Comédie Critiques de films Drame — 11 septembre 2017
Critique : un beau soleil intérieur


France : 2017
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , Claire Denis
Acteurs : , Xavier Beauvois,
Distribution :
Durée : 1h34
Genre : drame, comédie
Date de sortie : 27 septembre 2017

1/5

C’est après avoir été assistante, entre autres, de Robert Enrico, de Costa-Gavras et de Wim Wenders que Claire Denis, en 1988, a réalisé Chocolat, son premier long métrage. Alors que sa filmographie est plutôt imposante, Un beau soleil intérieur, film d’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs 2017, est en fait sa première comédie. L’occasion de constater si cette réalisatrice est faite, ou non, pour ce genre trop souvent mésestimé et beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.

Synopsis : Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour.
.

La recherche du grand amour

Inspiré, parait-il, de « Fragments d’un discours amoureux » de Barthes (Roland, pas Yann !), Un beau soleil intérieur suit le parcours dIsabelle, une belle femme proche de la cinquantaine, artiste, divorcée, mère d’un enfant et à la recherche du grand amour. C’est dans une scène de sexe avec Vincent qu’on la rencontre pour la première fois, une scène qui, d’entrée de jeu, donne le ton du film : très longue, trop longue, une scène où on sourit à peine lorsque Isabelle s’impatiente du temps que met son partenaire pour arriver à jouir.

Ce Vincent est un banquier, marié et odieux, un homme qui trouve sa maîtresse super mais affirme qu’il ne quittera jamais sa femme, qu’il trouve « chiante » mais également extraordinaire. Des hommes, on va en voir défiler auprès d’Isabelle, depuis un acteur sur le point de se séparer de sa femme jusqu’à Mathieu, un homme qu’elle croise chez un poissonnier, en passant par François, son ancien mari, avec qui il lui arrive de recoucher de temps en temps. Et d’autres, encore.

Une comédie ?

Qu’y a-t-il de plus triste qu’un film qui se veut drôle et dans lequel on ne rit jamais ? Ce film est-il une satire d’un certain milieu très parisien (une scène tournée à la campagne, dans la Creuse, pourrait le laisser penser) ou cherche-t-il à en donner un reflet sans vraiment chercher à le dénoncer, on n’arrive pas à le savoir ? Comme on n’arrive pas à savoir si ce film cherche ou non à se moquer des femmes ? Ou des hommes ? Tout du long, c’est extrêmement bavard, très creux, très ennuyeux. Le sélectionneur de la Quinzaine, Edouard Waintrop, avait indiqué « Ça fera du bien en ce moment de sourire et de rire devant un écran de cinéma et on le fera donc dès l’ouverture de la Quinzaine ». Pour atteindre cet objectif, franchement, c’est Otez moi d’un doute qu’il fallait mettre en ouverture !

Dans cet océan d’ennui, il y a quand même 2 moments à sauver. Tout d’abord, lorsque Fabrice, un ami galeriste d’Isabelle, lui conseille de trouver un compagnon de sa classe, de son niveau : une scène beaucoup moins creuse que le reste du film. Ensuite, l’apparition de , dans le rôle d’un radiesthésiste adepte du « lâcher prise » et  qui arrive à faire croire à Isabelle qu’il a un don.

Les comédien(ne)s, malgré tout !

Cela peut paraître surprenant, mais dans ce film que l’on considère comme raté, les comédiens et les comédiennes arrivent quand même à briller. Cela est particulièrement vrai concernant Juliette Binoche, rayonnante et spontanée dans le rôle d’Isabelle. Autour d’elle, un casting royal avec Xavier Beauvois, , , Philippe Katerine, Josiane Balasko, , , et, bien sûr, Gérard Depardieu.

Pour la musique du film, qui, cette fois ci, lorgne plutôt vers le jazz, on retrouve , le leader du groupe Tindersticks, qui compose pour Claire Denis depuis 1996. On notera que la partie bucolique du film a été tournée près de La Souterraine, dans la Creuse, là où Stuart Staples réside avec sa famille.

Conclusion

Dans l’introduction, on se demandait si Claire Denis allait faire preuve, pour sa première comédie, d’un talent particulier pour ce genre. Malheureusement, il nous faut admettre que non ! Malgré tout, on se doit de louer le talent des comédien(ne)s qui arrivent quand même à briller. En particulier Juliette Binoche, extraordinaire dans le rôle d’Isabelle.

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Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles