Test Blu-ray : Willie Boy

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Willie Boy

 
États-Unis : 1969
Titre original : Tell them Willie Boy is here
Réalisation : Abraham Polonsky
Scénario : Abraham Polonsky
Acteurs : Robert Redford, Katharine Ross, Robert Blake
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h34
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 24 décembre 1969
Date de sortie DVD/BR : 17 février 2020

 

Indien de la tribu Paiute, Willie Boy revient sur les terres de son enfance, en Californie, désormais une réserve où les siens ne constituent plus qu’un peuple soumis. En état de légitime défense, il tue le père haineux et raciste de la femme blanche qu’il aime, Lola Boniface. Poursuivi par le shérif local, Cooper, le couple prend la fuite. Redoutant un soulèvement indien et dans l’attente de la visite du président des États-Unis, les autorités de Riverside entendent bien faire du cas de Willie Boy un exemple ; elles le condamnent à mort avant même qu’il n’ait pu être jugé…

 


 

Le film

[4/5]

Scénariste et réalisateur américain, Abraham Polonsky aura sans doute d’avantage marqué les mémoires pour avoir été victime du Maccarthysme (il fut inscrit durant de longues années sur la liste noire de Hollywood) que pour sa filmographie en tant que réalisateur, qui ne compte finalement que trois longs-métrages : L’enfer de la corruption (1948), Willie Boy (1969) et Le voleur de chevaux (1971). Entre ses deux premiers films, un creux de 21 ans l’ayant éloigné des plateaux et forcé à travailler sous pseudonyme sur des scénarios remarquables, tels que celui du Coup de l’escalier de Robert Wise.

Sorti en 1969, Willie Boy s’avère assez typique de son époque, proposant une réflexion sur la figure archétypale de l’Indien dans le western américain, tout en élargissant à la condition du peuple amérindien dans la société américaine de l’époque. Bien sûr, le film mettant en scène la traque d’un indien sur sa propre terre pourra forcément amener le spectateur à dresser des parallèles entre l’intrigue du film et la chasse aux sorcières vécue par le cinéaste tout au long des années 50.

Profondément ancré dans son époque, Willie Boy remet la figure de l’homme et de sa fragilité au cœur du film, et se révèle de fait bien éloigné de la grande tradition américaine du western, de ses chevauchées épiques et de son imagerie héroïque, bien virile, comme si le héros de western classique avait été brisé par de les bouleversements liés à la révolution industrielle, par l’âpreté du monde moderne mais également par le poids du passé, des traditions et de la figure paternelle, mythique, imposante, destructrice – une charge psychologique que l’on retrouve chez les deux personnages principaux, si opposés soient-ils, incarnés par Robert Blake et Robert Redford. Au final, Willie Boy s’impose donc comme un étonnant western, politisé et mélancolique, manquant cependant probablement un peu de rythme pour s’avérer à 100% convaincant.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Disponible depuis 2007 au sein de la collection « Western de légende » de Sidonis Calysta, Willie Boy est revenu sur le devant de la scène courant février dans une toute nouvelle édition Blu-ray. Autant être clair cependant : le master du film, qui porte les scories des « vieilles » restaurations de chez Universal, n’est pas des plus flamboyants. Affichant une colorimétrie manquant de punch et un piqué peu convaincant (textures, cheveux), l’image souffre également des traces de DNR (réducteur de bruit) et de « Edge-Enhancement » qui limitent clairement le bond qualitatif par rapport au DVD. Le résultat est donc perfectible, mais les amoureux du film s’en contenteront probablement. Côté son, l’éditeur nous propose deux pistes audio (VF/VO) mixées en DTS-HD Master Audio 2.0, propres, sans souffle, proposant une immersion parfaite au cœur du film. On notera que certains passages de la version française sont proposés en VOST.

Côté suppléments, l’éditeur recycle tout d’abord les bonus déjà présents sur le DVD sorti en 2007, à savoir une présentation du film par Bertrand Tavernier (21 minutes), qui permettra au cinéaste / historien du cinéma de se remémorer ses rencontres avec Abraham Polonsky, à l’occasion de la rédaction du scénario de La liste noire (1991). Il reviendra également sur la carrière du cinéaste, ainsi que sur le film en particulier, analysant plusieurs scènes et aspects de l’histoire. On continuera ensuite avec le sujet documentaire intitulé « La solitude des bannis » (23 minutes), qui proposera une analyse du film très complète par le biais d’intervenants ayant chacun leur domaine de prédilection. On y retrouvera donc des propos de plusieurs journalistes et/ou historiens du cinéma, tels que Jean-Claude Missiaen, Eddy Moine, Jean-Louis Leutrat ou Suzanne Liandrat-Guigues. Mais en plus de ces deux modules déjà connus et de la traditionnelle bande-annonce, Sidonis Calysta nous propose également de nous plonger dans un commentaire audio Pat et Jim Healy, tiré du Blu-ray américain du film édité par Kino Lorber. Ce commentaire est d’une grande richesse, et aura la particularité de nous arriver non pas avec les traditionnels sous-titres, mais avec un doublage en français ! Très intéressant !

 

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