DVD Séries TV — 13 juin 2019
Test DVD : Castle Rock – Saison 1

– Saison 1

 
 
États-Unis : 2018
Titre original : –
Créateurs : Sam Shaw, Dustin Thomason
Acteurs : , ,
Éditeur : .
Durée : 7h30 environ
Genre : Série TV, Fantastique
Date de sortie DVD/BR : 5 juin 2019

 

Une étrange découverte au sein du pénitencier de Castle Rock amène l’avocat au pénal Henry Deaver à revenir dans sa ville natale, l’obligeant à faire face aux démons de son passé…

 


 

La saison

[4/5]

Depuis la parution de Carrie en 1973, l’œuvre littéraire de s’est considérablement étoffée : avec plus de 70 romans et recueils de nouvelles à son actif, l’auteur américain a vendu plus de 350 millions de livres à travers le monde, et s’impose depuis presque cinquante ans comme l’écrivain de tous les records. L’impact de son œuvre sur la culture populaire de ces trente dernières années est considérable : tout le monde connaît de nom soit l’auteur soit quelques-uns de ses personnages, les adaptations de ses œuvres au cinéma ou à la télévision sont innombrables… est donc parvenu, au fil de ses romans, à créer un véritable « univers », comparable à celui développé depuis quelques années par les studios Marvel, dans le sens où King développe dans toute son œuvre des « passerelles » entre ses différents romans depuis une vingtaine d’années, parsemant chaque nouvelle parution de clins d’yeux plus ou moins appuyés à d’autres de ses écrits. L’œuvre monumentale que constitue La tour sombre (neuf volumes et plus de 4000 pages à ce jour) en est l’exemple le plus frappant, avec sa « Tour » servant de colonne vertébrale à différents univers parallèles, et permettant à l’auteur de relier entre elles ses œuvres antérieures, de créer des passerelles afin de revenir, à loisir, sur certains sujets, lieux ou personnages au sujet desquels il aurait l’impression de ne pas en avoir « terminé ».

Le problème avec la possibilité éventuelle de créer un univers étendu autour des créations de Stephen King, un « King-verse » en quelque sorte (comme il existe un « Marvel-verse »), est avant tout juridique : les droits de ses différents ouvrages de l’auteur sont disséminés à travers le monde, et il parait très improbable – dans un avenir proche du moins – de parvenir à tous les réunir afin de proposer un « tout » cohérent. Produite par J.J Abrams et Stephen King lui-même, la série Castle Rock prend donc le problème à l’envers : plutôt que de reprendre une œuvre ou un personnage en particulier, les auteurs de la série ont choisi un « lieu » emblématique de l’œuvre du romancier, à savoir la ville de Castle Rock, dans le Maine, qui servit de décor à une douzaine d’œuvres de Stephen King – tout en étant citée dans beaucoup d’autres. Castle Rock, son lac, sa prison… La série créée par par Sam Shaw et Dustin Thomason choisit d’aborder le King par le biais d’un récit inédit, évoluant dans son univers, et choisissant d’évoquer le romancier par la notion de « réminiscence ».

Car comme on l’a dit un peu plus haut, tout le monde connaît Stephen King – y compris celles et ceux n’ayant jamais au cours de leur vie eu l’occasion de lire un de ses romans. Et ne serait-ce qu’au niveau du casting, Castle Rock joue la carte de la réminiscence, avec une série d’acteurs dont la carrière a été marquée à un moment ou à un autre par la rencontre avec l’univers de Stephen King : on pense bien sûr à , qui incarnait Carrie dans Carrie au bal du diable (1976), mais également à Bill Skarsgård, dont la carrière a explosé récemment avec le rôle du clown Pennywise dans Ça (2017), à Ann Cusack, vue dans la série Mr. Mercedes, à Terry O’Quinn, qui jouait dans Peur bleue (1985) ou encore à , aperçue dans l’adaptation TV de The mist. En parallèle avec ces « têtes connues », la série joue la carte de la référence, discrète pour d’évidentes questions de droits, mais les clins d’yeux à l’univers créé par Stephen King sont là et bien là : on retrouvera une série de personnages connus, de lieux familiers, ou de références explicites aux « grands » romans de King. Ainsi, si Castle Rock n’est pas une adaptation directe d’un ouvrage du Maître de l’horreur, la série s’impose au final comme un très étrange objet télévisuel, riche de plusieurs personnages complexes et orchestrant des liens avec des dizaines d’œuvres antérieures du romancier : Cujo, Salem, Le fléau, Shining, Ça, Dead zone, Bazaar et sans doute beaucoup d’autres se retrouvent donc « revisités » par la création de Sam Shaw et Dustin Thomason, qui trouve son point d’orgue dans son arc narratif principal et le retournement de situation qu’il orchestre en fin de saison, qui trouve quant à lui un écho dans l’univers développé par Stephen King dans les différents volumes de La tour sombre.

L’intrigue est à tiroirs, et il faudra attendre le quatrième épisode du show – époustouflant dans son genre – pour se prendre réellement au jeu de Castle Rock, qui malgré son intrigue riche en énigmes et en mystères, trouve tout de même le temps d’organiser deux épisodes complets autour de personnages importants de l’intrigue, et que l’on suivra pendant un peu moins d’une heure, leur background nous permettant de découvrir une poignée d’éléments narratifs clés, et de relier entre elles les pièces du puzzle. La mise en scène est soignée et développe une atmosphère très noire, suffocante par moments. Et que les spectateurs non familiers avec l’univers développé par Stephen King dans ses romans se rassurent : les néophytes ne seront en aucun cas exclus de l’expérience Castle Rock, qui s’adresse à la fois aux fans du romancier et aux autres.

Pour les plus curieux, les innombrables références à l’œuvre de King qui parsèment la série sont en grande partie répertoriées sur le site français Club Stephen King.

 

 

Le coffret DVD

[4/5]

C’est Warner bros. qui édite aujourd’hui ce coffret Castle Rock – Saison 1 ; on notera d’ailleurs que malgré ses qualités formelles évidentes, la série ne sera disponible qu’au format DVD en France. Mais niveau DVD, Warner connaît son boulot, et ce coffret représente ce qui se fait de mieux techniquement parlant : on est en présence d’un master parfait, à la définition précise et aux couleurs vives, sans le moindre petit problème d’encodage à l’horizon. L’image est de très bonne qualité et d’une belle précision, bénéficiant qui plus est d’un excellent niveau de détail, composant le plus habilement du monde avec les limites intrinsèques d’un encodage en définition standard. Côté son, la version originale et la version française – très soignée côté doublage – sont toutes deux proposées dans des mixages Dolby Digital 5.1 dynamiques et immersifs, nous réservant quelques beaux moments de dynamisme acoustique, surtout dans les passages les plus anxiogènes de cette série occasionnellement riche en tension. Bref, c’est du tout bon.

Du coté des bonus présents sur cette édition DVD, on retrouvera tout d’abord les habituelles coulisses des épisodes, régulièrement proposées par Warner bros. sur ses éditions de séries TV : il s’agit en l’occurrence de dix featurettes de quatre minutes en moyenne qui accompagneront tous les épisodes de la saison, sans exception. Ces petits documentaires s’avèrent certes superficiels mais toujours informatifs et intéressants, et ont le mérite de nous faire découvrir l’envers du décor. On poursuivra ensuite avec un making of d’une vingtaine de minutes intitulé « Castle Rock : du sang sur la page » revenant essentiellement sur la filiation entre les écrits de Stephen King et la série, et donnant entre autres la parole au producteur et à son équipe. Un grand absent cependant : Stephen King lui-même, qui malgré son poste de producteur sur la série, n’exprimera pas ici sur son ressenti sur les dix premiers épisodes. On terminera avec une featurette d’un peu moins de cinq minutes intitulée « Les rouages de l’horreur », qui reviendra comme son nom l’indique sur les aspects les plus horrifiques de la série.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles