Test Blu-ray : Les Guerriers du Bronx II

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Les Guerriers du Bronx II

Italie : 1983
Titre original : Fuga dal Bronx
Réalisation : Enzo G. Castellari
Scénario : Tito Carpi, Enzo G. Castellari
Acteurs : Mark Gregory, Massimo Vanni, Ennio Girolami
Éditeur : Pulse Vidéo
Durée : 1h29
Genre : Science-fiction, Action
Date de sortie cinéma : 1 août 1984
Date de sortie DVD/BR : 1 juillet 2022

Une multinationale sans scrupules veut faire main basse sur le Bronx pour une opération immobilière géante. Le cruel Wangler, à la tête de sa troupe d’exterminateurs, est chargé d’éradiquer au lance-flamme la racaille qui survit dans le ghetto. Trash, le chef des motards, prend la tête de la révolte contre ces escadrons de la mort…

Le film

[3,5/5]

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, en 1982, le premier opus des Guerriers du Bronx se concentrait sur une relecture des intrigues de New York 1997 et des Guerriers de la nuit (lire notre article). Suite au succès du film un peu partout dans le monde, Enzo G. Castellari et son équipe décidèrent rapidement de se lancer dans la mise en chantier d’une suite aux aventures de Trash et sa bande. Pour autant, le cinéaste italien ne semblait pas réellement enclin à livrer au public une copie-carbone de son premier film, et décida donc, avec l’aide de son coscénariste Tito Carpi, de complètement changer la donne avec Les Guerriers du Bronx II.

Avec ses journalistes tenaces – que l’on croirait sortis d’un film d’Alan J. Pakula – bien décidés à dénoncer les agissements d’une firme immobilière véreuse tout autant que ses accointances avec la mairie de New York, Les Guerriers du Bronx II prend ainsi dans un premier temps des allures de thriller politico-industriel. A ces ambitions thématiques nouvelles se greffera par ailleurs un contexte légèrement modifié par rapport au film d’origine. En effet, le Bronx y a été vidé de sa population par le gouvernement, qui prévoit de raser toute la zone afin que la General Construction Corporation puisse y construire un grand complexe d’habitations ultra-moderne et sécurisé.

De fait, les gangs qui régnaient dans le Bronx du film de 1982 ne sont plus à l’ordre du jour, et ont été remplacés dans Les Guerriers du Bronx II par un groupe de survivants vivant sous terre, où tous semblent unis sous une seule et même bannière. Exit également les Riders, le gang de bikers dirigé par Trash : le personnage incarné par Mark Gregory est dorénavant devenu une espèce de franc-tireur opérant en solo dans les ruines du Bronx afin de ravitailler en armes et en victuailles les civils reclus dans les souterrains tout autant que les rares personnes de la « surface » n’ayant pas voulu quitter leurs habitations. Parmi ceux-ci, il y a les parents de Trash, dont on ignorait tout jusqu’ici, et que l’on n’aura pas vraiment le temps d’apprendre à connaître dans le sens où ils se feront vite dessouder par les équipes de Floyd Wangler (Henry Silva), un dangereux mercenaire à la solde de la General Construction Corporation et d’un promoteur sans scrupule, Clarke, incarné par Ennio Girolami, qui se trouve, à la ville, être le frère d’Enzo Castellari.

Cet événement sera évidemment le prétexte initial nécessaire afin de lancer Trash dans une quête de vengeance, qui permettra à Castellari d’évacuer rapidement l’ébauche de contenu politique qu’il nous promettait dans son premier acte : au final, l’intrigue des Guerriers du Bronx II se contentera d’opposer les gentils du Bronx contre les méchants promoteurs, et c’est tout. Cela se soldera à l’écran par une débauche pyrotechnique et un déluge d’action porté par Mark Gregory, cette fois accompagné à l’écran par Strike (Giancarlo Prete), un bandit légendaire adepte de la punchline homophobe destructrice – interprété par Giancarlo Prete – et son fils Junior (Alessandro Prete), un facétieux garnement poseur de bombes.

Le reste des ingrédients au menu des Guerriers du Bronx II reprend grosso modo les motifs et les rebondissements habituels du genre : l’ensemble est certes faible en enjeux dramatiques forts, mais le quota de personnages bigarrés et interlopes est respecté, et l’action est efficace, même si elle s’avère rapidement très répétitive. Qu’à cela ne tienne cependant : les amateurs se régaleront sans aucun doute du spectacle proposé par Enzo G. Castellari, d’autant que les Iron Men, le gang de danseurs rescapé du premier film, refait une apparition remarquée…

Le Blu-ray

[4/5]

Quelle joie de retrouver Les Guerriers du Bronx II au format Blu-ray en France ! On salue bien bas l’initiative de Pulse Vidéo d’avoir sorti le film d’Enzo G. Castellari de l’oubli (relatif) où il était retombé depuis quelques années. Le film intègre naturellement la fameuse collection « Atomic Future » lancée par l’éditeur en 2020. On notera par ailleurs que le film est à nouveau proposé dans un boitier Amaray mais nanti d’une jolie jaquette réversible.

Côté image, la copie est solide, même si elle n’atteint pas le niveau d’excellence du premier film en termes de restauration. Néanmoins, le boulot a été fait avec soin, et le Blu-ray (naturellement encodé en 1080p) s’impose sans peine comme tout à fait respectueux des couleurs et de la granulation d’origine, tout en proposant un piqué et un niveau de détail tout à fait satisfaisants. Les contrastes ne sont jamais pris à revers, et les scènes nocturnes ne souffrent jamais de noirs « bouchés ». Les pistes audio ne sont pas en reste : les deux mixages (VF / VO) sont proposés en DTS-HD Master Audio 2.0 (mono d’origine). Par pure nostalgie, on avouera préférer la version française à la version originale, parce qu’elle fait partie de ces VF mythiques ayant bercé notre enfance. Un beau boulot technique.

Du côté des suppléments, en plus de nous proposer le film en VHS-Vision, c’est-à-dire dans un transfert de la VHS d’époque (SD, 4/3 et VF uniquement), Pulse Vidéo est allé nous dégotter une poignée d’entretiens et de documents d’archive tout à fait intéressants. On commencera donc avec un entretien avec Enzo G. Castellari et Fabrizio De Angelis (42 minutes). Divisé en trois parties, cet échange entre le réalisateur et le producteur leur permettra de discuter de leur relation professionnelle et du tournage des films de la saga : originellement envisagé par De Angelis pour réaliser L’enfer des zombies, Castellari opta finalement pour Les Guerriers du Bronx ; ils reviendront ensuite ensemble sur leur rencontre avec Mark Gregory, sur le tournage du film et de sa suite entre New York et Rome, ainsi que sur Les Nouveaux barbares. On notera cependant leur manque flagrant d’enthousiasme à l’évocation de la personnalité d’Henry Silva. On continuera ensuite avec un « Castellarirama », une sélection de bandes-annonces dédiées à la carrière d’Enzo G. Castellari. On trouvera donc les trailers de Je vais… je tire… et je reviens (1967), Aujourd’hui ma peau, demain la tienne (1968), Django porte sa croix (1968), Les Yeux froids de la peur (1971), Un citoyen se rebelle (1974), Big racket (1976), La grande débandade (1976), Keoma (1976), La mort au large (1981), Light Blast (1985) et Une poignée de salopards (1978). Pour vous procurer cette superbe édition Blu-ray + DVD, rendez-vous sur le site de l’éditeur !

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