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Cannes 2017 : Wonderstruck (Le musée des merveilles)

Le musée des merveilles

Etats-Unis, 2017
Titre original :
Réalisateur : 
Scénario : Brian Selznick
Acteurs : Oakes Fegley,
Distribution : Metropolitan Film Export
Durée : 1h57
Genre :
Date de sortie : 15 novembre 2017

3/5

Sélection officielle – En compétition

Wonderstruck est adapté d’un livre de Brian Selznick, qui signe d’ailleurs le scénario pour la mise à l’écran. Auteur de Hugo (Cabret), adapté il y a quelques années par Martin Scorsese, l’auteur se met encore à hauteur d’enfants. Todd Haynes, dont le Carol était en compétition il y a deux ans, se charge de transposer en images un récit qui avait la particularité d’être en écrit en prose pour une certaine époque (la fin des années 1970) et d’être dessiné pour une autre (la fin des années 1920). Un stratagème plutôt plaisant, comme nous allons le voir, mais un film qui a tendance à s’épuiser sur sa durée.

Synopsis officiel : sur deux époques distinctes, les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu’il n’a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d’une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

Todd Haynes définit son film d’acid trip for kid. Peut être parce que, comme  en début d’année, le long-métrage arrive à proposer une histoire grave, en témoigne un protagoniste qui semble porter tout le poids du monde sur son dos, impeccablement interprété par le jeune Oakes Fegley (Peter Eliott et le dragon). Le film est basé sur deux histoires parallèles : d’un côté, un jeune garçon des années 70 devenu sourd, de l’autre une jeune fille des années 20 sourde aussi, mais elle depuis sa naissance.

Tout deux vont déambuler dans New-York, ce qui donne l’occasion au cinéaste d’utiliser de nombreux procédés, surtout sonores, et il faut le dire très réussis et immersifs, pour nous immerger dans la perception qu’ont du monde ces deux enfants. Une perception particulière de par leur âge, mais surtout de par leur handicap. Ainsi, si la partie des années 70 nous fait ressentir la crasse et la dangerosité de la ville alors – ou du moins l’image que l’on s’en fait, je pense à raison-, celle des années 20 nous présente une big apple tout droit sorti des grands classiques muets. Autre procédé utilisé : pour répondre aux questions du héros, Haynes va l’espace d’une scène passer au cinéma en stop-motion. Les deux histoires sont reliées entre elles, sans autre liens apparents que la similitude des (mes)aventures de ses deux héros, par des événements miroirs. Ainsi, d’un côté, les stars dont rêve le jeune Ben sont les étoiles du ciel ; de l’autre il s’agit des vedettes de Hollywood muet. Vedettes personnifiées en la mère de l’héroïne, incarnée par la toujours impeccable Julianne Moore, qui n’en est pas à son premier film avec Haynes. Malheureusement, les deux histoires vont être raccordés entre elles de manière assez maladroite, et le film va alors prendre une tournure beaucoup plus tire-larmes. On passe à un film moins dur avec ses héros, et on abandonne la réflexion tissée en filigrane sur l’histoire du cinéma pour une histoire familiale plutôt classique et qui semble arriver comme un cheveu sur la soupe.

Conclusion

Heureusement, l’environnement sonore du film, tout comme son sound design, sont vraiment réussies, et on quitte le film avec un remix disco d’Ainsi parlait Zarathoustra. Cela n’empêche pas que les bons sentiments inondent la fin du récit, ce qui fait passer un long-métrage alors jusque là plutôt maîtrisé à un mélo bon enfant, comme si l’acid trip for kid, pour reprendre les mots du réalisateur, était devenu un simple bonbon acidulé. 

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Auteur

Nicolas Santal

Cet article a été rédigé par Nicolas Santal, rédacteur de Critique-film.fr