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Test DVD : Baise-en-ville

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Baise-en-ville

France : 2025
Titre original : –
Réalisation : Martin Jauvat
Scénario : Martin Jauvat
Interprètes : Martin Jauvat, Emmanuelle Bercot, William Lebghil
Éditeur : Le Pacte
Durée : 1h34
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 28 janvier 2026
Date de sortie DVD : 2 juin 2026

Quand sa mère menace de le virer du pavillon familial s’il ne se bouge pas les fesses, Sprite se retrouve coincé dans un paradoxe : il doit passer son permis pour trouver un taf, mais il a besoin d’un taf pour payer son permis. Heureusement, Marie-Charlotte, sa monitrice d’auto-école, est prête à tout pour l’aider – même à lui prêter son baise-en-ville. Mais… C’est quoi, au fait, un baise-en-ville ?

Le film

[3,5/5]

« Corentin Perrier, surnommé Sprite, est ce qu’on appelle un « Tanguy » : à 25 ans, c’est un grand adolescent indolent qui vit toujours chez ses parents. Sentant peser sur lui la menace d’une mise à la porte de la part de ses parents, il envisage de trouver un travail, mais, que voulez-vous, il est persuadé que, pour en trouver un, le permis de conduire est indispensable et, que voulez-vous, pour passer le permis de conduire, il faut de l’argent. (…) Sprite va enfin trouver un travail rémunéré et s’inscrire dans une auto-école. La start-up qui lui procure ce travail est spécialisée dans le nettoyage des logements dans lesquels une fête a été organisée et vient de se terminer, et son activité couvre une très vaste étendue dans la banlieue et la grande-banlieue parisienne. Si, chaque fois, Sprite est conduit sur son lieu de travail, il doit se débrouiller tout seul pour rentrer chez lui, une fois le travail terminé. Sans voiture, en banlieue parisienne, à 3 ou 4 heures du matin, c’est franchement galère : c’est soit la marche à pied ou attendre le redémarrage matinal des transports en commun.

C’est là que va intervenir le « baise-en-ville » ! Oui, cette sacoche, généralement munie d’une dragonne, ou bien une petite valise, permettant de transporter l’essentiel pour passer une nuit en dehors de son domicile (…). C’est un tel « outil » que Marie-Charlotte, la monitrice d’auto-école, conseille à Sprite d’utiliser avec l’objectif suivant : trouver à chaque fois, sur un site de rencontre, une jeune femme habitant à proximité du lieu de travail de la nuit à venir. A la seule lecture de ce qui précède, vous aurez compris que Baise-en-ville est a priori susceptible de couvrir la plupart des champs possibles de la comédie. Et, au bout du compte, ce film arrive peu ou prou à le faire ! Comédie grasse ? Un peu, quand même, ne serait-ce que par ce titre qui risque d’attirer des spectateurs qui vont se retrouver déçus et d’en repousser d’autres qui, eux, l’auraient apprécié. Par quelques répliques, également, qui ne sont pas d’une grande finesse : à vous de les découvrir. Comédie fine ? Beaucoup plus ! Ne serait-ce que parce que Sprite est tout sauf une bête de sexe : il sort d’un chagrin d’amour et il n’arrive pas à « coucher » sans être amoureux, ce qui donne naissance à des situations savoureuses. Comédie réaliste ? Oui, ne serait-ce que par la description des rapports entre les parents de Sprite et leur « Tanguy » de fils, par la satire de la start-up nation et, plus généralement, du monde du travail (…). Comédie déjantée ? Oui aussi, ou, du moins, comédie loufoque, ne serait-ce que dans le comportement de Marie-Charlotte, à la fois acariâtre et capable d’empathie et dans un tas de scènes burlesques tout au long du film.

Comme pour Grand Paris, son premier long métrage, présenté à Cannes 2022 dans la sélection ACID, Martin Jauvat a puisé dans sa propre existence les principaux éléments de Baise-en-ville : la vie à Chelles, en Seine-et-Marne, le fait de retourner vivre chez ses parents lorsqu’il s’est retrouvé célibataire, le fait d’être sans travail et de passer son permis de conduire. Les moyens dont il a pu disposer pour tourner Baise-en-ville sont sans commune mesure avec ceux dont il avait disposé pour Grand Paris : 3.5 millions d’euros contre 300.000 ! Des moyens qui lui ont permis d’inclure dans son casting des interprètes comme Emmanuelle Bercot, Géraldine Pailhas et Michel Hazanavicius aux côtés d’interprètes déjà présents dans son film précédent : lui-même, William Lebghil, Anaïde Rozam, Sébastien Chassagne et Eva Huault. Après avoir commencé à Cannes par la sélection ACID et avoir continué à La Semaine de la Critique, on ne serait pas étonné de voir son prochain film sélectionné à La Quinzaine des Cinéastes ou à Un Certain Regard. »

Extrait de la critique de notre chroniqueur Jean-Jacques Corrio. Pour en découvrir l’intégralité, cliquez sur ce lien !

Le DVD

[4/5]

Le DVD de Baise-en-ville édité par Le Pacte nous arrive dans un boîtier simple mais soigné, du genre qui ne cherche pas à jouer les gros bras mais qui assume parfaitement son rôle : protéger un film qui préfère la douceur des regards à la brutalité des effets. L’image surprend agréablement pour un support DVD : définition stable, couleurs naturelles, contrastes maîtrisés. Le master ne triche pas, ne tente pas de lisser artificiellement les textures, et laisse au contraire respirer les visages, les lumières de fin de journée, les intérieurs feutrés où se jouent les hésitations des personnages. Quelques fourmillements apparaissent dans les zones sombres, mais rien qui ne vienne perturber la fluidité générale. Baise-en-ville profite ainsi d’un rendu visuel cohérent, fidèle à son esthétique intimiste. Côté son, le DVD édité par Le Pacte nous propose deux pistes : Dolby Digital 5.1 et Dolby Digital 2.0. Les deux mixages se défendent très bien, chacun dans son registre. La piste 5.1 offre une spatialisation discrète mais agréable, laissant respirer les ambiances urbaines, les bruissements de pas, les conversations captées à mi-voix. La piste 2.0, plus frontale, conserve un charme certain, avec des dialogues nets et une présence sonore plus compacte mais parfaitement lisible. Baise-en-ville ne repose évidemment pas sur des effets tonitruants, et les deux pistes respectent cette économie sonore, sans hiérarchie forcée entre les versions. Le film garde ainsi son équilibre, sa pudeur, sa manière de laisser les silences parler autant que les mots.

Côté suppléments, on commencera avec un module consacré aux coulisses du tournage (26 minutes), qui nous offre un regard précieux sur la fabrication du film : choix de mise en scène, travail avec les acteurs, atmosphère du plateau. On y découvre un tournage à taille humaine, où chaque geste semble pensé pour préserver la délicatesse du récit, et surtout, un Martin Jauvat impliqué et parfaitement conscient du fait que la mécanique d’une bonne comédie réside sur une certaine rigueur. On terminera avec deux modules un peu plus courts produits par la Fondation Gan pour la promo de Baise-en-ville : un simili-making of (5 minutes) qui permettra à l’équipe de livrer quelques réflexions sur la genèse du projet et de souligner la filiation avec Grand Paris, et un entretien avec Martin Jauvat (6 minutes), enregistré à Cannes, dans lequel le scénariste / réalisateur de revenir sur ses intentions et ses influences. L’ensemble forme un DVD solide, cohérent, respectueux du film et de son atmosphère. Baise-en-ville trouve ici une édition qui lui ressemble : discrète, élégante, attentive aux détails. Une édition qui devrait satisfaire aussi bien les amateurs de cinéma indépendant que les curieux désireux de découvrir un film sensible, porté par une mise en scène délicate et un regard profondément humain.

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