Test Blu-ray : The gate

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The gate

Canada : 1987
Titre original : –
Réalisation : Tibor Takács
Scénario : Michael Nankin
Acteurs : Stephen Dorff, Louis Tripp, Christa Denton
Éditeur : Le chat qui fume
Durée : 1h26
Genre : Fantastique, Horreur
Date de sortie cinéma : 29 juin 1988
Date de sortie DVD/BR : 20 novembre 2020

Profitant de l’absence de leurs parents lors d’un week-end, Alexandra organise une fête avec ses amis dans la maison familiale, tandis que son jeune frère Glen découvre avec son copain Terry un trou profond dans le jardin. Ils réalisent que celui-ci est un passage menant dans une autre dimension peuplée d’entités maléfiques. Les deux garçons vont alors tout mettre en œuvre afin de repousser les forces démoniaques avant que celles-ci ne transforment leur vie en véritable cauchemar…

Le film

[4/5]

Une série B typiquement 80’s

Pour ceux qui l’ignoreraient, The gate est un film fantastique « familiale » mise en boite à la fin des années 80, et mettant en scène, comme beaucoup de films produits dans la foulée du succès des productions Amblin Entertainment, deux jeunes garçons de la classe moyenne pavillonnaire US aux prises avec des forces démoniaques. Ne bénéficiant pas d’un « gros » budget comparable à des films tels que Gremlins ou Monster squad, il s’inscrit plutôt dans une tradition de série B fantastique ayant fait les beaux jours des amateurs de vidéo-clubs à l’époque.

A la (re)découverte de The gate, ce dernier nous évoquera en effet bien d’avantage les productions Empire et Full Moon de Charles Band (Ghoulies, Puppet master…) que celles développées dans le giron de Steven Spielberg. Sorti en VHS chez Scherzo – dans la collection « Special Avoriaz » – puis en DVD chez Opening en 2002 dans une édition ne proposant que la VF, The gate n’avait pas, jusqu’ici, bénéficié de l’attention qu’il mérite. Il s’impose pourtant comme un bon petit film d’horreur familial oublié, dans la droite lignée de films tels que House, House 2, Warlock ou Waxwork.

Malheureusement, le nom même du réalisateur Tibor Takács tend à retomber dans l’oubli et ne bénéficie pas aujourd’hui – en France du moins – de la petite popularité qu’il mériterait sans doute. Il n’est malheureusement pas le seul dans ce cas : des cinéastes tels Brian Yuzna, Anthony Hickox, Albert Band, Fred Olen Ray, Brian Trenchard-Smith, Ethan Wiley, Rodman Flender, Jeff Burr, Steve Miner ou encore Tony Randel se voient pour la plupart peu représentés en Blu-ray de nos jours, et même en DVD tout court pour être tout à fait honnête.

Un récit sous influence(s)

Pourtant, comme on l’a dit un peu plus haut, The gate est un bon petit représentant de ce genre de série B old school. Dans le film, Glen (incarné par un tout jeune Stephen Dorff), son copain Terry (Louis Tripp), se retrouvent confrontés à une situation pour le moins merdique : il se trouve qu’en jouant aux apprentis archéologues, ils ont ouvert dans le jardin de Glen un passage – une « fissure » comme le disait le titre français de l’époque – donnant directement sur un royaume démoniaque. Bien sûr, comme il s’agit d’un film fantastique, il se trouve que les parents sont partis en weekend, laissant à Alexandra, la sœur aînée de Glen (Christa Denton), le soin de s’occuper des mioches.

Tsin-Tsin-Tsin ! Que va-t-il se passer ? Si The gate entretient bien des points communs avec les productions Amblin Entertainment (surtout avec Poltergeist, E.T. et Gremlins), le plus flagrant d’entre eux est probablement de proposer au spectateur un film s’imposant comme une parfaite introduction au cinéma de genre à destination des plus jeunes. Le récit est en effet centré sur les réactions de deux gamins face à des événements étranges – des réactions que l’on pourra sans doute parfois qualifier de stupides, mais qui contribueront à faire se déchaîner le chaos dans la petite banlieue bien rangée où prend place le film.

Pas de budget, mais des idées

The gate parvient néanmoins à dégager une belle énergie, et malgré un budget assez limité, l’enthousiasme de l’équipe aux commandes du film parvient encore à se manifester à l’écran de nos jours. Les effets spéciaux, s’ils pourront paraître un poil désuets aux spectateurs du vingt-et-unième siècle, sont tout de même assez charmants et amusants dans l’ensemble, et permettent au film de Tibor Takács de s’offrir quelques images assez mémorables, voire même dérangeantes pour certaines, surtout si vous aimez les chiens.

Il est également intéressant de noter que parmi le foisonnement d’idées visuelles que l’on retrouve au cœur de The gate, on en a repéré deux ayant eu l’insigne honneur de se voir recyclées quelques années plus tard dans des films à gros budget réalisés par deux des cinéastes les plus salués par la critique internationale. Ainsi, les mains et les visages apparaissant derrière le papier peint de la chambre de Glen seront repris dans Fantômes contre fantômes de Peter Jackson. De la même façon, l’idée de l’œil placé dans la paume de la main sera quant à lui utilisé Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro…

En bref

En deux mots comme en cent, The gate est un petit régal de série B fantastique – une pépite oubliée du genre qui parvient à compenser ses faiblesses (budget, jeu parfois un peu limite…) par un déferlement d’idées et de créativité. Ainsi, les mains sous le lit, les minions, l’œil dans la main, la Barbie plantée dans l’œil sont autant de moments que l’on n’oublie pas quand on a vu The gate. Un excellent moment en somme !

On notera par ailleurs que cinq ans après The gate, Tibor Takács est allé rechercher Louis Tripp pour incarner Terry dans la suite du film, intitulée The gate II (1992), se déroulant quelques années après l’original. Cette séquelle est généralement considérée comme plus faible que son modèle, mais la générosité et l’amour du genre dont fait généralement preuve Takács dans ses films est une raison suffisante pour se laisser tenter. Pour les cinéphiles qui voudraient le découvrir, mieux vaut attendre qu’un éditeur français se penche sur la question : le film est à ce jour uniquement disponible en France en DVD dans une édition « pirate » reprenant le transfert de la VHS sortie en France dans les années 90, et se vend à prix d’or sur le marché de l’occasion…

Le Blu-ray

[5/5]

Avant d’aborder la belle édition de The gate proposée ici par Le chat qui fume, on voudrait tout de même aborder l’existence d’une « première » édition de The gate en France. Le film était en effet disponible depuis 2011 dans une édition Blu-ray pirate vendue – de façon assez scandaleuse –dans la grande distribution (Leclerc, Auchan). The gate faisait partie, avec des films tels que Short circuit, The last starfighter ou Running man, de cette première vague de films édités par les boites « fantômes » Rone et Fusion de façon tout à fait illicite, sans paiement préalable des droits des films. A l’époque de leur sortie, ces Blu-ray pirates (que l’auteur de ces lignes avait largement évoqué sur un site concurrent aujourd’hui devenu une succursale de Marvel) coutaient le prix d’un paquet de clopes. Aujourd’hui – merci Macron – cela équivaut au prix d’un demi-paquet. Cela dit, en plus de tuer les petits éditeurs tel un Covid-19 avant l’heure, la piraterie ne fait pas de miracles techniques : ces éditions Blu-ray étaient dans l’ensemble assez calamiteuses. The gate était ainsi encodé en 1080i et ne disposait que de la VF (québécoise, comme ici).

Ces outrages sont aujourd’hui réparés par Le chat qui fume qui, en plus de nous proposer une édition absolument parfaite d’un point de vue technique, respecte tout à fait les ayant-droits du film en lui offrant une sortie « officielle ». Comme à son habitude, Le chat soigne donc le consommateur français avec cette édition Blu-ray de The gate, dont la maquette a été signée par le graphiste Frédéric Domont, alias Phraid Domont, également connu par beaucoup d’internautes français sous le pseudonyme de Bandini. Le packaging en digipack 3 volets est de toute beauté, et montre bien le soin développé par l’éditeur depuis des années afin de proposer des produits luxueux aux finitions impeccables. On notera également que cette édition est limitée à 1000 exemplaires.

Le master a de la gueule, et le transfert Blu-ray s’avère vraiment globalement réussi, proposant un grain argentique préservé avec soin, des couleurs, mais également un piqué et des contrastes remarquables ; l’encodage ne nous réservera pas la moindre mauvaise surprise, bref, tout est fait pour magnifier le travail de Tibor Takács et son équipe de passionnés sur le film. Côté son, VF et VO italienne nous sont proposées dans des mixages DTS-HD Master Audio 2.0 qui rendent honneur à la douce étrangeté du métrage, allant même peut-être jusqu’à l’accentuer un peu dans le cas de la VF québécoise (qui est celle à laquelle nous sommes habitués) qui, par certaines intonations et expressions typiques, rajoute un effet comique involontaire à l’ensemble.

Du côté des suppléments, Le chat qui fume fait très fort, puisqu’il a été rechercher l’essentiel des bonus disponibles sur l’édition Blu-ray collector américaine de 2017. Les amateurs de bandes originales pourront tout d’abord apprécier à sa juste mesure la partition de Michael Hoenig et J. Peter Robinson grâce à l’option piste musicale isolée. On se plongera ensuite dans un véritable déferlement de featurettes et de documentaires rétrospectifs. On commencera avec un entretien avec Randall William Cook et Craig Reardon (effets spéciaux) (« De l’enfer : créatures et démons de The Gate », 15 minutes), qui évoqueront notamment leur attrait pour les films d’horreur et de leur joie de signer les effets spéciaux d’un film d’horreur à destination des enfants. Plusieurs effets spéciaux du film seront d’ailleurs passés en revue et abordés en profondeur. On poursuivra ensuite avec un entretien avec Andras Hamori (producteur) (« Venu de l’enfer », 13 minutes). Ce dernier reviendra sur son implication dans le projet, en collaboration avec Alliance Films. Place ensuite aux deux hommes forts de The gate, avec un entretien avec le scénariste Michael Nankin et le réalisateur Tibor Takács (« Les gardiens de la porte », 16 minutes), qui reviendront sur leur parcours ainsi que sur l’intrigue du film et sa genèse : Nankin confesse ainsi avoir tiré son histoire des rêves de son enfance. Ils reviendront également sur les différents défis rencontrés sur le tournage, et semblent absolument ravis du résultat à l’écran, autant que de la pérennité du film.

On aura ensuite droit à un retour sur la création des monstres et autres bêbêtes bizarres du film dans un entretien avec Craig Reardon (effets spéciaux) (« Créer les Minions », 23 minutes), qui reviendra sur la création des différents démons et la supervision des scènes en stop-motion. Plus anecdotique mais toujours plaisant, on trouvera juste après un entretien avec Carl Kraines (« L’ouvrier parle », 12 minutes), qui jouait le rôle de l’ouvrier zombie dans le film, qui évoquera son rôle devant et derrière la caméra. Mais ce n’est pas terminé : on continuera avec un entretien avec Randall William Cook et Tibor Takács (« Le passage ouvert », 28 minutes), qui nous proposera un retour détendu et amusant sur la production et le tournage du film, avec à la clé de nombreuses anecdotes intéressantes, notamment sur la conception de certains effets spéciaux à même le plateau. Enfin, une featurette intitulée « Made in Canada » (28 minutes) reviendra sur le tournage du film à Toronto par le biais de courts entretiens avec divers membres de la distribution et de l’équipe qui évoqueront leurs souvenirs et anecdotes sur le cinéma canadien de l’époque.

On terminera ensuite avec la traditionnelle bande-annonce, qui s’accompagnera d’un making of d’époque (23 minutes) qui nous donnera à voir quelques moments volés sur le tournage. Comme d’habitude, vous pouvez commander cette édition indispensable sur le site de l’éditeur Le chat qui fume.

2 Commentaires

  1. Bonjour, est-ce une erreur de compréhension ou il est indiqué qu’il n’existe qu’une version VHS de The gate 2, à prix d’or dans ce sujet récent? S’il s’agit d’erreur de lecture encore nos excuses, sinon je possède la version dvd avec bonus inclus & même un jeu interactif. Si cela peut aider. Merci de m’avoir lu. Bonne continuation.

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