Test Blu-ray : Schlock

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Schlock

 
États-Unis : 1973
Titre original : –
Réalisation : John Landis
Scénario : John Landis
Acteurs : John Landis, Saul Kahan, Joseph Piantadosi
Éditeur : Carlotta Films
Durée : 1h19
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 10 mars 1976
Date de sortie DVD/BR : 3 juillet 2019

 

Depuis trois semaines, la ville de Canyon Valley est le théâtre d’une série de meurtres sanglants. Surnommé le « tueur à la banane », le dangereux criminel est en réalité un gorille âgé de vingt millions d’années, le Schlockthropus. Pourchassé par la police, Schlock va découvrir l’amour en la personne de Mindy, une jeune aveugle qui le prend pour un chien…

 


 

Le film

[3,5/5]

La sortie en 1977 de Hamburger, film sandwich a contribué à révéler plusieurs talents : celui des Zucker / Abrahams / Zucker bien sûr, qui signaient le scénario du film, mais aussi celui de John Landis, qui deviendrait quelques années plus tard un des réalisateurs de comédies les plus populaires des années 80. Mais si le film à sketches était un galop d’essai pour les ZAZ, John Landis quant à lui avait déjà réalisé un film en 1973 : Schlock. Sorti en France en mars 1976 sous le titre Schlock, le tueur à la banane, le film bénéficie aujourd’hui d’une sortie Blu-ray inespérée sous les couleurs de Carlotta Films

Inespérée, parce que cette petite comédie indépendante s’avère aujourd’hui quasiment inconnue du grand public, et que la renommée de John Landis s’est un peu affadie ces dernières décennies. Cependant, la redécouverte de Schlock pourrait bien amener les cinéphiles à avoir envie de redécouvrir les films du cinéaste, tant ce premier film impose à sa manière un réel souffle de liberté sous le couvert d’un esprit libertaire et potache n’ayant de respect pour rien ni personne.

Schlock tire en effet à boulets rouges sur la société américaine des 70’s et dézingue par-dessus-tout la sacro-sainte TV, mais le fait dans la bonne humeur. Le film est un véritable déferlement de gags, mais bien sûr, tous ne sont pas du même niveau ni de la même efficacité. Néanmoins, la balance penchera au final assez largement dans le bon sens : celui de la bonne grosse rigolade, volontiers stupide, volontiers grasse, mais atteignant le plus souvent son objectif, celui de faire rire le spectateur. Certains gags ou idées sont excellentes, même quand elles tendent à un peu (beaucoup) tirer en longueur – on pense à la séquence de la théorie du scientifique ou celle du bâton par exemple. D’autres sont de bonnes idées sur le papier, mais pêchent un peu par une mise en place laborieuse ou un timing trop approximatif.

Car dans le fond, tout est une question de timing comique, ou de ce que l’on pourrait appeler le « sens du gag ». La comédie est une mécanique compliquée, et John Landis a très rapidement su dans sa carrière s’entourer de personnalités ayant compris la dynamique d’un gag réussi, le timing précis de la vanne qui tue. Les ZAZ par exemple, avec qui il a collaboré sur Hamburger, film sandwich développaient une écriture qui s’avère une merveille de tempo comique, réussissant l’exploit de ne jamais s’enfermer dans le carcan de la « simple » parodie, et provoquant donc un plaisir immédiat difficilement comparable à un quelconque autre style comique. Par la suite, Landis s’est entouré d’acteurs issus du Saturday Night Live, qui portaient généralement toute la réussite des films sur leurs épaules. Les défauts et les gags foirés de Schlock prouvent en réalité à quel point John Landis a bien fait de « s’entourer » de valeurs sûres comiques durant la suite de sa carrière.

Néanmoins, malgré tous ses défauts, Schlock garde pour lui une fraicheur et une spontanéité tout à fait remarquables, qui en font une expérience tout à fait sympathique !

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Afin de fêter comme il se doit la redécouverte de Schlock, Carlotta Films se devait de nous livrer une galette Haute Définition exemplaire. Le film a été restauré en 4K, et si l’on excepte quelques plans malheureux, l’ensemble affiche une belle pêche, avec un grain scrupuleusement préservé, un piqué accru et des couleurs et des noirs très intenses et soignés : c’est tout simplement magnifique. Côté son, VF et VO sont proposées en DTS HD Master Audio 1.0 mono d’origine. La bande sonore est stable, nette et équilibrée. On remarquera un léger souffle sur la version française, mais celle-ci devrait tout de même ravir les amateurs de doublages décalés comme en faisaient les français à l’époque : accents, expressions, traductions approximatives… Patrick Poivey, Roger Carel et les autres se sont visiblement éclatés afin de proposer la version française la plus saugrenue possible.

Du côté des suppléments, on commencera avec une courte – et amusante – introduction de John Landis, qui s’excuse du spectacle navrant auquel vous allez assister. On poursuivra ensuite avec un brillant commentaire audio de John Landis et Rick Baker. La complicité qui unit le cinéaste et le spécialiste du maquillage de singe est claire, et les deux compères hilares aborderont dans la joie et la bonne humeur tous les aspects du film. Ils reviendront également sur l’aspect « système D » du métrage et sur la façon – tout à fait remarquable – dont ils sont parvenu à tirer le meilleur de leurs 60.000 dollars de budget.

On continuera ensuite avec « La naissance de Schlock » (41 minutes), un passionnant entretien avec John Landis durant lequel ce dernier reviendra sur les premières années de sa carrière, de sa découverte du Septième voyage de Sinbad à la réalisation de Schlock, véritable expérience d’apprentissage, en passant par sa rencontre avec les frères Zucker et d’autres anecdotes souvent assez amusantes. Mais ce n’est pas tout puisque Carlotta est aussi allé nous dégoter un entretien avec le directeur de la photographie Bob Collins , dans lequel il reviendra sur l’esprit bon enfant du tournage, et sur le fait que lui et ses enfants aient tous tenu un petit rôle dans le film.

Pour terminer, on trouvera un court épisode de la web-série Trailers from Hell dans lequel John Landis commente la bande-annonce de The banana monster, retitrage/ressortie de Schlock suite au carton de American college au box-office US. Enfin, on terminera avec une sélection de spots radio et de bandes-annonces « vintage ».

 

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