Projet : Dernière chance, et le supplément montre comment l’équipe a cherché à conserver les particularités du personnage tout en lui donnant une présence émotionnelle suffisamment forte. James Ortiz se retrouve évidemment au centre de cette création, et le module permet de mieux comprendre le travail nécessaire pour qu’un être extraterrestre constitué d’éléments radicalement différents d’un corps humain puisse malgré tout devenir immédiatement expressif et attachant.

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