3 films de Bo Widerberg

Vous avez sans doute rarement entendu parler de , ce cinéaste suédois des années 1960 dont le nom et l’œuvre ont été éclipsés par ceux d’. Il est pourtant, avec ce dernier, l’une des seules figures d’envergure internationale du cinéma suédois de l’époque. En 2015, trois de ses films font l’objet de la rétrospective commencée en 2014.

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Issu d’une famille populaire de la ville de Malmö en , Bo Widerberg, qui a à peine étudié, n’a pas la chance de faire une école de cinéma. Critique pour le journal Expressen à Stokholm, mais aussi romancier, il entre en cinéma par l’écriture. En 1962, la publication de l’anthologie de ses critiques de cinéma fait des vagues. Dans cette Vision du cinéma suédois, il dénonce la domination de l’industrie cinématographique ainsi que le culte voué à Ingmar Bergman. Bien qu’il apprécie Jeux d’été et Un été avec Monica, il critique l’approche trop métaphysique, selon lui , du cinéma de Bergman. Sensible au caractère sensuel et spontané des films de la Nouvelle Vague, Widerberg cherche à s’en inspirer pour « libérer » le cinéma suédois. Truffaut, Godard, Demy, mais encore Cassavetes, comptent parmi ses sources d’inspiration. Il aimerait aussi faire entrer dans le cinéma les préoccupations des classes populaires, dont il est issu.

Le premier film de Widerberg, réalisé en 1961, est un court métrage destiné à la télévision : Le Petit Garçon et le Cerf-volant. Le deuxième, Le Péché suédois, est présenté à la Semaine de la Critique à Cannes en 1963. Widerberg tourne ensuite Le Quartier du corbeau, Amour 65, Heja Roland !, Elvira Madigan, Adalen 31 soit une douzaine de films en tout, entre 1963 et 1995, dont les thématiques (sociales et politiques) et le ton (satirique et provocateur) ne passent pas inaperçus.
Le Quartier du Corbeau est sélectionné pour les en 1964. Adalen 31 obtient le grand prix du jury à Cannes en 1969. Joe Hill, à Cannes toujours, reçoit le prix spécial du jury. La Beauté des choses est nominé aux Oscar pour le meilleur film en langue étrangère, en 1995. Ces succès assurent à Widerberg une notoriété internationale incontestable, qui toutefois ne l’élève jamais, dans l’histoire du cinéma, au-dessus du maître et adversaire Ingmar Bergman.

Depuis 2014, une rétrospective Bo Widerberg est lancée, qui devrait mettre le cinéaste suédois au goût du jour, et de certains.  Adalen 31, Le Péché suédois et Elvira Madigan ont déjà été remastérisés et édités en DVD (disponibles ici). À partir de mars 2015, ce sont aux tours de Quartier du corbeau (1964), Amour 65 (1965) et Joe Hill (1971) de sortir dans les salles françaises.

Le Quartier du Corbeau (1964) dans les salles dès mars 2015 (critique ici)

Amour 65 (1965) dans les salles dès mars 2015 (critique ici)

 

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Léa Triomphe

Cet article a été rédigé par Léa Triomphe, Rédactrice de Critique Film.fr