
On ne peut vraiment pas dire que la filmographie du cinéaste espagnol Pedro Almodóvar soit sous-exposée. La dernière grande rétrospective organisée par une institution de la cinéphilie française a beau remonter déjà un certain temps. C’était à la Cinémathèque Française, il y a vingt ans, presque jour pour jour, à travers une exposition, une carte blanche et une intégrale de ses quinze longs-métrages à l’époque, en avril et mai 2006. Mais depuis, le plus célèbre des réalisateurs ibériques a régulièrement droit à des cycles partiels dans les salles de répertoire, consciencieusement calés sur les dates de sortie de ses nouveaux films.
Le dernier en date, Amarga Navidad avec Bárbara Lennie et Leonardo Sbaraglia, vient de sortir dans les salles de cinéma espagnoles. Et on ne serait pas trop surpris de le voir figurer également quelque part au sein de la sélection officielle du prochain Festival de Cannes dont l’annonce sera faite cette semaine.
En attendant ces nouvelles madrilènes, le public parisien pourra se consoler pendant sept semaines, dès après-demain le mercredi 8 avril et jusqu’au mardi 26 mai, avec une nouvelle intégrale des films de Pedro Almodóvar conçue sous le titre « Attachements » par le Centre Pompidou. Puisque Beaubourg restera encore fermé au moins jusqu’en 2030 pour d’importants travaux de rénovation, cette rétrospective aura lieu hors les murs, au MK2 Bibliothèque côté BNF. Elle fait suite à celle qui s’était déjà tenue l’été dernier au Festival de La Rochelle. Plusieurs séances affichant d’ores et déjà complet, cet événement du printemps parisien 2026 remportera certainement le genre de succès public auquel le cinéaste est habitué depuis plus de quarante ans.

Pedro Almodóvar en personne fera le déplacement dans le cadre d’une masterclass le samedi 11 avril à 15h00. Le lendemain, il présentera son film La Mauvaise éducation. Certains de ses collaborateurs viendront de même à la rencontre du public, en la personne de son actrice fétiche Rossy De Palma (La Fleur de mon secret, film d’ouverture le 8 avril à 20h00), de son frère cadet et producteur Agustin Almodóvar (Matador et La Loi du désir), de son compositeur attitré Alberto Iglesias (Tout sur ma mère) et de la monteuse de ses quatre derniers films Teresa Font (La Chambre d’à côté). Cette dernière participera à une table ronde intitulée « La Mesure Almodóvar » sur ses films récents, le samedi 9 mai.
Pas seulement l’un des cinéastes européens les plus fiables et réguliers, avec la production d’un nouveau film tous les deux, trois ans au minimum, Pedro Almodóvar (* 1949) dispose en même temps d’une filmographie extrêmement riche. L’ancien enfant terrible, fièrement queer, de l’Espagne des années 1980 et ‘90 s’est certes un peu assagi au fil du temps. Néanmoins, ses histoires en majorité contées sous forme de mélodrame se démarquent jusqu’à ce jour par leur recherche esthétique, leur ton joliment poisseux et avant tout par la place importante qu’elles accordent aux destins hors normes de femmes qui ne le sont pas moins.
Un constat à vérifier sans modération pendant deux mois du côté de la Bibliothèque Nationale de France, de son premier long-métrage Pepi Luci Bom et autres filles du quartier sorti dans son pays d’origine en 1980 et seulement dix ans plus tard en France, jusqu’à son dernier distribué à ce jour sur nos écrans, La Chambre d’à côté, Lion d’or au Festival de Venise en 2024 !
















