À la une DVD — 26 mai 2019
Test Blu-ray : Zombie – Édition Collector 40ème Anniversaire

– Édition Collector 40ème Anniversaire

 
États-Unis, Italie : 1978
Titre original :
Réalisation :
Scénario : George A. Romero
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 2h00
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 11 mai 1983
Date de sortie DVD/BR : 24 mai 2019

 

Des morts-vivants assoiffés de sang ont envahi la Terre et se nourrissent de ses habitants. Un groupe de survivants se réfugie dans un centre commercial abandonné. Alors que la vie s’organise à l’intérieur, la situation empire à l’extérieur…

 


 

Le film

[5/5]

En tant que critique, quand on se doit d’aborder un film unanimement considéré comme un monument, la solution de facilité consiste souvent à décréter péremptoirement que « tout a déjà été dit » sur le film en question. Zombie est de ceux-là. Le film de George A. Romero fêtait l’année dernière ses quarante ans, et tous les ans depuis sa sortie, de multiples papiers, articles, livres, revues ou documentaires ont vu le jour à travers le monde, revenant de façon quasi-exhaustive sur son tournage, sa réception, ses multiples montages ou le film en lui-même. Contexte, thématiques et mise en scène sont autant d’éléments ayant été disséqués de tous les côtés, si bien que l’on ne sait finalement tellement plus par quel bout prendre ce Zombie, film fondateur s’il en est, ayant donné naissance à d’innombrables bâtards de celluloïd, revendiquant plus ou moins explicitement leur filiation avec le chef d’œuvre de Romero.

Et puisque tout a déjà été dit sur Zombie, comment ne pas passer pour un couillon en avançant par exemple – avec quarante balais de retard par rapport à d’autres ! – que le film s’impose comme une charge tellement corrosive à l’encontre de la société de consommation qu’elle n’a pas pris une ride et n’a rien perdu aujourd’hui de sa férocité ? Comment louer cette acuité, ce regard – certes teinté de cynisme – qui s’affirme, encore de nos jours, comme étant terriblement d’actualité, sans tomber dans la redite ? Comment ne pas être pris par un vertigineux mal de crâne et de la fameuse « angoisse de la page blanche » quand on met en plus dans la balance que l’on était bien trop jeune à sa sortie dans les salles (mai 1983, après cinq ans d’interdiction totale) pour pouvoir rédiger le récit ému et nostalgique de la découverte du film sur grand écran ? Comment donc évoquer la claque que fut la découverte de la VHS René Château à l’ère de la Ultra-Haute Définition, dont bénéficie d’ailleurs aujourd’hui Zombie ?

Tout a déjà été dit sur Zombie, c’est un fait. Même le dernier des abrutis pourrait l’affirmer.

C’est d’ailleurs ce que je fais.

 

 

Tout a déjà été dit sur Zombie, et le film a même fait l’objet de plusieurs livres, que cela soit en France (sous les plumes de Jean-Baptiste Thoret ou Julien Dupuy), en Italie (Simone Suppa, Giovanni Aloisio, Lorenzo Ricciardi…), en Allemagne (Stefan Besenhard, Stephan Kierer…) et bien sûr aux Etats-Unis (Tony Williams, Kevin J. Wetmore Jr, Kim Paffenroth, Stephen Smith…), les exemples affluent, et on pourra donc littéralement tout apprendre sur le film de George A. Romero en se plongeant dans la lecture de très nombreux ouvrages, qui n’éviteront en revanche certainement pas les redondances. On y retrouvera à coup sûr régulièrement que Zombie a permis à Romero de prolonger les réflexions socio-politiques qu’il avait entamées non seulement sur (1968) mais également sur La nuit des fous-vivants (1972), l’introduction dans l’immeuble portoricain proposant une espèce de « continuité » formelle et narrative entre les deux films. On y évoquera l’efficacité agressive de la thématique – les personnages trouvant refuge dans le supermarché, véritable idée de génie – et bien sûr des effets spéciaux orchestrés par Tom Savini.

Dans ces bouquins, on causera aussi – et dans toutes les langues – des différents montages du film, et que celui qualifié de « montage européen » supervisé par s’avère sans aucun doute le plus nerveux et le plus centré sur l’action. On y parlera également sans le moindre doute possible de « l’héritage » laissé par Zombie, dans le sens où le film a changé à jamais le cinéma d’horreur, et qu’il reste le modèle, le mètre étalon en terme de « survival zombie », la formule n’ayant d’ailleurs semble-t-il pas changé d’un iota depuis 40 ans. L’engouement récent autour du phénomène « zombies » – avec la série The walking dead notamment – prouve certes que le genre s’est dorénavant plus que « démocratisé » et n’est plus l’apanage des seuls aficionados du cinéma horrifique ; mais la stagnation narrative de tous ces films et séries ne fait finalement que démontrer à quel point le genre avait trouvé son point d’orgue avec le film de Romero. Zombie est le roi des films de morts-vivants. Tout le monde s’accorde pour déclarer que le film, tendu et riche en rebondissements, suit un développement logique et relativement réaliste, malgré quelques digressions humoristiques, parfois aux limites du cartoon live. Bien entendu, 40 ans après, les excès « gore » ne semblent plus aussi radicaux qu’au moment de sa sortie, mais cela ne fait finalement qu’accentuer d’avantage les talents de narrateur de Romero. Comme dans La nuit des morts-vivants, Romero parvient en effet à rendre son petit groupe de personnages incroyablement humain. Et au-delà de la critique voilée du système capitaliste, le film joue aussi sur ce vieux fantasme du spectateur, qui consiste à pouvoir entrer dans un centre commercial et y prendre tout ce qu’on veut. La satire de la société de consommation se superpose habilement à ce vieux désir d’opulence matérielle, qui sera également au centre du dernier acte du film. Mais tout ça a déjà été dit et redit.

Bref, de nos jours, il semble rigoureusement impossible d’écrire le moindre nouvel article sur le Zombie de Romero. Tout simplement parce que tout a déjà été dit. Mais il me semble que même ça, je l’avais déjà dit.

 

 

Le coffret Blu-ray

[5/5]

D’une façon assez paradoxale, Zombie, qui s’impose comme un véritable brûlot à l’encontre de la consommation ostentatoire, débarque aujourd’hui dans une édition « collector » s’imposant comme un parfait symbole de la surconsommation qui étouffe les sociétés occidentales que dénonçait le cinéaste de Pittsburgh il y a quarante ans. Mais cette nouvelle édition du film de Romero est également la preuve de la passion et de l’amour d’ESC Éditions pour le cinéma de genre, et plus particulier pour le papa de tous les films de zombies.

Avec son packaging luxueux au design élégant, ses goodies remarquables (un livre de 152 pages signé Marc Toullec et cinq tirages photo collector) et surtout ses quatre Blu-ray proposant quatre versions du film et pleins à craquer de suppléments, ESC Éditions livre ce qui s’imposera à priori comme l’édition ultime et définitive de Zombie. Jusqu’à la prochaine, certes – la notion même d’édition « définitive » est surtout un argument marketing – mais celle-ci s’avère quand même un sacré morceau, qu’il sera difficile de surpasser dans les années à venir. Voici donc une édition tellement riche et bourrée à craquer que, comme quand il s’agissait d’évoquer le film, on ne sait même plus trop par quel bout la prendre.

Visionner les quatre versions du film vous prendra déjà huit heures trente environ. Ajoutez un peu plus de huit heures à cela si vous entreprenez de revoir les films en écoutant les différents commentaires audio proposés par l’éditeur. Enfin, disséminés sur les quatre Blu-ray contenus dans le coffret, vous trouverez un peu plus de sept heures de suppléments. En tout, on a calculé que visionner l’ensemble des films et bonus présents au sein du coffret vous demandera vingt-trois heures et quarante-cinq minutes de votre temps (à trois-quatre minutes près bien sûr, et prévoyez tout de même des plages de repos histoire de vous alimenter). Le visionnage intégral de cette « Édition Collector 40ème Anniversaire » de Zombie est donc un véritable marathon.

 

 

Sur critique-film.fr, on s’efforce de traiter l’essentiel des sorties vidéo en France, et depuis quelques années maintenant, nous nous faisons un point d’honneur à vous livrer un test Blu-ray ou DVD par jour, tous les jours de l’année – nous ne nous octroyons guère plus d’une vingtaine de jours « off » chaque année civile. Par conséquent, on a dû un peu sabrer dans le visionnage des suppléments du coffret, et on choisit de jouer l’honnêteté en vous avouant ici que l’on n’a humainement pas eu le temps d’écouter les quatre commentaires audio proposés par ESC Éditions au sein de cette monumentale édition. On s’en excuse d’ailleurs platement – si d’aventure nous en trouvions le temps dans les semaines à venir, on complétera bien entendu cet article en vous en tenant au courant sur les réseaux sociaux.

On commencera donc par les différentes versions du film. On aura donc le choix de voir et revoir Zombie dans sa « version européenne » (souvent appelée Argento-Cut), soit dans sa « version director’s cut US » (Romero-Cut), soit dans sa « version longue présentée à Cannes » (parfois appelée Cannes Cut ou Extended Cut). Pour ceux qui en douteraient encore, le film de Romero fut présenté au marché du film hein, pas en sélection – en 1978, ni Romero ni le cinéma d’horreur en général n’avaient encore réellement l’aura qu’ils peuvent avoir de nos jours auprès des cinéphiles. Une quatrième version du film est également disponible : la « version européenne en Full Frame », c’est-à-dire au format 1.33, plein cadre « dématté » – on entend par là que l’image n’a pas été coupée afin d’obtenir le format carré, mais qu’il s’agit bien des bandes noires qui ont été retirées. Cette version contient donc plus « d’informations » à l’image, en haut et en bas, que la version cinéma dont le format de projection est le 1.85.

 

 

La version la plus connue chez nous est bien sûr la version européenne du film. Une part de nostalgie y est peut-être pour quelque-chose, mais on a tendance à considérer ce montage comme le meilleur des trois disponibles : le film y apparaît comme plus nerveux, mieux tenu d’un strict point de vue rythmique, évitant le « ventre mou » que l’on peut ressentir dans la narration à la découverte du montage américain. La musique est également différente, et nous parait supérieure à celle de la version américaine. Côté Blu-ray, cette version est issue d’un nouveau master 4K produit en 2019 par ESC Éditions et supervisé par le chef opérateur Michael Gornick. Le transfert Haute Définition est stable et propre, et s’affiche aujourd’hui débarrassé de la moindre trace de griffes ou autres poussières. La définition est accrue, contrastes et couleurs sont solides, le piqué est d’une précision époustouflante, et la granulation d’origine a été scrupuleusement respectée. Même si c’est un lieu commun, et qu’à chaque nouvelle édition on le lit à longueur d’articles sur le Net et dans les magazines, on peut parler de « redécouverte » du film de Romero. Zombie s’offre en effet ici une nouvelle jeunesse, avec une image de ouf doublée d’une profondeur de champ inédite : le transfert est indubitablement soigné, et la qualité du travail de l’éditeur ne se dément à nouveau pas du tout, même si, bien sûr, les plans en basse lumière accusent un peu d’avantage du poids des années ; cela dit, la présentation du film dans son ensemble ne manquera pas de vous étonner. Côté son, on pourra savourer le film soit en version originale en DTS-HD Master Audio 2.0 ou DTS-HD Master Audio 5.1, soit dans sa classique version française proposée en DTS-HD Master Audio 5.1 et proposant un confort d’écoute optimal. Clairs et équilibrés, les deux mixages nous vierges de tout parasite, larsen ou autre pétouille sonore. On pourra également visionner le film dans sa version italienne en DTS-HD Master Audio 5.1. Les remixages du film en mode « multicanal » respectent l’esprit du film et ne font pas d’esbroufe inutile : ils s’avèrent essentiellement frontaux, les dialogues et les bruitages étant pour la plupart concentrés sur les enceintes avant ; seule la partition musicale profite réellement d’une véritable répartition sonore au niveau des enceintes arrière. Même constat technique pour la version européenne « Full Frame » issue du même master, et bénéficiant des mêmes versions audio.

On continuera ensuite avec la version director’s cut américaine, le « Romero-Cut », qui est un peu plus longue et s’attarde d’avantage sur les personnages. Les changements sont plutôt mineurs mais très nombreux, ce qui tend à donner au film une tonalité légèrement différente. L’aspect satirique qui relie les zombies au consumérisme moderne est plus présent, de même que le « plaisir » que prennent les protagonistes du récit dans le centre commercial. Un peu plus ludique et optimiste que le montage très sec supervisé par Argento, cette version s’avère intéressante, et passionnera à juste titre tous les amoureux du film, qui perdront cela dit au passage un peu de la veine « nihiliste » supplémentaire apportée par le montage italien.

 

 

D’une durée de 139 minutes, le montage de Zombie présenté au marché du film à Cannes est donc le plus long des trois disponibles au cœur de cette riche « Édition Collector 40ème Anniversaire ». L’éditeur annonce 45 scènes supplémentaires, 15 scènes rallongées, et deux scènes différentes – on ne les a pas dénombrées avec précision et on leur fait aveuglément confiance. D’une façon générale, cette version longue présentée à Cannes appuie d’avantage sur le côté « humain », rajoutant une poignée d’interactions inédites entre les personnages qui tendent à mieux cerner la psychologie de chacun d’entre eux. La scène d’ouverture est plus longue et plus poignante, donnant à voir Roger (Scott Reiniger) et Peter (Ken Foree) sous un jour inédit. Dans le même état d’esprit, le couple Francine / Stephen ( / David Emge) est amené à se rendre compte très tôt dans le récit que les « vivants » peuvent être une menace tout aussi cruelle que les morts-vivants – un aspect relégué à la troisième partie du film dans les deux autres montages. Les personnages évoqueront d’avantage ceux qu’ils ont laissés derrière eux, les séquences ludiques au centre commercial sont également un peu plus longues, soulignant leur capacité à se distraire avec le consumérisme, même quand le monde entier est en train de brûler autour d’eux. Malgré tout, la vie continue en somme… La dernière partie du film – l’attaque du centre commercial par les bikers – est également un peu plus longue, donnant à voir une poignée d’effets gore supplémentaires.

Ces deux versions sont tirées de masters différents de celui de la version européenne : leur tenue est très solide mais demeure tout de même –forcément– inférieur à la version remasterisée en 4K. L’ensemble s’avère très propre néanmoins, et d’une belle stabilité générale. La définition est très satisfaisante, avec une belle préservation du grain, le piqué est d’une belle précision et les couleurs sont naturelles et profondes. Côté son, ces deux montages sont proposés en version originale uniquement, à la fois en DTS-HD Master Audio 2.0 et DTS-HD Master Audio 5.1. Les deux mixages assurent une immersion parfaite au cœur de ces deux montages du film, avec un bon petit dynamisme acoustique.

 

 

Passons maintenant au « gros morceau » de cette édition : les suppléments. Soit on le rappelle un livre de 152 pages consacré au film et intitulé « George A. Romero – Partir, revenir », huit heures de commentaires audio et plus de sept heures d’entretiens, de documentaires et analyses diverses et variées. On a essayé de n’en oublier aucun !

Le livre de Marc Toullec « George A. Romero – Partir, revenir » permettra à l’ancien rédac’ chef de Mad Movies de revenir sur chacun des six films de zombies réalisé par Romero entre 1968 et 2009 : l’exercice est assez passionnant, d’autant que Toullec s’efforce de traiter les films sur un pied d’égalité, ce qui est très appréciable dans le sens où les deux derniers opus de la saga zombiesque imaginée par Romero sont généralement plutôt méprisés par la critique, alors même que Diary of the Dead (2007) est pourtant sans aucun doute l’un des films les plus réussis, les plus passionnants, les plus féroces et les plus désabusés de son auteur.

Les commentaires audio sont nombreux : sur la version européenne, on pourra se régaler d’un commentaire audio de Michael Gornick (directeur de la photo), Tom Dubensky (assistant caméraman) et Lee Karr (historien du cinéma). Sur le Director’s cut US, on pourra écouter un commentaire audio de George A. Romero et Tom Savini, responsable des effets spéciaux ayant depuis longtemps atteint le statut de Dieu parmi les fans de gore. Enfin, sur la version européenne Full Frame, on trouvera un commentaire audio du compositeur Claudio Simonetti ainsi qu’un commentaire audio des acteurs Ken Foree, Gaylen Ross, Scott Reiniger et David Emge. Tous sont naturellement proposés en VO sous-titrée en français.

 

 

Blu-ray 1 : On commence très fort avec une introduction du film par Dario Argento, qui s’accompagnera naturellement d’un entretien avec Dario Argento, probablement enregistré par les équipes d’ESC Éditions lors de leur rencontre avec le maestro pour l’édition Blu-ray d’Inferno (lire notre article). S’exprimant en français (mais s’avérant malheureusement parfois difficile à comprendre tant son accent est prononcé), Dario Argento y évoque sa rencontre avec Romero, l’écriture du film à Rome, le côté politique de l’œuvre ou encore la musique, qu’il n’aimait pas. Il racontera également le tournage du film, se considérant comme un « élève » sur le plateau, donnant parfois quelques conseils à Romero. A l’entendre, il s’agirait quasiment d’une co-réalisation. Réinterprétation des événements, mensonge, réalité ? Nul ne saura réellement le dire avec certitude aujourd’hui…

On aura ensuite droit à une discussion publique entre Jean-François Rauger et Bertrand Bonello, enregistrée à la Cinémathèque Française suite à une projection du film. L’entretien dure une heure, et se révèle particulièrement intéressant et inattendu : on y dressera un parallèle entre Zombie et Nocturama, avec quelques extraits et explications de Bonello pour appuyer les points communs entre son film et l’œuvre de Romero. Les cinéphiles ayant apprécié son film seront probablement heureux de découvrir quelques extraits de Nocturama en Haute Définition, alors même que le film avait été privé d’édition Blu-ray par Wild Side lors de sa sortie en vidéo en France. Un montage de vidéos illustrant la folie consumériste occidentale montrera par ailleurs à quel point le film de Romero était dans le vrai…

Plus classique et un peu plus attendu, le retour sur la carrière de George A. Romero par Julien Sévéon permettra tout de même à ce grand spécialiste de l’œuvre de Romero de revenir sur le contexte de tournage et la réception de Zombie. Il en profitera d’ailleurs pour tordre le cou à certaines légendes encore vivaces, notamment concernant La nuit des morts vivants, qui n’était originellement pas DU TOUT conçu comme une œuvre politique mais comme un pur film de divertissement.

On terminera enfin avec un petit making of rétrospectif vu côté italien uniquement, nous proposant des entretiens croisés avec Dario Argento, Claudio Argento, Alfredo Cuomo et Claudio Simonetti, qui répondent aux questions de Michele De Angelis (et non pas de Michele De Angelo comme on peut le lire un peu partout sur le Net). Ils reviendront sur plusieurs aspects de la production, de ses origines jusqu’à la réception critique, les problèmes avec la censure lors de sa sortie dans différents sorties d’Europe, etc, etc. A vue de nez – et à en juger par l’allure encore relativement fringante de Dario – ce sujet « vintage » doit avoir une petite vingtaine d’années.

 

 

Blu-ray 2 : La pièce maitresse de l’interactivité de ce deuxième disque est sans conteste le documentaire The dead will walk, réalisé par Perry Martin à l’occasion de la sortie du DVD « Ultimate Edition » édité par Anchor Bay aux États-Unis en 2004. En environ 75 minutes, ce documentaire reviendra sur tous les aspects de la production en proposant des entretiens avec George Romero, mais également avec tous les acteurs et une quantité impressionnante de membres de l’équipe : du caméraman à la productrice en passant par le preneur de son, quelques « zombies » et les mythiques Tom Savini et Dario Argento, personne n’a été oublié. Les anecdotes fusent, c’est informatif et souvent très drôle. L’impact culturel de Zombie est également abordé dans la dernière partie, qui donne à voir le centre commercial de Monroeville visité par des hordes de touristes et de fans du film du monde entier. Bref, on passe un excellent moment.

On continuera avec une visite du plateau avec les commentaires du figurant Robert Langer, qui faisait partie des dizaines de figurants choisis pour jouer les zombies au cœur du film. Ce sujet nous évoque le souvenir de trois jours de tournage et nous propose quelques images inédites, ainsi que de découvrir les choses selon le point de vue d’un zomblard. Très sympathique.

On terminera ensuite avec une très amusante visite du centre commercial de Monroeville par Ken Foree, qui s’avère accompagné d’une horde de zombies. L’occasion pour le spectateur de sourire un peu et de constater à quel point le centre commercial a changé depuis le tournage du film.

 

 

Blu-ray 3 : Spécialisés depuis quelques années dans la confection de bonus pour tous les petits éditeurs français, abordant tous les sujets et tous les genres tels de véritables mercenaires du supplément DVD, Linda Tahir et Christophe Champclaux nous proposent aujourd’hui un sujet documentaire intitulé « Les zombies de Romero », qui permettra à Christophe Champclaux – ainsi qu’à son fils ou un petit enfant de la famille – de se mettre en scène en zombie dans un « vieux cimetière de Montfermeil » (!!??!) avant d’enchaîner avec une petite présentation très « scolaire » du cinéma de zombies et de la carrière de George A. Romero sagement récitée par Linda Tahir, et largement entrecoupée d’extraits de bandes-annonces et d’une interview du cinéaste datant de 2001.

Le deuxième supplément de cette troisième galette est consacré aux effets spéciaux du film décryptés par Benoît Lestang. Un sujet qui sera l’occasion pour le spectateur de revoir ce grand spécialiste des maquillages et des effets spéciaux revenir sur les principaux effets visuels du film de Romero ; il y dissèque le travail de Tom Savini et met en avant quelques faux raccords que l’on n’avait même pas repérés. Ayant débuté dans les années 80 sur des films tels que La revanche des mortes vivantes ou Baby blood, le regretté Benoît Lestang nous a quitté en 2008.

On continue notre tour des suppléments de cette « Édition Collector 40ème Anniversaire » de Zombie avec un sujet recyclé, tout comme le précédent, du Blu-ray de Zombie édité par Opening en 2008 – dont de nombreux exemplaires sont d’ailleurs à ce jour complètement inutilisables suite à un problème de résine défectueuse. Il s’agit d’un entretien avec Jean-Pierre Putters, fondateur de la revue Mad Movies, qui revient sur les films de zombies avant et après le film de Romero, sur la portée sociale, les problèmes liés à la censure, tout en n’oubliant pas d’évoquer sa réception critique et l’influence déterminante qu’il a eu sur le cinéma de genre en général. Certains de ses propos sont un poil redondants avec ceux tenus par Julien Sévéon, mais le plaisir de revoir cette figure mythique de l’ancienne formule de Mad Movies reste intact.

Le reste des suppléments de ce Blu-ray est composé de matériel promotionnel : on y trouvera une poignée de bandes-annonces ainsi que des spots TV.

 

 

Blu-ray 4 : On commencera avec une nouveau sujet donnant la parole à Julien Sévéon et consacré à la musique du film. Il nous expliquera que le mélange improbable entre le rock progressif de Goblin et l’utilisation de « Library music » contribue également au charme de ce film décidément unique.

Et on terminera le tour du propriétaire avec The definitive document of the Dead (2011), version revue et corrigée de The document of the dead (1985). ESC Éditions nous propose donc ici la troisième – et dernière – version du film de Roy Frumkes, qui s’avère beaucoup plus équilibrée que la précédente. On commence toujours avec une cinquantaine de minutes nous donnant à voir des extraits du tournage de Zombie ainsi qu’une série d’interviews d’époque, qui seront présentés en parallèle – et à des fins d’analyse formelle – avec des extraits de La nuit des morts-vivants et de Martin. La deuxième moitié du documentaire nous proposera un extrait du tournage de Deux yeux maléfiques, un entretien avec George Romero et un montage rapide de rencontres – on ne peut réellement pas parler d’interviews, chaque intervenant n’apparaissant guère plus d’une poignée de secondes – menées dans la bonne humeur : on y croisera entre autres Judith O’Dea, Joe Pilato, William Lustig, Danny Boyle, Simon Pegg… Le film s’achèvera sur une poignée d’extraits très courts des tournages de Land of the Dead (2005), Diary of the Dead (2007) ainsi que de (2009).

On notera la sortie en parallèle de Zombie en Blu-ray 4K UHD, également disponible (dans sa version européenne uniquement) sous les couleurs d’ESC Éditions.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles