Venise 2021 : Bong Joon-ho président

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© 2019 AFP / Festival de Cannes Tous droits réservés

L’année dernière, le était passé en quelque sorte entre les gouttes de la pandémie planétaire. Contrairement à son pendant cannois qui avait dû compter sur la générosité de festivals partenaires pour projeter sa sélection et à la prochaine Berlinale, elle aussi contrainte de recourir à un mode de fonctionnement hybride, la 77ème édition de la Biennale avait pu se dérouler à peu près normalement en septembre dernier. Son directeur Alberto Barbera espère visiblement que le prochain festival se déroulera sous la même bonne étoile sanitaire, puisqu’il a annoncé ce jour le nom du président du jury de cette 78ème édition, qui est censée se dérouler du mercredi 1er au samedi 11 septembre 2021.

Il s’agit du réalisateur sud-coréen fraîchement oscarisé qui succédera à l’actrice australienne Cate Blanchett. Le jury de cette dernière avait attribué le Lion d’or au drame social américain Nomadland de Chloé Zhao, bien positionné pour décrocher au moins quelques nominations pour la prochaine cérémonie des Oscars.

© 2020 Academy of Motion Picture Arts and Sciences Tous droits réservés

Plutôt un habitué de la Croisette que du Lido, Bong Joon-ho (* 1969) avait présenté son troisième long-métrage The Host à la Quinzaine des réalisateurs en 2006. Trois ans plus tôt, son thriller très sombre Memories of Murder avait fait sensation et permis au cinéma sud-coréen de devenir le secret de moins en moins gardé des cinéphiles avisés.

Après deux passages successifs par la sélection Un certain regard avec le film à épisodes Tokyo également réalisé par Michel Gondry et Leos Carax et Mother, puis une première incursion dans le cinéma anglophone avec Snowpiercer Le Transperceneige, Bong avait participé à la compétition du Festival de Cannes en 2017 avec la production Netflix Okja. Et deux ans plus tard, il y avait donc décroché la récompensé suprême, grâce au jury présidé par le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu. Entre-temps, en 2011, il avait été le président du jury de la Caméra d’or, attribué cette année-là au film argentin Les Acacias de Pablo Giorgelli.

En dehors du sacre quasiment unanime de Parasite, qui avait valu à Bong Joon-ho entre autres trois Oscars (Meilleur Film, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario original), la Palme d’or, le César du Meilleur Film étranger, le prix du Meilleur réalisateur des critiques de Los Angeles et le prix du Meilleur scénario des scénaristes américains, il avait gagné la Coquille d’argent du Festival de San Sebastian et le Grand Prix du Festival du Film policier de Cognac pour Memories of Murder.

Parasite © 2019 CJ Entertainment Corporation / Barunson E & A / The Jokers Films / Les Bookmakers Tous droits réservés

Le prochain président du jury de Venise a beau être le premier représentant sud-coréen à ce poste prestigieux, il est le quatrième artiste asiatique à surveiller les délibérations sur les meilleurs films en compétition, après l’actrice chinoise Gong Li en 2002, le réalisateur chinois Zhang Yimou en 2007 et son confrère taiwanais Ang Lee deux ans plus tard. En comparaison, à Cannes, il n’y en a eu que deux : le poète japonais Tetsuro Furukaki en 1962 et le réalisateur hong kongais Wong Kar-Wai en 2006. De même, à peu près, à Berlin avec Gong Li en l’an 2000 et Wong Kar-Wai en 2013, ainsi que la réalisatrice indienne Mira Nair en 2002.

Enfin, Bong Joon-ho n’est pas le premier réalisateur oscarisé appelé à présider le jury italien, puisqu’il succède à Ang Lee (Le Secret de Brokeback Mountain), Alfonso Cuaron (Gravity), Sam Mendes (American Beauty) et Guillermo Del Toro (La Forme de l’eau). Ce dernier avait d’ailleurs été nommé à la présidence la même année que sa consécration hollywoodienne, alors que son confrère sud-coréen avait dû attendre près de deux ans. Quant à Bernardo Bertolucci (Le Dernier empereur) et Roman Polanski (Le Pianiste), ils étaient passés par la case « Venise » avant d’être célébrés par l’Académie du cinéma américain, tandis que Jane Campion (La Leçon de piano) et Quentin Tarantino (Pulp Fiction) avaient dû se contenter de l’Oscar du Meilleur scénario.

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