Accueil critique Critique Express : L’aventure rêvée

Critique Express : L’aventure rêvée

0
96

L’aventure rêvée

Allemagne, France, Bulgarie, Autriche : 2026
Titre original : Das geträumte Abenteuer
Réalisation : Valeska Grisebach
Scénario : Valeska Grisebach, Lisa Bierwirth
Interprètes : Yana Radeva, Syuleyman Alilov Letifov, Stoicho Kostadinov
Distribution : Haut et Court
Durée : 2h44
Genre : Drame
Date de sortie : 15 juillet 2026

1.5/5

Synopsis : À Svilengrad, une petite ville bulgare à la frontière turque, aux confins d’une Europe délaissée, Veska, archéologue, renoue avec Said, un ami d’enfance, dont la voiture vient d’être volée. En voulant l’aider, Veska glisse progressivement au coeur d’une société criminelle dont l’emprise règne sur la ville. Veska va devoir affronter ce monde à la fois trouble et dangereux.

2 heures 47 minutes au Festival de Cannes,  2 heures 44 minutes pour la sortie en salle, c’est long, très long, trop long, ce L’aventure rêvée, le 4ème long métrage de la réalisatrice allemande Valeska Grisebach, le 2ème tourné en Bulgarie. Malheureusement, une telle longueur n’est pas vraiment surprenante au Festival de Cannes où rares sont les films en compétition qui ne dépassent pas 120 minutes. Bien sûr, il arrive qu’une telle longueur, voire plus encore, soit parfaitement justifiée et qu’on se réjouisse qu’aucune minute n’ait été supprimée au moment du montage. Le problème, c’est que cela est rarement le cas et ce n’est sûrement pas le cas pour L’aventure rêvée, film qui aurait énormément gagné à ce qu’un grand nombre de minutes soient supprimées au montage. Combien ? 60 minutes semblent être une bonne estimation ! En plus, cette inflation dans la durée des films ne va pas être freinée par la décision du Jury cannois de donner le Prix du Jury à L’aventure rêvée, film au sujet intéressant mais qui se métamorphose en monument d’ennui du fait de toutes ces minutes à la fois inutiles et nuisibles. Pour nourrir le débat, on ne manquera pas de préciser que le film le plus court de la compétition, Fatherland, de Pawel Pawlikowski, 82 minutes, a été celui que beaucoup de cinéphiles ont préféré !

C’est dans la description des trafics que les mafias locales organisent  dans la région de Svilengrad , à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, et dans le combat de Veska, une archéologue sexagénaire contre ces mafias, qu’aurait pu, qu’aurait dû se situer l’intérêt du film. Mais, du fait de la construction particulièrement alambiquée du film et des trop nombreuses longueurs (langueurs !), on ne fait qu’effleurer cette lutte d’une femme d’un certain âge contre la très délétère domination masculine qui règne depuis toujours dans cette région comme dans beaucoup d’autres. Ajoutons que, bien souvent, on ne comprend pas grand chose à ce qui se passe et qu’on se demande par quel miracle Veska ne se trouve jamais en butte à la violence physique des mafieux, des hommes capables des exactions les plus extrêmes (« la nouvelle mafia tue sans procès », nous est-il dit !) alors qu’elle ne se prive pas de les provoquer et même de les humilier. Ce que ce film laissera dans la mémoire des spectateurs risque fort, malheureusement, d’être davantage un grand sentiment d’ennui qu’un intérêt soutenu pour ce qu’il raconte. Toutefois, il laissera quand même chez de nombreux spectateurs le plaisir d’y avoir rencontré une nouvelle comédienne très talentueuse. En effet, Yana Radeva, la soixantaine, l’interprète du rôle de Veska, fait dans ce film ses premiers pas au cinéma, elle qui, à ce qu’il parait, fut géologue, croupière, directrice de casino et  représentante de produits cosmétiques.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici