Venise 2017 : Lions d’honneur à Fonda & Redford

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Le reste en mode américain cette année, puisque après l’annonce au début du mois de la présidente du jury, l’actrice américaine Annette Bening, et celle du film d’ouverture il y a deux jours, de Alexander Payne avec Matt Damon et Christoph Waltz, la direction de la Biennale a communiqué ce jour les noms des lauréats des deux Lions d’or d’honneur. Il s’agit de l’actrice américaine et de l’acteur et réalisateur américain , qui recevront leurs prix respectifs lors d’une cérémonie spéciale le vendredi 1er septembre. Le 74ème Festival de Venise aura lieu cette année du 30 août au 9 septembre.

Les deux heureux élus, de véritables monstres sacrés du cinéma hollywoodien depuis plus d’un demi-siècle, n’ont pas été choisis au hasard, puisqu’ils viendront sur le Lido afin d’y présenter leur nouveau film commun, la production Netflix de Ritesh Batra, le réalisateur indien de The Lunchbox, qui avait été présenté à la Semaine de la Critique à Cannes en 2013. C’est la quatrième fois qu’ils partagent l’affiche, après La Poursuite impitoyable de Arthur Penn en 1966, Pieds nus dans le parc de Gene Saks l’année suivante et Le Cavalier électrique de Sydney Pollack en 1979. Depuis que le Lion d’honneur est décerné de façon régulière en 1985 et qu’au moins deux professionnels du cinéma sont honorés de la sorte la même année, c’est seulement la deuxième fois que tous les lauréats sont américains, après la monteuse Thelma Schoonmaker et le réalisateur de documentaires Frederick Wiseman il y a trois ans. Jane Fonda est la première actrice américaine à recevoir la récompense suprême du prestigieux festival italien, rejoignant ses consœurs venues de l’Italie Claudia Cardinale, Monica Vitti, Alida Valli, Sophia Loren et Stefania Sandrelli ou de France Jeanne Moreau et Michèle Morgan.

Issue d’une famille qui compte trois générations de comédiens dans ses rangs, entre son père Henry Fonda, son frère Peter Fonda et sa nièce Bridget Fonda, Jane Fonda (*1937) a rapidement su s’imposer à l’écran et en dehors. Dès les années 1960, elle a ainsi joué dans des films aussi mémorables que La Rue chaude de Edward Dmytryk, Les Félins de René Clément, Cat Ballou de Elliot Silverstein, Que vienne la nuit de Otto Preminger, le classique de l’éros-fiction Barbarella de son mari de l’époque Roger Vadim et On achève bien les chevaux de Sydney Pollack. A la même époque, elle s’était attirée les foudres des conservateurs américains en s’opposant ouvertement à la guerre du Vietnam. La décennie suivante, elle était devenue l’une des actrices les plus influentes de la scène filmique internationale, grâce à Klute et Le Souffle de la tempête de Alan J. Pakula, Tout va bien de Jean-Luc Godard, Maison de poupée de Joseph Losey, L’Oiseau bleu de George Cukor, Touche pas à mon gazon de Ted Kotcheff, Julia de Fred Zinnemann, Retour de Hal Ashby, California Hôtel de Herbert Ross et Le Syndrome chinois de James Bridges. Après avoir ralenti la cadence dans les années ’80, n’apparaissant alors que dans Comment se débarrasser de son patron de Colin Higgins, Une femme d’affaires de Alan J. Pakula, La Maison du lac de Mark Rydell, Agnès de dieu de Norman Jewison, Le Lendemain du crime de Sidney Lumet, Old gringo de Luis Puenzo et Stanley et Iris de Martin Ritt, ainsi que dans des vidéos d’aérobic hautement lucratives, elle abandonne les écrans pendant quinze ans pour se consacrer à son mariage avec l’entrepreneur audiovisuel Ted Turner. Son véritable grand retour se fait encore attendre, à cause de ses comédies modestes comme Sa mère ou moi de Robert Luketic, Et si on vivait tous ensemble de Stéphane Robelin et C’est ici que l’on se quitte de Shawn Levy, et malgré un second rôle remarqué dans Youth de Paolo Sorrentino et sa série à succès, également produite par Netflix, « Grace and Frankie » aux côtés de Lily Tomlin, dont la troisième saison a été mise en ligne au printemps dernier. Jane Fonda a été nommée sept fois à l’Oscar et l’a gagné à deux reprises pour Klute et Retour. Elle vient d’être nommée pour la cinquième fois à l’Emmy, pour « Grace and Frankie » et parmi d’innombrables autres récompenses, elle a reçu une Palme d’or d’honneur en 2007 et le prix honorifique de l’American Film Institute en 2014.

La filmographie de Robert Redford (*1936) est au moins tout aussi impressionnante. Il n’est en effet pas seulement un acteur de renom, mais également un réalisateur et producteur hautement estimé par ses pairs. Devant la caméra, après des débuts à la télévision, il s’est imposé dans des films comme Daisy Clover de Robert Mulligan, Propriété interdite, Jeremiah Johnson, Nos plus belles années et Les Trois jours du Condor de Sydney Pollack, Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill, Votez McKay de Michael Ritchie, L’Arnaque de George Roy Hill – Oscar du Meilleur Film en 1974 –, Gatsby le magnifique de Jack Clayton, Les Hommes du président de Alan J. Pakula, Un pont trop loin de Richard Attenborough et Brubaker de Stuart Rosenberg. En 1980, il met en scène son premier film, Des gens comme les autres – Oscars du Meilleur Film et du Meilleur réalisateur en 1981 –, et alterne désormais entre son activité de réalisateur, avec Milagro, Et au milieu coule une rivière, Quiz show, L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, La Légende de Bagger Vance, Lions et agneaux, La Conspiration et Sous surveillance, et d’acteur avec entre autres Le Meilleur de Barry Levinson, Out of Africa – Oscar du Meilleur Film en 1986 – et Havana de Sydney Pollack, Les Experts de Phil Alden Robinson, Proposition indécente de Adrian Lyne, Spy games de Tony Scott, Le Dernier château de Rod Lurie, Une vie inachevée de Lasse Hallstrom, All is lost de J.C. Chandor, Captain America Le Soldat de l’hiver des frères Russo, Truth Le Prix de la vérité de James Vanderbilt, Peter et Elliott le dragon de David Lowery et la production Netflix The Discovery de Charlie McDowell. En tant que producteur, il est le créateur du célèbre festival de Sundance, qui met en avant le cinéma américain indépendant depuis 1985. Nommé quatre fois à l’Oscar et oscarisé pour la réalisation de Des gens comme les autres, Robert Redford a reçu un Oscar d’honneur en 2002. Il a reçu le prix honorifique de la Screen Actors Guild en 1996.

https://youtu.be/_KRIMhehOLs

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