DVD — 17 juin 2018
Test Blu-ray : Une histoire simple

 
France, Allemagne de l’Ouest : 1978
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Claude Sautet,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h47
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 22 novembre 1978
Date de sortie DVD/BR : 13 juin 2018

 

 

Serge et Marie forment un couple ordinaire. Déjà mère d’un adolescent, Marie décide d’avorter de l’enfant qu’elle attend de Serge et de quitter ce dernier. Elle finit par se rapprocher de George, son ex-mari alors que parallèlement à ces soucis, les amis de Marie ont également des ennuis similaires…

 

 

Le film

[4/5]

Avec le recul, il y a fort à parier pour que la renommée de Claude Sautet ait largement bénéficié de ses nombreuses collaborations avec l’actrice Romy Schneider. Si Une histoire simple n’est certes pas le plus connu parmi les cinq films qu’ils ont tourné ensemble (on pense en effet plus facilement aux Choses de la vie ou à Max et les ferrailleurs), leur dernier film en commun était tout de même parvenu à réunir 2,3 millions de spectateurs dans les salles françaises : plus de deux millions de fidèles acquis au style du cinéaste et impatients de retrouver son univers si caractéristique.

Passé maître dans l’évocation mélancolique de l’amour, de l’amitié et des intermittences du cœur entre rires et larmes subtilement dosés, Sautet fait preuve d’un don inné pour mettre en scène des situations desquelles transparaît toujours une grande vérité, et offre au spectateur des moments d’une rare authenticité, qui tiennent parfois à trois fois rien. Dans Une histoire simple, c’est d’une cigarette d’abord acceptée puis refusée que découlera toute l’histoire. Le cinéaste sait également admirablement mettre en scène une multitude de personnages riches et divers, possédant tous une épaisseur et une réalité qui leur sont propres, et parvient à tisser entre eux des liens plus vrais que nature. Bien sûr, la réussite d’Une histoire simple découle également des dialogues de Jean-Loup Dabadie, réalistes, jamais littéraires ni théâtraux, composés pour l’essentiel de petits bouts de phrases entrecoupés de silences et souvent avortés, et qui contribuent pour beaucoup à la légèreté du style de Sautet.

Bien sûr, les amoureux du cinéaste seront aux anges ; en revanche, les cinéphiles moins friands de son style pourront arguer que Sautet ne force pas son talent, et que de ce fait Une histoire simple manque de surprises. Cela dit, le réalisateur des Choses de la vie n’a jamais chercher à « juger » ou « anticiper » des mœurs, us et coutumes de ses contemporains – il propose ici et comme à son habitude un reflet de la société de son époque : aux portraits d’hommes d’âge mûr en proie au doute succède donc le portrait d’une femme libre, déjà amorcé deux ans auparavant dans Mado (1976). Les femmes d’Une histoire simple ne font plus figure d’accessoires comme dans certains de ses films précédents ; au contraire, ce sont bel et bien elles les héroïnes, plus humaines et plus fortes que leurs compagnons, sans compter qu’elles sont toutes indépendantes financièrement. Ainsi, le personnage de Romy Schneider s’impose comme la première femme « libre » du cinéma de Sautet, prenant ses propres décisions (celle de garder ou pas un enfant) sans forcément en aviser les hommes autour d’elle.

Mais Claude Sautet est également conscient des problèmes sociaux qui commencent à miner le pays à la fin des années 70, et évoque de façon assez brutale le problème du chômage au cœur d’Une histoire simple. En conséquence, les médecins et autres bourgeois qui peuplaient son cinéma jusque-là laissent donc la place à des personnages plus jeunes, plus engagés (syndiqués et actifs), et aux formidables Bruno Crémer et Claude Brasseur de succéder avec talent à Michel Piccoli ou Yves Montand.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Disponible chez Pathé au sein d’une nouvelle vague de Blu-ray de la collection «  », Une histoire simple s’offre un transfert Blu-ray restauré 2K de toute beauté qui devrait en toute logique mettre tout le monde d’accord : le film est proposé au format 1.66:1 respecté et encodé en 1080p. Le mixage audio est proposé en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine, clair et sans souffle. Le piqué est d’une belle précision, la restauration a fait place nette des taches et autres traces d’usure dues au temps, l’éditeur a tenu éloignée la tentation d’avoir recours au réducteur de bruit (préservant de façon maniaque la solide granulation argentique d’origine), et la gestion des couleurs et des contrastes semble avoir fait l’objet d’une attention toute particulière : l’ensemble est véritablement excellent, et permettra une vraie « redécouverte » du film.

Côté suppléments, Pathé nous propose un passionnant documentaire rétrospectif prenant la forme d’entretiens autour du film avec Serge Bromberg et Eva Darlan (malheureusement, la plupart des autres acteurs du film sont aujourd’hui décédés), et qui nous permettra de partager avec eux quelques souvenirs de tournage émus (26 minutes, HD).

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles