Test Blu-ray : L’Art de la guerre

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L’Art de la guerre

États-Unis, Canada : 2000
Titre original : The Art of War
Réalisation : Christian Duguay
Scénario : Wayne Beach, Simon Barry
Acteurs : Wesley Snipes, Donald Sutherland, Maury Chaykin
Éditeur : ESC Éditions
Durée : 1h57
Genre : Action, Thriller
Date de sortie cinéma : 15 novembre 2000
Date de sortie DVD/BR : 5 juillet 2023

Neil Shaw est un agent spécial, inconnu des services de renseignement américains, qui n’obéit qu’au secrétaire général des Nations unies par l’intermédiaire de sa collaboratrice Eleanor Hooks. Se remettant d’une périlleuse mission à Hong Kong, Shaw se voit confier un travail apparemment simple: mettre sur écoute l’ambassadeur de Chine à New York lors d’un sommet commercial. Mais celui-ci est assassiné et Shaw arrêté. Libéré par les triades chinoises, qui tentent ensuite de l’éliminer, il s’évade. Recherché par le FBI, il doit faire cavalier seul…

Le Film

[3,5/5]

Après s’être fait largement remarquer du grand public grâce à sa prestation mémorable dans Demolition Man en 1993, Wesley Snipes a enchaîné les films d’action tout au long des années 90 (Drop Zone, Money Train…), mais le rôle qui changerait à jamais sa carrière viendrait en 1998 avec Blade, le film d’action / vampires adapté des comics Marvel. Avant de tourner Blade II en 2002, l’acteur reviendrait à un film d’action plus classique, L’Art de la guerre, dont le titre bien sûr est tiré d’un ancien traité de stratégie militaire chinois attribué à Sun Zi.

Il n’y a point à douter que ce texte revêt une certaine importance pour Wesley Snipes : d’ailleurs, on pouvait déjà voir son personnage en train d’en lire un exemplaire dans le très efficace Passager 57 en 1992. Pour autant, L’Art de la guerre n’est pas réellement un film traitant de stratégie militaire : il s’agit d’un thriller musclé développant une poignée d’intrigues géopolitiques tournant autour de la rétrocession de Hong Kong de la Grande-Bretagne à la Chine. Le tout se déroule dans un monde antérieur aux événements du 11 septembre 2001, avec les tours jumelles du World Trade Center apparaissant à plusieurs reprises en arrière-plan.

Le déroulement du récit est relativement familier : L’Art de la guerre met en scène un agent solitaire bénéficiant de technologies high-tech qui s’avérera piégé par l’agence gouvernementale qui l’emploie, le tout sur fond de menace mondiale imminente. L’ensemble est mis en boite par le duo à qui l’on devait la réussite de Contrat sur un terroriste en 1997 : Wayne Beach au scénario et Christian Duguay à la réalisation. Si les duettistes ne parviennent pas à renouveler l’état de grâce qui caractérisait leur première collaboration, on admettra que le film s’avère plutôt efficace et intéressant, en partie grâce au talent de metteur en scène de Christian Duguay.

Bien malin qui aurait pu prédire le tournant que prendrait la filmographie de Christian Duguay une vingtaine d’années après ses débuts en tant que metteur en scène. Si le cinéaste a délaissé le petit monde de la série B survitaminée pour se concentrer, depuis Jappeloup en 2013, dans le grand spectacle familial, les amateurs de films de genre se souviennent avec émotion de ses premiers films, placés sous le signe de l’horreur et de l’action : Scanners II et III, Planète hurlante, Contrat sur un terroriste et donc L’Art de la guerre.

Dans L’Art de la guerre, Wesley Snipes est donc un agent appartenant à une division secrète dirigée dans l’ombre par Anne Archer et Donald Sutherland. Il s’agit d’un homme n’ayant pas d’existence officielle qui, dès la première séquence du film, aura maille à partir avec une poignée de gros bras au service d’un homme d’affaires chinois incarné par Cary-Hiroyuki Tagawa, au sommet d’un hôtel de Hong Kong pendant le réveillon du Nouvel An de l’an 2000.

Et comme Wesley Snipes évolue ici clairement en mode Mission : Impossible, il est encadré par une équipe de soutien high-tech bien planquée dans une camionnette, et composée de Michael Biehn et Liliana Komorowska, qui se trouvait être à l’époque l’épouse de Christian Duguay. Après une série de combats et une cascade spectaculaire en parachute, la mission qui ouvre L’Art de la guerre est un succès, mais Snipes, blessé par balle, doit se retirer pendant quelques mois. La découverte d’un conteneur rempli de réfugiés vietnamiens morts sur un cargo chinois, et l’enquête du FBI menée par le regretté Maury Chaykin (qui apporte beaucoup d’humour à un rôle clairement sous-écrit) amèneront Wesley Snipes et son équipe à reprendre du service. Cette dernière mission sera l’occasion pour lui de se voir piégé par son employeur, capturé par le FBI, puis enlevé par une triade chinoise.

Mais comme c’est lui le héros de L’Art de la guerre, Wesley Snipes s’en sort toujours ; en fuite, il ne pourra compter que sur une traductrice chinoise incarnée par Marie Matiko, qui est la seule à pouvoir prouver son innocence – mais cela fait également d’elle une cible. Malgré leurs différents, ils devront travailler ensemble pour démasquer celui qui est derrière le complot. Les rebondissements et coups de théâtre sont donc nombreux jusqu’à l’affrontement final, même si le spectateur habitué à ce genre de série B aura pu deviner la véritable identité du tueur dès le début du film. Pour autant, le climax de L’Art de la guerre s’avère extrêmement efficace et dénote de la part de Christian Duguay d’un talent certain pour la mise en scène de l’action, toujours parfaitement lisible. Sympathique !

Le Blu-ray

[4/5]

Côté Blu-ray, cette galette de L’Art de la guerre éditée par ESC Éditions affiche une belle forme, avec un master restauré ne présentant pas de souci particulier : les couleurs sont éclatantes et saturées, la définition ne pose pas le moindre problème et le niveau de détail ne faiblit jamais malgré un grain argentique scrupuleusement préservé : c’est du très beau travail. Si les « puristes » évoqueront peut-être un léger manque de « piqué », on arguera que ce dernier est probablement inhérent aux conditions de tournage du film. Côté son, la VO nous est proposée en DTS-HD Master Audio 5.1, et l’ensemble s’avère d’un excellent dynamisme. La spatialisation est efficace, les effets surround traversent toute la scène arrière avec une précision incroyable, et le mixage n’est pas avare non plus en basses qui font littéralement trembler les murs. La VF quant à elle nous est proposée dans un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 au rendu sonore clair et net, privilégiant largement les ambiances à un dynamisme trop agressif.

Du côté des suppléments, outre la traditionnelle bande-annonce du film, le Blu-ray de L’Art de la guerre s’accompagnera d’un entretien avec Christian Duguay (30 minutes), qui permettra au réalisateur de revenir sur son film, ainsi que sur son parcours et ses méthodes de travail. Il reviendra également sur le tournage, sur sa relation avec Donald Sutherland (son « père spirituel »), sur l’implication de Wesley Snipes dans le film, ainsi que sur la mise en boite des scènes d’action, tâche qu’il délègue aujourd’hui aux réalisateurs de seconde équipe. On terminera enfin le tour des bonus par un entretien avec Samuel Blumenfeld (36 minutes), qui se servira essentiellement de L’Art de la guerre pour appuyer son propos concernant la place des noirs dans le cinéma américain depuis les années 60.

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