Test DVD : Le Sixième enfant

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Le Sixième enfant

France : 2022
Réalisation : Léopold Legrand
Scénario : Léopold Legrand, Catherine Paillé d’après le roman « Pleurer des rivières » de Alain Jaspard
Acteurs : Sara Giraudeau, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla
Éditeur : Pyramide Vidéo
Durée : 1h28
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 28 septembre 2022
Date de sortie DVD : 7 février 2023

Franck, ferrailleur, et Meriem ont cinq enfants, un sixième en route, et de sérieux problèmes d’argent. Julien et Anna sont avocats et n’arrivent pas à avoir d’enfant. C’est l’histoire d’un impensable arrangement.

Le film

[4/5]

Entre le désarroi de couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfant et le désarroi de femmes se retrouvant enceintes sans l’avoir désiré, que de drames humains liés à la maternité et au désir ou non de se retrouver parent ! Que de films aussi : une semaine avant la sortie en salles de Le sixième enfant, film sur une femme prête à tout pour avoir un enfant qu’elle puisse élever, était sorti l’excellent Ninjababy (Quelle erreur dans le choix de ce titre qui a dû détourner de nombreux spectateurs d’un film à la vision duquel ils se seraient régalés !) sur une jeune femme qui ne prend conscience de son état qu’au sixième mois de grossesse. Et on peut même ajouter, sorti au même moment,  Les enfants des autres  sur une quadragénaire qui n’a jamais eu d’enfant mais qui s’attache à la fille de 4 ans de son nouveau compagnon.

Premier long métrage de Lépold Legrand, cette adaptation de « Pleurer des rivières », un roman de Alain Jaspard, met en scène 2 couples que tout sépare : le milieu dans lequel ils vivent, les moyens financiers et la facilité ou non de procréer. Meriem et Franck font partie de la communauté des gens du voyage, leurs ressources financières sont très faibles, ils ont 5 enfants et Meriem en attend un sixième ; Anna et Julien sont avocats, ils n’ont pas de problème d’argent et, malgré tous leurs efforts, Anna n’arrive pas à mener une grossesse à terme. Pour un écrivain ou un scénariste, le métier d’avocat a l’avantage de permettre facilement la rencontre de personnes venant de milieux très différents : Julien est devenu l’avocat de Franck et, après que Julien ait réussi à obtenir un sursis pour Franck, Franck et Meriem n’envisagent rien moins que de « vendre » ce 6ème enfant à venir qu’ils auront toutes les peines du monde à élever à ce couple qui se désespère de ne pas pouvoir avoir d’enfant et chez qui l’enfant à venir serait choyé et bien éduqué. Le film va passer par de nombreuses situations intéressantes qu’il serait dommage de divulgâcher. De même, on ne rentrera pas dans les détails de ce qu’on pense être des invraisemblances car préciser ces quelques invraisemblances en dirait trop sur le cheminement de l’histoire. On se contentera de constater que ce sont les 2 femmes qui, ensemble, envers et contre tout, prennent les choses en main et que Meriem et Anna sont interprétées par 2 des meilleures comédiennes de notre pays, Judith Chemla et Sara Giraudeau. Quant à Damien Bonnard et Benjamin Lavernhe, les interprètes de Franck et Julien, ils sont tout autant excellents.

Le DVD

[4/5]

Pyramide Vidéo a fait du bon travail sur ce DVD, la qualité visuelle de ce DVD ne souffrant d’aucun défaut particulier. Côté son, on peut choisir entre 5.1 et 2.0 selon son niveau d’équipement. Par ailleurs, une audiodescription est disponible ainsi qu’un sous-titrage pour sourds et malentendants.

Sur ce DVD, on note la présence de trois suppléments. Le premier, d’une durée de 17 minutes, est un entretien avec l’équipe du film, c’est-à-dire avec le réalisateur et les 4 interprètes principaux. On y apprend bien sûr un certain nombre de détails sur la genèse du film, comme, par exemple, le fait que le réalisateur n’avait aucune idée de l’identité des interprètes lors de l’écriture de la première mouture du scénario et que ce scénario a quelque peu évolué après le choix du casting. Le deuxième, d’une durée de 8 minutes, nous amène à Angoulême lors de la remise des prix au Festival du cinéma francophone 2022 et nous permet d’assister à deux moments émouvants : la remise du Valois du scénario à Léopold Legrand et la remise du Valois de la meilleure actrice à Judith Chemla et Sara Giraudeau. A noter que ce film avait également obtenu à Angoulême le Valois du public et celui de la musique, composée par Louis Sclavis. Le troisième supplément est un excellent court métrage de 14 minutes réalisé en 2018 par Léopold Legrand et intitulé Mort aux codes. A la fois drôle et tragique, cette adaptation d’une nouvelle écrite par Patrick Pelloux et tirée d’une histoire vraie raconte les problèmes rencontrés par une équipe du SAMU, interprétée par Olivier Rabourdin, Slimane Dazi et Marouan Iddoub, pour intervenir auprès d’une personne entre la vie et la mort : la recherche exagérée de la sécurité sous forme de codes qu’il faut entrer pour ouvrir des portails et des portes ou pour faire fonctionner des ascenseurs arrivant à générer une grande insécurité lorsque, par exemple, la vie d’un individu dépend de la vitesse d’intervention d’une équipe de secours. Comme le suggère la dernière réplique du film, particulièrement sarcastique, « On a les codes du trottoir ? », lorsque l’équipe se dirige vers une nouvelle personne en détresse, mieux vaut peut-être avoir un malaise important dans la rue, sur un trottoir, plutôt que chez soi !

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