Test Blu-ray : Panique à Needle Park + Mad love in New York

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Dès les années 20 aux États-Unis, et avant l’instauration du « code Hays » imposant une censure nettement plus stricte pour les cinéastes, le thème de l’addiction aux drogues dures a commencé à donner naissance à des films souvent dérangeants, dressant des tableaux sans concessions de junkies en manque de came et des diverses errances liées à la dépendance.

Ce 22 juin, Carlotta Films se penche sur la question avec la sortie couplée en Blu-ray de deux films traitant de ce problème de société : le mythique et le récent (et bouleversant)

 

 


États-Unis : 1971
Titre original : The panic in Needle Park
Réalisateur :
Scénario : Joan Didion,
Acteurs : , ,
Éditeur : Carlotta Films
Durée : 1h50
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 1 juin 1971
Date de sortie DVD/BR : 22 juin 2016

 

 

Dans les paysages de briques et de béton du West Side de Manhattan, l’histoire de deux jeunes qui s’aiment. Un récit imprégné de la tendresse, de la terreur, de l’amertume de jeunes acharnés à survivre au-delà de la peur et du désespoir d’un monde où sévit cruellement la drogue…

 

 


États-Unis : 2014
Titre original :
Réalisateurs : , Ben Safdie
Scénario : , Ronald Bronstein
Acteurs : , , Buddy Duress
Éditeur : Carlotta Films
Durée : 1h37
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 3 février 2016
Date de sortie DVD/BR : 22 juin 2016

 

 

Harley est une jeune SDF qui erre dans les rues de New York. Elle squatte à droite à gauche pour obtenir de quoi s’acheter sa dose. Car Harley a une sévère addiction à l’héroïne qu’elle partage avec ses compagnons d’infortune : son ami et dealer Mike, et son amoureux Ilya, qui exerce sur elle une attraction malsaine. Pour lui prouver son amour, Harley est prête à tout, même à s’ouvrir les veines. Après une tentative de suicide ratée, la jeune femme reprend son quotidien dans la jungle new-yorkaise, et tente de survivre sans son grand amour destructeur

 

 

Réalisé en 1971 par , figure mythique du « Nouvel Hollywood », est parfaitement représentatif de cette nouvelle vague de films indépendants, réalistes et collant aux basques des « petites gens » qu’ont créé des cinéastes tels que Schatzberg, Monte Hellman ou encore Hal Ashby, et qui ont largement fasciné des années durant les cinéphiles de la « génération Woodstock ». Très influencé par le documentaire, prenant littéralement le spectateur aux tripes, le film suit la trajectoire contrariée de Bobby et Helen, accros à l’héroïne et fous amoureux l’un de l’autre. Puissant, habité, révélait le talent fou d’ et Fait partie de ces films dont les images suivent le spectateur longtemps après la fin du générique.

Proposé comme une « tranche de vie » (on ne sait rien du passé des personnages, seul importe le présent), le film de balade le spectateur aux côtés de ces losers magnifiques, antihéros complètement paumés au cœur d’une société qui les ignore. De fait, on s’attache très rapidement à ces deux personnages qui paraissent aussi vrais que nature. Le film proposé sans la moindre bande originale passe d’ellipse en ellipse, abordant de façon d’autant plus brutale l’inexorable descente aux enfers du couple composé par Bobby et Helen, la rendant par moments à la limite du supportable. Sans trahir les tenants et aboutissants du récit, on peut tout de même noter qu’une lueur d’espoir subsiste au cœur du film, par le biais de l’amour qui unit les deux personnages.

D’amour, il en est également question dans . Comme l’indique son titre français (le film s’intitule aux États-Unis), le film des frères Safdie développe une histoire d’amour passionnelle et destructrice, faisant rimer romance toxico et amour vache. Aussi brutal et choquant qu’éperdument romantique, aussi sèchement réaliste que poétique par instants, nous propose de suivre le quotidien intense et remuant d’Ilya et Harley, ces deux camés qui s’engouffrent dans un premier temps dans les affres de la drogue pour mieux en réchapper par la suite, comme des espèces de miraculés de la vie, sauvés par la force de leur amour de l’enfer qu’ils s’étaient eux-mêmes créé.

Bien sûr, l’ombre de flotte au-dessus du film, qui lui octroiera d’ailleurs un clin d’œil aussi bienvenu que franchement inattendu avec un passage par Needle Park. Slalomant brutalement du rêve au cauchemar, porte tout de même également en lui une lueur d’espoir, qui en fait un des successeurs les plus dignes et les plus passionnants de . Un film a découvrir…

 

 

Les Blu-ray

[4,5/5]

et viennent donc de débarquer en Blu-ray sous les couleurs de Carlotta Films, qui nous livre comme de coutume deux galettes soignées.

Le film de a récemment été restauré en 2K sous la supervision du réalisateur, et le résultat est à la hauteur de nos attentes : l’image est débarrassée de toute tache ou poussière, d’une stabilité impeccable et définition et piqué sont littéralement excellents. Ce nouveau transfert respecte par ailleurs à la lettre un tournage très « documentaire » dans l’âme et une image finalement assez brute : le grain a été préservé et l’encodage ne nous réserve aucune mauvaise surprise. Côté son, les deux mixages (VF/VO) encodés en DTS-HD Master Audio 1.0 en mono d’origine respectent la volonté de sobriété de l’ensemble.

De son côté, a été tourné en numérique, et la galette éditée par Carlotta respecte pleinement le boulot du directeur photo Sean Price Williams : les couleurs sont désaturées, ce qui bouche un peu les noirs et accentue encore la place prépondérante de la lumière au cœur du film. Le piqué est par ailleurs d’une précision tout à fait bluffante, au contraire, les visages et vêtements sont riches en détails, la matière semble palpable. Côté son, deux mixages de la version originale sont proposées au consommateur : la première en DTS-HD Master Audio 2.0, la seconde en PCM 2.0 sont proposées. Si l’immersion aurait été meilleure avec un mixage multi-canal, l’ensemble s’avère tout de même efficace, les incessants bruits de rue en fond sonore facilitent clairement la plongée au cœur du film.

Du côté des suppléments, la part belle est naturellement laissée au mythique , qui s’offre une édition très complète. L’éditeur a en effet recyclé l’intégralité des bonus de son édition DVD de 2004 : dans plusieurs modules d’interviews thématiques s’enchainant de façon passionnante, évoque ses débuts en tant que photographe, son entrée dans le monde du cinéma, sa rencontre et ses relations d’amitié avec , et son rapport au Festival de Cannes. Last but not least, le cinéaste commentera quelques extraits de et décortiquera ses choix de mise en scène. On terminera bien entendu avec la traditionnelle bande-annonce.

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On notera naturellement que est disponible en édition Blu-ray simple, mais également en coffret « ultra collector », limité et numéroté à 2000 exemplaires, qui ne nous a pas été fourni par l’éditeur mais qui se présente de la même que celui de Body double en décembre (lire notre article). Cette édition contient en plus du Blu-ray et du packaging luxe au design classieux un livre de 200 pages intitulé La Vie sur grand écran, composé d’entretiens avec la scénariste et romancière Joan Didion, le « découvreur de talents » Pierre Rissient, le directeur de la photographie Adam Holender et , des extraits du scénario original annotés par le réalisateur, des analyses du film parues dans la revue Positif, ainsi que le matériel promotionnel américain réalisé par Twentieth Century Fox, le tout agrémenté de 50 photos inédites et d’archives personnelles de .

Niveau suppléments, n’a pas pour autant été laissé de côté par Carlotta. Outre une poignée de scènes coupées, on trouvera surtout un court mais intense making of nous emmenant sur le tournage aux côtés d’. Un clip vidéo d’Ariel Pink, une galerie photo et la traditionnelle bande-annonce complètent la section.

 

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