Critiques de films Drame — 10 juin 2011
Into the Wild

Into the WildInto the Wild

USA : 2007
Titre original : Into the Wild
Réalisateur :
Scénario : Sean Penn
Acteurs : , , ,
Production : Pathé Distribution
Durée : 2h16
Genre : Drame, Aventure
Date de sortie : 8 janvier 2008

Réalisation :  [rating:5.0]
Scénario :      [rating:4.0]
Acteurs :        [rating:5.0]
Musique :      [rating:4.0]
Globale :        [rating:4.5]
[five-star-rating]

10 ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Sean Penn pour réaliser Into the wild. 10 ans pour lire le livre de Jon Krakauer basé sur l’histoire vraie de Christopher Johnsson McCandless, pour réclamer les droits d’auteur auprès de sa famille et enfin, 8 mois pour retracer l’histoire sans en faire un documentaire. C’est le quatrième long-métrage de Sean Penn et il se divise en cinq étapes de la vie d’un homme : la renaissance, l’adolescence, l’âge adulte, la famille et l’accès à la sagesse.

Synopsis : Oppressé par la civilisation qu’il dit « empoisonnée », Christopher McCandless, un jeune étudiant de 22 ans plein d’avenir, décide tout quitter pour partir en quête du bonheur qu’il pense trouver au sein de la nature. C’est donc après avoir brûlé ses papiers, ses billets et envoyé ses économies à une œuvre caritative qu’il fuit la société pour s’immerger en pleine nature. A travers son périple de deux ans, il croisera des personnalités aussi extravagantes les unes que les autres qui l’aideront à accomplir son rêve : trouver refuge en Alaska.

Into the Wild La détermination de Christopher pour cette nature qu’il aime tant

«Sans cesser d’aimer l’homme, j’aime la nature», cette citation de Lord Byron annoncée au début dInto the wild semble parfaitement correspondre à Christopher qui a atteint son objectif : l’Alaska. Il est arrivé, enfin. Tandis que «I now walk into the wild» s’inscrit doucement à l’écran, celui qui s’appelle dorénavant Alexander Supertramp se dirige avec impatience vers son «Magic Bus». Nous sommes en Alaska, en 1992, c’est l’été et pourtant la neige est tombée et « Guaranteed » retentit, la chanson d’Eddie Vedder (chanteur de Pearl Jam) nommée aux oscars en 2008 dans la catégorie meilleure bande-originale. L’histoire du périple de Supertramp peut être racontée.

Dès le début d’Into the wild, Sean Penn cerne le personnage : Christopher McCandless est un homme bien éduqué mais en marge de la société, charismatique, cultivé et conscient de la misère humaine ; ce qui fait de lui un héros des temps modernes, puisqu’il ne reste pas inactif. En effet, Christopher qui est destiné à suivre des lois conformistes et matérialistes échange ses billets contre un filet de pêche et retourne à l’origine primitive de l’homme. C’est en fuyant qu’il s’exprime. Tout au long du film, sa détermination devient plus forte : il est persuadé que le bonheur et la liberté se trouvent en pleine nature, loin de la civilisation empoisonnée. On comprend vite le but du personnage principal : se forger sa propre conception du bonheur qu’il pense accomplir seul.

L’ambition du réalisateur était de filmer l’infiniment grand, tout en étant proche de Chris, tout en sentant son souffle, sa peur, ses joies, … et c’est ce qu’il fait grâce aux gros plans. C’est réussi, car Sean Penn parvient à faire partager au spectateur avec émotion les joies, les galères, les déceptions et les désillusions de Supertramp. Ça reste crédible, l’histoire est à la fois vraie et authentique, sans parler du surpassement du personnage qui est joué avec justesse et intensité. Quant au trouble, au désespoir et à la souffrance, tout est dégagé avec harmonie. Tandis que la sœur du personnage, Carrie, décrit en voix OFF «l’après Chris» dans la famille, (une situation que le père décrit comme un « coma artificiel ») Alexander lui, s’exprime aussi de cette manière, mais uniquement pour paraphraser ses idoles (Tolstoï, Gogole, London,…). C’est une bonne idée de la part du metteur en scène qui, dans Into the wild, veut mettre en valeur la complicité du frère et de la sœur et montrer la situation du héros par des citations. On comprend vite le message : à travers les flashbacks qui exposent les disputes familiales, Alexander ne veut fuir que l’hypocrisie et le mensonge qui l’ont entouré toute sa vie. Le montage est ainsi bien ficelé et ne perd jamais le spectateur. La nature, quant à elle, jouera un double rôle au sein de l’épopée de Christopher : elle le protègera et lui rendra sa liberté mais c’est aussi elle qui le prendra au piège

Into the Wild Une religion omniprésente

La religion est partout, tout en étant subtile. Into the wild n’est pas une apologie du christianisme, juste une mise en scène ayant pour but de montrer les valeurs des familles américaines : Dieu est bien présent dans leurs vies. Par les images et le scénario, Sean Penn (The Game, Harvey Milk, The Tree of Life) intègre des idées religieuses qui entouraient Christopher McCandless : des plans de coupes d’églises aux prières incessantes des parents de Christopher (qui souffrent, on peut comprendre pourquoi tant de spectateurs qualifient Christopher d’homme égoïste) ou bien encore du «God is love» sur le Mont du Salut…

Et même, peu à peu, Alexander ressemble au christ, avec ses cheveux ébouriffés, son corps maigrelet (Emile Hirsch a perdu 18 kilos pour le film) sa conception de l’homme, son envie de les changer et évidemment son idée de purification : «c’est l’ultime aventure pour combattre l’usurpateur qui est en moi, accomplissant ainsi la révolution spirituelle» annonce Supertramp. Il se sent salit et le spectateur comprend qu’à travers ce voyage, Supertramp cherche à purger son esprit. Même si ca reste suggéré, la religion est un peu trop montrée et prend une place beaucoup trop importante au sein d‘Into the wild.

Into the Wild Des personnages aussi authentiques qu’extravagants

Considéré comme clandestin aux yeux des hommes civilisés, Alexander rencontrera tout au long de son périple des personnages attachants qui l’aideront à accomplir ses rêves. Sean Penn a écrit son scénario à partir de vrais témoignages des personnes qu’il a rencontré. A commencer par Jan et Rainey, des hippies qui vont prendre Christopher sous leurs ailes. Ce sont également Wayne (le fermier), les danois marginaux ou encore Ron, le veuf retraité qui, grâce à leurs histoires et au partage de leur expérience, l’aideront à se forger sa propre conception du bonheur.

Le vrai Christopher était sans doute plus égocentrique que le personnage dans le film, qui a été adouci : il pense n’avoir besoin de personne pour être heureux mais c’est à la fin de son périple qu’il se rend compte que les moments où il a été le plus heureux étaient lorsqu’il était entouré de tous les personnages qui l’aimaient, et qui ont fait de lui un être pur. Des personnages aux personnalités intéressantes et aux histoires hors du commun que les acteurs parviennent parfaitement à interpréter. Coup de cœur également pour qui réussit à faire passer une intense émotion lorsqu’elle annonce la perte d’un être cher : l’instinct maternel est suggéré sans aller trop loin.

Résumé :

«On doit vivre nos rêve et non rêver sa vie» c’est sur cette citation que Sean Penn a voulu faire réfléchir les spectateurs concernant leur propre destin. On admire le voyage extraordinaire de Christopher McCandless, on applaudit son courage, on idolâtre son évasion, … La performance d’Emile Hirsch, jeune acteur à qui on promet un bel avenir, est remarquable et bouleversante. Sean Penn en est à l’apogée de son talent et sait nous éblouir avec une morale profonde et universelle. On rit, on pleure, on sourit et on voudrait que le film dure encore plus longtemps.

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Julie

Cet article a été rédigé par Julie D'Harlingue, Rédactrice de Critique Film.

(2) Readers Comments

  1. Avatar

    Le film m’avait bouleversée au cinéma. Un vrai petit bijou qui fait réfléchir mais peut effectivement mettre mal à l’aise ou déranger. perso, j’avais un cahier sur lequel j’avais marqué quelques unes des citations du film, elles sont magnifiques!

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