Test DVD : La femme au tableau

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WOMAN IN GOLD

 

La femme au tableau DVDGrande-Bretagne : 2015

Titre original : Woman in Gold
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h45
Genre : drame
Date de sortie cinéma : 15 juillet 2015
Date de sortie DVD : 18 novembre 2015

 

Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, Randol Schoenberg, jeune avocat de Los Angeles, est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette octogénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de , exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire.

HELEN MIRREN stars in WOMAN IN GOLD

Le film

[3.5/5]

D’abord metteur en scène au théâtre, puis producteur et réalisateur pour la télévision, le britannique Simon Curtis n’a fait ses premiers pas de réalisateur de cinéma qu’en 2011, âgé de 50 ans, avec My Week with Marilyn. La femme au tableau est son deuxième film de cinéma et, de nouveau, il est inspiré par l’histoire véridique d’un personnage féminin. Cette histoire vraie, c’est celle de Maria Altmann, née Maria Bloch, une autrichienne aux origines juives qui fut contrainte de fuir son pays en 1938, suite à l’invasion de l’Autriche par les nazis, et qui vécut le reste de sa vie en Californie. La femme au tableau raconte deux épisodes marquants de la vie de cette femme. Tout d’abord, un épisode de six années dont l’action commence en 1998 lorsque l’existence de tableaux de Gustav Klimt ayant appartenu à sa famille est rappelée à Maria par des lettres qu’elle a découvertes parmi les affaires de sa sœur qui vient de décéder. Parmi ces tableaux, une œuvre majeure, un portrait de sa tante, Adele Bloch-Bauer, que le mari de celle-ci, riche industriel, avait commandé au peintre. Ce tableau et les autres ont été volés par les nazis en 1938 et le portrait de la tante Adele, dorénavant appelé « La femme en or », est devenu la pièce maîtresse du Musée du Belvédère de Vienne. Au même moment, la déclaration de Washington change la donne concernant la restitution des œuvres d’art volées par les nazis. Maria Altmann a alors 82 ans mais elle est en pleine forme physique et mentale : elle décide de se lancer dans la restitution de ces tableaux. Un avocat est nécessaire pour l’aider dans sa démarche. Coïncidence heureuse : le fils d’une de ses amies est un avocat actuellement sans travail. Cet avocat s’appelle Randol « Randy » Schoenberg, il a lui-même des origines autrichiennes et il est le petit-fils du célèbre compositeur . Comme le montre le film, la déclaration de Washington est loin d’avoir réglé tous les problèmes concernant la restitution à leurs propriétaire ou à leurs héritiers des biens volés par les nazis et cet épisode « contemporain » de la vie de Maria Altmann va entrainer les spectateurs dans le combat, a priori inégal et perdu d’avance, que va mener  le « couple » Maria-Randy à un autre couple formé par le Musée du Belvédère de Vienne et le gouvernement autrichien. Ce combat va conduire Maria à retourner à Vienne alors qu’elle s’était jurée de ne plus jamais y retourner et les retrouvailles avec des lieux qui ont été ceux de son enfance vont faire revivre en elle cette période précédant sa fuite vers les Etats-Unis. D’où une série de flashbacks retraçant la vie personnelle de Maria à cette époque, au sein de sa famille, son mariage avec Fritz Altmann, un chanteur d’opéra et, pour finir, leur fuite rocambolesque. Ces flashbacks montrent aussi, de façon plutôt convaincante, ce qu’a pu être la vie des juifs viennois lorsque les nazis sont arrivés, plutôt bien accueillis par la population locale.

La femme au tableau 2

Sur un tel sujet, on aurait pu craindre pour ce film un traitement 100% hollywoodien. Heureusement, même si ce film vise un public international et, tout particulièrement, américain, ce film est britannique et il n’est donc hollywoodien qu’à … 50%. Par exemple, La femme au tableau s’efforce de respecter l’authenticité en ce qui concerne les langues utilisées et on entend donc la langue allemande chaque fois qu’il est impossible de faire autrement, tout en expliquant très honnêtement les astuces (historiquement authentiques ou non ?) qui permettent d’offrir davantage de dialogues en anglais : Maria a fini par accepter de retourner en Autriche mais elle entend rester ferme sur son refus d’utiliser à nouveau la langue allemande ; lorsque le départ de Maria vers les Etats-Unis est imminent, son père décide de lui parler dans la langue de son futur. Il y a aussi la peinture des relations entre Maria et Randy qui sent bon Hollywood : des relations faites de haut et de bas entre une vieille femme pas facile à vivre mais attachante et un jeune homme plutôt timide au départ mais qui va prendre de plus en plus d’assurance. L’accompagnement musical, beaucoup trop présent et trop souvent sirupeux, nous amène vers le mauvais versant d’Hollywood, mais, durant un court moment, Randy Schoenberg nous permet d’assister à une interprétation en concert de « La nuit transfigurée », œuvre majeure de son grand-père. Mais là où cette dichotomie est la plus visible, c’est à la fin du film, avec deux scènes dont nous ne dévoilerons pas les détails mais dont nous dirons que l’une d’elle fait dans le pathos le plus grossier alors que l’autre est remarquable d’inventivité et d’émotion bien comprise.

Même si elle fait beaucoup trop jeune pour le rôle de Maria qu’elle interprète, Helen Mirren apporte beaucoup au film par son tempérament, très proche, parait-il, de celui de Maria : très obstinée, très combative, avec une pointe d’humour. Lorsqu’on dit à Maria/Helen qu’Hitler voulait entrer dans une école artistique et avait été refusé, elle ne peut s’empêcher de glisser : « Ils auraient dû l’accepter ! ». Le rôle de Randy est joué par le comédien canadien Ryan Reynolds qu’on avait déjà apprécié en tout début d’année dans Captives d’Atom Egoyan. Dans le second rôle d’Hubertus Czernin, un journaliste autrichien qui a beaucoup aidé Maria et Randy durant tous leurs séjours autrichiens, action motivée par le rejet de son père lorsqu’il a découvert le passé nazi d ce dernier, on retrouve avec plaisir l’excellent Daniel Brühl, toujours aussi juste. Pour le rôle de Maria pendant les flashbacks, période pendant laquelle elle s’exprime en allemand, on aurait pu s’attendre à trouver une comédienne autrichienne ou allemande. En fait c’est une canadienne, qui a obtenu le rôle : ses grand-parents étaient allemands et elle est tout à fait crédible dans la langue de Goethe, tout en ayant une certaine ressemblance physique avec Helen Mirren. Dans le très petit rôle d’une juge, on retrouve , l’épouse du réalisateur, avec toujours cet air malicieux qui la rend si craquante.

Malgré quelques défauts, La femme au tableau raconte de façon réussie une histoire qui s’est réellement passée et, le temps passant, les horreurs de la période nazie s’éloignant de plus en plus de notre présent tout en étant remplacées par d’autres horreurs, il n’est jamais inutile de faire une piqure de rappel sur le sujet. Au fait, au moment de la sortie du film, Tobias en avait écrit la critique : pourquoi ne pas aller la lire ou la relire ?

La femme au tableau 6

Le DVD

[4/5]

Beau travail de M6 Vidéo autour de ce film ! Concernant le visionnage du film, les choix sont nombreux : Dolby 5.1 ou 2.0, Version française ou version originale, avec ou sans-titres. On remarquera avec plaisir que la version française n’est pas entièrement en français : l’authenticité des dialogues en allemand est conservée ! (avec les sous-titres en français, bien sûr, même si on a choisi l’absence de sous-titre). La qualité des images est excellente, il suffit de regarder les passages où l’on voit « La femme en or », le magnifique tableau de Klimt, pour en être convaincu. Quant au son, nous n’avons pas remarqué de problème particulier.

Et les suppléments, me direz vous ? Ils sont au nombre de trois et tous intéressants. Tout d’abord, le « making of » du film, d’une durée de 23 minutes, durant lesquelles nous retrouvons comédiens, réalisateur, scénariste, producteur qui nous parlent de la genèse du film et de leurs relations de travail. Ensuite, un sujet de 10 minutes est consacré à une conférence de presse donnée le 26 mars 2015 dans la Neue Gallerie de New York pour présenter une exposition intitulée « Gustav Klimt and Adele Bloch-Bauer : The Woman in Gold » qui s’est déroulée dans cette galerie du 2 avril au 7 septembre 2015. On y entend la directrice de la galerie et son fondateur, Ronald S. Lauder, l’homme qui a acquis en 2006 « Le portrait d’Adele Bloch-Bauer » pour la somme faramineuse de 135 millions de dollars, retracer brièvement l’histoire racontée dans le film. Le dernier supplément est très court, 2 minutes et 30 secondes extraites du documentaire britannique Stealing Klimt, mais il permet de voir et d’entendre la véritable Maria Altmann, quelques années après le combat mené pour la restitution des biens de sa famille volés par les nazis.

WOMAN IN GOLD

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