DVD — 22 août 2019
Test Blu-ray : Simetierre (2019)

 
États-Unis : 2019
Titre original :
Réalisation : Kevin Kölsch,
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur : Paramount Pictures
Durée : 1h41
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 10 avril 2019
Date de sortie DVD/BR : 21 août 2019

 

Le docteur Louis Creed, sa femme Rachel et leurs deux jeunes enfants quittent Boston pour s’installer dans une région rurale du Maine. Près de sa maison, le docteur découvre un mystérieux cimetière caché au fond des bois. Peu après, une tragédie s’abat sur lui. Creed sollicite alors l’aide d’un étrange voisin, Jud Crandall. Sans le savoir, il vient de déclencher une série d’événements tragiques qui vont donner naissance à de redoutables forces maléfiques…

 


 

Le film

[3,5/5]

Souvent considéré comme l’un des meilleurs films d’horreur de la décennie 80, le Simetierre de (1989) est en effet un sacré beau morceau de péloche, au point que l’on puisse sérieusement s’interroger sur la nécessité d’en réaliser un remake trente ans après. Attention cela dit, si vous qualifiez ce Simetierre cuvée 2019 de « remake » devant les auteurs et producteurs du film, vous risquez de vous faire engueuler : lors de la promo du film, on évoquait d’avantage une « nouvelle adaptation », censée coller « d’avantage au livre de  ». Cela peut paraître vaguement absurde de mettre en avant un tel argument promotionnel, dans le sens où le scénario du film de 1989 était signé de la plume de lui-même, mais ils ont osé. Vous ne rêvez pas : Simetierre 2019 serait donc encore plus fidèle à l’esprit de Stephen King que l’auteur lui-même.

Et puisqu’on parle de Stephen King, signalons par ailleurs que le binoclard du Maine a déclaré publiquement aimer le film de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer, et approuve « LE » changement radical opéré à l’intrigue, qui n’en est d’ailleurs qu’un parmi d’autres. Pour ceux qui n’auraient pas encore vu le film ni vu la bande-annonce de ce Simetierre 2019, attention [SPOILERS] : l’enfant qui mourra sous les roues du camion n’est donc plus Gage, le petit garçon de 2 ans, mais Ellie, sa grande sœur âgée d’une petite dizaine d’années. Si cette modification a certes de quoi faire bondir le spectateur dans son fauteuil, on admettra cela dit que le choix des scénaristes Matt Greenberg et Jeff Buhler est relativement intéressant, dans le sens où il amène de l’eau au moulin de la réflexion sur la mort et la possibilité d’un « au-delà », thématiques déjà présentes dans la première moitié du film à travers le traumatisme de Rachel, la mère de la famille Creed, responsable de la mort de sa sœur Zelda. En revanche, on ne comprend pas réellement les raisons se cachant derrière la modification des conditions de la mort de Zelda, qui s’avèrent ici absolument ridicules.

Parmi les différences entre le livre, le film de 1989 et ce Simetierre 2019, on notera que le nouveau film ramène sur le tapis l’idée du « Wendigo », présent dans le livre mais que King avait écarté de son scénario pour le film de Mary Lambert. Les processions d’enfants masqués, largement utilisées sur les visuels promotionnels du film, ont en revanche été créées de toutes pièces pour cette nouvelle adaptation ; leur influence serait plutôt à aller chercher du côté de Wicker man (1973) ou de toute la vague récente de films horrifiques mettant en scène des tueurs masqués (You’re next, , …). Le film de 2019 réintroduit également – de façon assez lapidaire cela dit – le personnage de Norma, la femme de Jud, absente du film de 1989. Habiles metteurs en scène, Kevin Kölsch et Dennis Widmyer s’amusent aussi à glisser des références formelles au film de Mary Lambert, les clins d’yeux les plus malins se situant lors de la séquence de l’accident / mort d’Ellie et lors de la mort de Jud, avec le fameux plan dit « de la cheville » détourné de façon assez réjouissante. [FIN DES SPOILERS]

Néanmoins, s’il n’égale sans doute pas le film de 1989, Simetierre 2019 parvient tout de même à tirer son épingle du jeu, notamment grâce à l’ambiance lourde, oppressante, teintée de deuil et de souffrance qu’il développe tout au long de son intrigue : Kevin Kölsch et Dennis Widmyer savent y faire pour imposer une atmosphère réellement mortifère, et celle-ci s’avérera d’autant plus malaisante pour le spectateur que l’intrigue est servie par un trio d’acteurs tout simplement exceptionnels. Jason Clarke est impeccable de fébrilité dans la peau d’un père de famille submergé par la douleur et perdant pied. Dans la peau de la petite Ellie, la jeune Jeté Laurence est extrêmement étonnante, et impose sans peine un jeu réellement impressionnant, alternant entre le feu et la glace. Mais c’est enfin et surtout Amy Seimetz (You’re next, , Alien : Covenant…) qui s’avère la véritable révélation du film, avec une prestation extraordinaire dans la peau de Rachel, la mère de famille névrosée, hantée par la mort de sa sœur.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Comme chaque Blu-ray édité par Paramount Pictures, la galette de ce Simetierre cuvée 2019 s’avère une nouvelle fois techniquement irréprochable. La définition est redoutable, le piqué précis, les couleurs explosent sur les scènes diurnes, les noirs et les contrastes sont impeccablement tenus sur les scènes nocturnes, profondeur de champ et niveau de détails affichent un rendu extraordinaire… Bref, le master du film de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer affiche une forme littéralement insolente : Du beau travail, un sans faute, le rendu est visuellement sublime, un Blu-ray de démo de plus à ajouter au giron de Paramount. Côté son, la VO est proposée en Dolby Atmos : l’immersion totale est garantie, en mode « spatialisation de ouf malade », ultra-dynamique mais également d’une finesse et d’une précision à couper le souffle. La VF doit quant à elle se contenter d’un encodage en Dolby digital 5.1 qui se défend plutôt bien mais ne tient pas la comparaison face à l’intensité de son grand frère. On notera que le doublage français, emmené par l’énergie de Boris Rehlinger (la voix française de Jason Statham, Ben Affleck, Colin Farrell ou Gerard Butler), est d’excellente qualité.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord une grande quantité de scènes coupées et / ou étendues, incluant également une fin alternative (d’une durée de 9 minutes, mais dont seules les deux dernières minutes changent réellement) ainsi qu’une section spéciale « cauchemars » intitulée Terreurs noctures et nous proposant trois séquences diablement efficaces. On trouvera également l’histoire de Timmy Baterman racontée par Jud Crandall ; absente du film, cette séquence fait référence à un soldat de la deuxième Guerre Mondiale qui, dans le livre de King, fut le premier « ressuscité » du cimetière micmac ; ici, le conflit a changé – il s’agit du Vietnam – et la mise en scène du segment s’avère volontiers assez ringarde, bourrée d’effets visuels inutiles. On terminera ensuite avec un très intéressant making of divisé en quatre parties, d’une durée d’un peu plus d’une heure. Les acteurs et l’équipe du film s’y expriment assez largement, les différences avec le film précédent ainsi qu’avec le livre. Amy Seimetz y affirme avoir lu une sélection d’œuvres de Stephen King à l’âge de huit ans, on y revient largement sur le tournage dans un coin de Montréal censé reproduire le Maine, sur le fait de travailler avec les pires animaux du monde (les chats), sur les maquillages de morts-vivants, etc, etc. Un grand absent bien sûr : Stephen King, qui n’interviendra dans ce making of et n’y apparaitra que par le biais de quelques photos et de son caméo dans le film de 1989.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles