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Critique Express : Cap Farewell

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Cap Farewell

Belgique, Canada, Pays-Bas : 2025
Titre original : –
Réalisation : Vanja D’Alcantara
Scénario : Vanja D’Alcantara, Stéphane Cabel, Agnès Caffin, Roel Mondelaers
Interprètes : Noée Abita, Pascale Bussières, Olivier Gourmet
Distribution : Destiny Films
Durée : 1h49
Genre : Film noir, Famille
Date de sortie : 22 juillet 2026

3/5

Synopsis : Toni retrouve la liberté, travaille dans le bar de son oncle et retourne vivre chez sa mère Betty,avec qui les relations sont tendues. Cette dernière a élevé Anna, la fille qu’elle a eue avec Max, son amour d’enfance,pour lequel elle est allée en prison. Toni devra faire preuve de combativité pour se libérer d’un environnement toxique et prendre sa place entant que mère et femme libre..

En 2005, la réalisatrice belge Vanja d’Alcantara avait réalisé La tercera vida, un documentaire de 48 minutes consacré à Purificacion Crego, une détenue espagnole, sur le point d’être libérée après 11 ans de prison. Au départ, le but de la réalisatrice était avant tout de s’intéresser à la reconstruction de cette femme après sa libération et elle avait dû se montrer frustrée de ne pas avoir pu aller au bout de son idée, cette ancienne détenue ayant été retrouvée morte peu de temps après sa sortie de prison. 21 ans après, elle a choisi de façonner l’histoire qui aurait pu être celle de Purificacion Crego dans un long métrage de fiction, Cap Farewell. Une sortie de prison n’est jamais chose facile et Antonia, 24 ans, que tout le monde appelle Toni, va vite s’en rendre compte quand elle est mise en liberté conditionnelle. Même si ce ne sont pas les premières personnes qu’elle rencontre une fois libre, il y a le retour auprès de Betty, sa mère, avec qui elle n’a jamais eu de très bonnes relations, et de Anna, sa fille, 6 ou 7 ans, qui ne l’appelle pas maman mais Toni et qui marque une préférence pour sa grand-mère. Un comportement loin d’être anormal si on réfléchit au fait que Anna a été élevée par Betty quasiment depuis sa naissance. Le combat majeur de Toni va consister à retrouver sa place de mère auprès de sa fille : « elle est forcément mieux avec sa mère », dit elle avec beaucoup de sincérité à Samuel, son conseiller d’insertion et de probation, lequel lui conseille en retour de commencer par mettre de l’ordre dans sa vie d’adulte et d’apprivoiser tranquillement sa fille. Concernant les cases à remplir pour pouvoir bénéficier de la liberté conditionnelle, Toni a la chance de pouvoir bénéficier d’un travail dès sa sortie de prison : comme serveuse dans le restaurant de Franck, le frère de sa mère. En plus, son séjour en prison  lui a permis d’acquérir des compétences en mécanique, ce qui pourrait lui permettre de trouver un travail l’éloignant du cadre familial. Sinon, par ailleurs, elle doit impérativement ne pas retomber dans la délinquance. Toutefois, là où le bât blesse pour Toni, c’est que la personne qui est venue l’attendre à la sortie de prison n’est autre que Max, à la fois son ami d’enfance, avec qui elle a fait les 400 coups dans sa jeunesse, le père d’Anna, et un délinquant qui continue d’être impliqué dans des trafics de drogue. Bien qu’étant tout à fait consciente que Max a été le responsable de sa condamnation, Toni est toujours amoureuse de lui et, malgré les recommandations de sa mère qui voit en Max un homme toxique pour sa fille et pour sa petite fille, elle entend continuer à le fréquenter.

La peinture des rapports de Toni avec sa mère et avec sa fille, fait de Cap Farewell un film entrant dans le genre « famille », d’autant plus qu’elle a un oncle comme employeur.  Ce que raconte le film sur les actions hautement délictueuses commises par Max et sa bande, dans laquelle Franck a un rôle moins sympathique que celui d’oncle pourvoyeur d’emploi, ainsi que sur l’action que doit finalement mener Toni pour protéger sa liberté conditionnelle, fait de Cap Farewell un film entrant dans le genre « film noir ». Certes, il y a quelques maladresses dans ce film tourné en scope, avec une belle photo de Hichame Alaouié, mettant bien valeur les paysages côtiers de la Flandre belge, avec, également, de belles images nocturnes de ce que sont devenus certains ports : non plus des lieux où on voit surtout des bateaux mais des lieux avec une très grande concentration de containers ! Ces maladresses sont compensées par le jeu absolument remarquable de 2 comédiennes : Noée Abita, l’interprète de Toni, et Pascale Bussières, l’interprète de Betty.  Dire que les comédiens, y compris Olivier Gourmet dans le rôle de Franck, sont un cran en dessous n’est pas leur faire injure tellement le niveau atteint par Noée et Pascale est élevé. On notera que l’on  retrouve dans un petit rôle Myriem Akheddiou, qui, il y a quelques mois, avait éclaboussé On vous croit de tout son talent. On notera aussi que la réalisatrice a su utiliser la musique avec un certain bonheur : elle n’est peut-être pas toujours indispensable, mais elle n’est jamais nuisible. Et en plus, les compositions de Luis Salgado sont toujours agréables à écouter, parfois même très agréables.

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