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Critique : Le Congrès

affiche

Etats-Unis : 2013
Titre original :
Réalisateur :
Scénario : Ari Folman
Acteurs : , , ,
Distribution : ARP Sélection
Durée : 2h
: Science-Fiction, Animation
Date de sortie : 03 juillet 2013

3,5/5

Attention OFNI. L’ouverture de la sélection La du 66e s’est faite avec le  nouveau film d’Ari Folman. Le monsieur est à l’origine du somptueux Valse avec Bachir sorti en 2008, on se dit qu’on peut courir les yeux fermés voir son nouvel opus et pour cause.

Synopsis : Robin Wright (dans son propre rôle), se voit proposer par la Miramount d’être scannée numériquement, pour pouvoir librement exploiter son image au cinéma. 20 ans plus tard, Robin Wright est l’invitée d’honneur du Congrès de la Miramount Nagasaki qui présente sa dernière invention: vivre son film sur demande, sur simple prescription…

anim

Expérimental et analytique

Le Congrès raconte l’histoire de Robin Wright, l’actrice, qui joue ici son propre rôle. Tombée en désuétude, on lui propose la solution miracle pour continuer d’exister à jamais sans plus avoir à jouer. Le film et son interprète principale sont culottés : déjà parce qu’ils écornent l’image d’un star system plein de paillettes et élevant ses icônes. Robin Wright est présentée (à juste titre d’ailleurs) comme une starlette vieillissante qui n’a pas connu de succès cinématographique depuis bien des années, et se contente d’enchaîner les mauvais choix de carrière depuis un temps. Non seulement ce désaveux est fait dés le début mais en plus le film casse le schéma traditionnel de l’industrie hollywoodienne et de sa toute puissance, pour n’en garder que ses aspects les moins glorieux et les plus propices à la caricature. Cette longue partie d’introduction filmée en live est vraiment passionnante dans son approche « making-of » d’une industrie présentée comme moribonde.

À partir du scan de l’actrice, le réalisateur va faire un choix surprenant en effectuant un bon de 20 ans dans le futur, et faisant évoluer sa façon de construire ce film. C’est la société toute entière qui est tombée en décadence et pour vendre du rêve l’industrie du cinéma s’est transformée en industrie chimique cherchant à appliquer son précepte au premier degré : la population est prise au piège dans une sorte de rêve éveillé où le monde se vit au-travers d’un cartoon psychédélique, chacun choisissant qui il veut être selon ses propres aspirations. Visuellement, Ari Folman change son fusil d’épaule et offre au spectateur le même type de délire que cette société futuriste fait vivre à ces adeptes : un trip halluciné sorte de film animé new age avec des couleurs tout droit sorties des années 70. Malheureusement le scénario devient de même moins intéressant : la nature même de la mise en scène choisie est propice à toute forme d’expérimentation et le réalisateur ne va pas se gêner pour pousser sa technique dans ses derniers retranchements, quitte à perdre le spectateur dans les divers strates hallucinogènes vécues pas Robin Wright. Et les enjeux sont de même appauvris : d’étude sur la condition des acteurs et analyse de la décadence d’un système culturel, on passe à des enjeux familiaux, le fils malade de Robin devenant le centre de l’attention. Il n’y a plus d’analyse juste un terrain d’expérimentation et de délires autour d’un choix purement esthétique. La fin atteint même un niveau de métaphysique déconcertant quand le début était si pragmatique. L’évolution d’une façon de pensée ? En tout cas le style est confondant, même si Le Congrès demeure une perle rare d’inventivité.

robin

 

Résumé

Un vivier de bonnes idées, notamment dans sa première partie très critique d’un système et réaliste à la fois. Dommage que le réalisateur s’égare par la suite sur des considérations familiales et métaphysiques.
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Auteur

Nicolas B

Cet article a été rédigé par Nicolas Balazard, Responsable adjoint de Critique Film. Twitter : @NicoBalazard