Test Blu-ray : Un homme en colère

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Un homme en colère

États-Unis, Royaume-Uni : 2021
Titre original : Wrath of Man
Réalisation : Guy Ritchie
Scénario : Guy Ritchie, Ivan Atkinson, Marn Davies
Acteurs : Jason Statham, Holt McCallany, Rocci Williams
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h58
Genre : Thriller, Action
Date de sortie cinéma : 16 juin 2021
Date de sortie DVD/BR : 16 octobre 2021

Un convoyeur de fonds fraichement engagé surprend ses collègues par l’incroyable précision de ses tirs de riposte alors qu’ils subissent les assauts de braqueurs expérimentés. Tous se demandent désormais qui il est, d’où il vient et pourquoi est-il là…

Le film

[4/5]

Si le projet d’un remake américain du Convoyeur de Nicolas Boukhrief (2004) était dans les tuyaux depuis un moment, on ne s’attendait pas forcément à voir débarquer sur les écrans un film porté par l’une des plus grandes stars actuelles du cinéma d’action. Remanié et mis en scène par Guy Ritchie, Un homme en colère fait donc le choix singulier de remplacer Albert Dupontel par Jason Statham, et dès l’annonce du projet, les amoureux du film de Nicolas Boukhrief furent pris de sueurs froides…

Rassurez-vous cependant : Un homme en colère est loin, très loin de la catastrophe tant redoutée. Il s’agit certes d’une adaptation, d’une réimagination et d’un enrichissement du récit imaginé en 2004 par Nicolas Boukhrief et Eric Besnard. Guy Ritchie et ses coscénaristes Ivan Atkinson et Marn Davies changent un peu la donne concernant certains aspects de l’histoire, mais la différence la plus notable entre Le convoyeur et Un homme en colère ne se situe au final ni vraiment dans la forme ni dans la tonalité générale de l’intrigue, mais à un niveau plus central – elle se situe dans le rapport au deuil du personnage principal.

Alors attention les gars Hop-Hop-Hop ! Si vous n’avez pas vu Le convoyeur, arrêtez de lire tout de suite, car les propos ci-dessous vont [Spoiler] sévère ; si vous l’avez vu en revanche, pas de mystère, vous savez pourquoi le Stath’ intègre la boite de convoyeurs de fonds au début d’Un homme en colère. Dans le film de Boukhrief, le personnage incarné par Dupontel gérait le deuil de sa fille d’une façon pour le moins difficile : l’accent était mis sur sa psychologie perturbée, tourmentée, ainsi que sur sa souffrance et sa douleur, qui se traduisaient par de nombreux troubles obsessionnels compulsifs. Le désir de vengeance était bel et bien présent, mais même le passage à l’acte représentait un déchirement.

Le personnage au cœur d’Un homme en colère est différent ; il ne s’agit pas d’un Mr-Tout-le-Monde, mais d’un chef mafieux impitoyable, dans la droite lignée des personnages peuplant le cinéma de Guy Ritchie depuis ses débuts. Chez lui, tout semble passer par la violence, et il a développé au fil de la construction de son « empire » (les dialogues nous apprennent qu’il est recherché depuis 25 ans) un sentiment d’impunité tel que se retrouver face à la perte d’un être cher lui semble insupportable – il ne décolère pas, et sa rage ardente le motivera à traquer et à tuer le(s) responsable(s) de la mort de son fils. Remodelant l’intrigue du Convoyeur pour la faire coller au mieux à son interprète principal (Jason Statham plus que jamais poings et mâchoires serrés) tout autant qu’à l’univers développé par Guy Ritchie au fil de ses premiers films, auquel il semble revenir avec plaisir depuis The Gentlemen en 2019.

De la même façon que son modèle, Un homme en colère développe une intrigue à tiroirs, commençant de façon relativement linéaire pour finalement nous proposer un découpage en chapitres qui, entre autres, reviendront dans le détail sur les événements passés, en nous proposant de les découvrir par le biais de plusieurs points de vue différents, en incluant notamment celui d’un groupe de mercenaires dirigé par le « Sergent » Jackson, incarné par l’impressionnant Jeffrey Donovan. Abandonnant complètement le point de vue « social » largement développé par Boukhrief sur son film (le cinéaste français a d’ailleurs expliqué que son attachement à la question était étroitement lié aux limites de son budget), Un homme en colère parvient en revanche au fil du déroulement de son récit à tisser un canevas à la fois crédible et palpitant, parvenant malgré les multiples retours en arrière à alimenter une tension bien réelle, qui s’amenuisait en revanche dans le deuxième tiers du Convoyeur.

Jouant autant sur l’intrigue imaginée par Boukhrief que sur les codes du « film de casse » contemporain, Un homme en colère s’impose au final comme une brillante variation sur le thème du film de 2004. Il ne s’agit ainsi en aucun cas du film d’action simplet et jouissif que d’aucuns s’attendaient sans doute à voir, et s’avère suffisamment puissant et viscéral pour s’affranchir de son modèle et développer un impact fort sur le spectateur. On notera par ailleurs que, même si on connaît déjà les tenants et aboutissants du récit à travers le film de 2004, le scénario conçu par Guy Ritchie et ses coscénaristes supportera sans peine les visionnages répétés, qui révéleront une série d’indices précoces et d’allusions subtiles que l’on ne repérait pas forcément la première fois.

Du côté des acteurs, on retrouve avec plaisir le talent de Guy Ritchie pour mettre en valeur des personnages multiples, et les acteurs d’Un homme en colère ont pour la plupart de vraies « gueules » de cinéma. Jason Statham joue de son image plus badass et vénère que jamais ; il excelle littéralement dans ce domaine, donnant lors de chaque séquence l’impression d’être sur le point d’exploser ou de faire un infarctus. Du côté des convoyeurs, Holt McCallany est également parfait, de même que le revenant Josh Hartnett, dans un rôle assez inattendu. Du côté des braqueurs, outre l’excellent Jeffrey Donovan, on notera la performance solide de Scott Eastwood, même si notre expérience de spectateur sera souvent parasitée par sa ressemblance impressionnante avec son père, époque Sergio Leone.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est sous les couleurs de Metropolitan Vidéo que vient de débarquer en France le Blu-ray d’Un homme en colère. Côté image, on ne pas couper les poils de couilles en quatre, le film est tout simplement superbe : le master est propre, la définition est impeccable, la colorimétrie fait toujours mouche, le piqué est d’une précision redoutable et les contrastes sont impeccablement tenus, avec des noirs denses et profonds. Côté son, l’éditeur nous propose du gros son bien bourrin avec un mixage DTS-HD Master Audio 7.1 à la fois en VF et en VO. Les deux mixages bénéficient d’un dynamisme époustouflant et d’une spatialisation impeccable, de même que des basses littéralement tonitruantes, renforçant encore l’immersion au cœur du film, surtout bien sûr durant les scènes de braquages, et bien sûr durant le climax qui nous propose quasiment une demie heure d’action non-stop. Du côté des suppléments, Metropolitan Vidéo nous propose deux featurettes d’un peu moins de deux minutes chacune – l’ensemble est superficiel mais sympathique !

On notera par ailleurs qu’Un homme en colère est également proposé au format Blu-ray 4K Ultra HD. Un petit événement si l’on considère que le film n’a pas eu droit aux honneurs de la 4K lors de sa sortie en vidéo aux États-Unis…

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