Test Blu-ray : La chartreuse de Parme

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France, Italie : 1948
Titre original : –
Réalisation : Christian-Jaque
Scénario : Pierre Very, , Christian-Jaque
Acteurs : , , Maria Casarès
Éditeur :
Durée : 2h53
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 21 mai 1948
Date de sortie DVD/BR : 4 décembre 2020

En 1821, Fabrice Del Dongo quitte Naples où il a terminé ses études ecclésiastiques et arrive chez sa tante, la duchesse de Sanseverina, à Parme. Fasciné par Napoléon, Fabrice rêve de grandes actions et d’aventures guerrières, mais, destiné par sa famille à être prélat, il ne fera que multiplier les aventures amoureuses…

Le film

[4/5]

Sorti sur les écrans en 1948, est à première vue un représentant assez typique de la vague d’adaptations littéraires fastueuses ayant littéralement inondé les écrans français dans les années 40/50. Ces grands succès populaires coproduits entre la France et l’Italie se verraient largement dénigrés quelques années plus tard par les jeunes loups de la Nouvelle Vague, au point d’en être, encore aujourd’hui, largement sous-estimées, comme si elles ne représentaient qu’une accumulation complaisante de décors et de costumes clinquants au cœur de films dénués de toute vision artistique. Ainsi, est souvent considéré comme le vil reflet d’un certain « cinéma de Papa », artificiel et sans intérêt.

Avec environ 70 ans de recul, ce rejet élitiste largement véhiculé par l’intelligentsia critique héritée de la Nouvelle Vague semble plus que jamais caduc : ainsi que la quasi-totalité de l’œuvre de Christian-Jaque ont, avec le temps, été réhabilités par le public et une poignée de critiques éclairés. Aujourd’hui, ils sont souvent – à juste titre – considérés comme de véritables classiques, pleins d’un charme désuet qu’il est bien difficile de nier.

est en effet un film mis en scène par un artisan aguerri, donnant à voir au spectateur des décors époustouflants et des costumes superbes, le tout étant littéralement sublimé par la magnifique photo de Nicolas Hayer (Le corbeau), qui met puissamment en valeur les cadres précis imaginés par Christian-Jaque. On a donc devant les yeux une véritable tuerie visuelle, une féerie de tous les instants, un vrai plaisir pour les yeux.

Mais la réussite de vient également de ses acteurs, au sommet de leur forme : aux côtés des jeunes et Maria Casarès, on notera également les prestations convaincantes de , ou Lucien Coedel. Si Maria Casarès est sans doute à l’écran un peu plus jeune que la duchesse Sanseverina du roman, l’énergie et la tension sexuelle véhiculée autour du triangle amoureux composé par / / Maria Casarès n’en sont finalement rendues que plus puissantes et hypnotiques.

Et puisqu’on évoquait le roman de , on notera que malgré la durée importante du film, certains choix ont dû être faits concernant son adaptation, pas toujours des plus fidèles : Christian-Jaque, et Pierre Very ont ainsi fait le choix de laisser de côté ce qui ne faisait pas avancer l’action. Ainsi, ils ont supprimé une poignée de personnages mineurs, ainsi que les premiers chapitres du roman, qui prenaient place durant la bataille de Waterloo. Si bien sûr il s’agit d’une déception pour les fans de , si le film manque également peut-être un peu de rythme durant sa première moitié, on ne peut que saluer les choix faits ici par les deux coscénaristes du film, dont les choix s’avèrent au final payants.

Et ô combien payants, d’ailleurs ! remportera en effet un immense succès dans les salles, en réunissant rien de moins que six millions de spectateurs en France lors de sa sortie. Et il est vrai qu’il semble bien difficile de résister au charme d’un alors vraiment au top de sa fougue et de sa jeunesse. C’est d’autant plus flagrant que le film dégage un souffle romanesque puissant, doublé d’un romantisme aussi contrarié qu’exalté – autant de qualités qui contribuent à faire de un grand film populaire. « Comme on n’en fait plus » si vous nous permettez d’utiliser ici le pire des lieux communs.

La collection « La séance »

Depuis l’automne 2018, l’éditeur propose avec régularité au public de se replonger dans de véritables classiques du cinéma populaire français, tous disponibles au cœur de sa riche collection « La séance ». En l’espace de ces deux années de passion, le soin maniaque apporté par l’éditeur à sa sélection de films du patrimoine français a clairement porté ses fruits. Ainsi, Coin de mire est parvenu à se faire, en peu de temps, une place de tout premier ordre dans le cœur des cinéphiles français. L’éditeur s’impose en effet comme une véritable référence en termes de qualité de transfert et de suppléments, les titres de la collection se suivent et ne se ressemblent pas, prouvant à ceux qui en douteraient encore la richesse infinie du catalogue hexagonal en matière de cinéma populaire. Une telle initiative est forcément à soutenir, surtout à une époque où le marché de la vidéo « physique » se réduit comme peau de chagrin d’année en année.

Chaque titre de la collection « La séance » édité par Coin de mire s’affiche donc dans une superbe édition Combo Blu-ray + DVD + Livret prenant la forme d’un Mediabook au design soigné et à la finition maniaque. Chaque coffret Digibook prestige est numéroté et limité à 3.000 exemplaires. Un livret inédit comportant de nombreux documents d’archive est cousu au boîtier. Les coffrets comprennent également la reproduction de 10 photos d’exploitation sur papier glacé (format 12×15 cm), glissés dans deux étuis cartonnés aux côtés de la reproduction de l’affiche originale (format 21×29 cm). Chaque nouveau titre de la collection « La séance » s’intègre de plus dans la charte graphique de la collection depuis ses débuts à l’automne 2018 : fond noir, composition d’une nouvelle affiche à partir des photos Noir et Blanc, lettres dorées. Le packaging et le soin apporté aux finitions de ces éditions en font de véritables références en termes de qualité. Chaque coffret Digibook prestige estampillé « La séance » s’impose donc comme un superbe objet de collection que vous serez fier de voir trôner sur vos étagères.

L’autre originalité de cette collection est de proposer au cinéphile une « séance » de cinéma complète, avec les actualités Pathé de la semaine de la sortie du film, les publicités d’époque (qu’on appelait encore « réclames ») qui seront bien sûr suivies du film, restauré en Haute-Définition, 2K ou 4K selon les cas. Dans le cas de , il s’agit d’une restauration 2K réalisée par SND – Groupe M6 avec la participation du CNC.

La sixième vague de la collection « La séance » est disponible depuis le 4 décembre chez tous vos dealers de culture habituels. Les six nouveaux films intégrant la collection la portent aujourd’hui à un total de 37 titres. Les six films de cette « nouvelle vague » sont donc (Christian-Jaque, 1948), Le mouton à 5 pattes (Henri Verneuil, 1955), Le jardinier d’Argenteuil (, 1966), (Jean Delannoy, 1967), (Pierre Granier-Deferre, 1971) et (Pierre Granier-Deferre, 1971). Pour connaître et commander les joyaux issus de cette magnifique collection, on vous invite à vous rendre au plus vite sur le site de l’éditeur.

Le coffret Digibook prestige

[5/5]

Comme les autres titres de la collection « La séance », le Blu-ray de édité par s’imposera d’entrée de jeu par son packaging classieux : on est vraiment en présence d’une superbe édition – les collectionneurs seront par ailleurs ravis que celle-ci soit proposée dans un tirage limité – et numéroté – à 3000 exemplaires. Restauré en 2K, s’impose aujourd’hui dans un master inégal mais globalement assez éblouissant. La copie qui nous est proposée ici par est très belle, lumineuse et propre, aux contrastes soignés et nous offrant un noir et blanc solide. Le niveau de détail est d’une précision absolue et le grain argentique a été préservé de façon maniaque – seuls une petite poignée de plans accuse des outrages du temps, mais l’ensemble est vraiment bluffant. Côté son, le film est mixé en DTS-HD Master Audio 2.0 et mono d’origine, et s’avère toujours parfaitement propre et clair, avec un bon équilibre entre les voix et la musique de Renzo Rossellini. Des sous-titres à destination du public sourd ou malentendant sont également disponibles. Du très beau travail technique !

Dans la section suppléments, Coin de mire nous propose – et c’est là sa marque de fabrique – de reconstituer une séance de cinéma à l’ancienne, avec ouvreuse, actualités et petites douceurs. On commencera donc notre séance avec les Actualités de la 21ème semaine de 1948 (10 minutes). Le journal s’ouvre sur le 10ème Grand Prix automobile de Monaco, pour enchainer ensuite avec un hommage à Jules Marais, des parachutistes aux grandes manœuvres, des funambules à moto (ou en pyramide les uns au-dessus des autres), un concours de bébé, la visite de Winston Churchill en Norvège et l’élection du président italien Luigi Einaudi. Le reste du journal est consacré à la visite en France de la princesse Elizabeth – l’occasion d’entendre la future reine d’Angleterre s’exprimer en français avec un léger accent.

Après la bande-annonce de Souvenirs perdus, place à la pub, avec la traditionnelle sélection de réclames de l’année 1948 (9 minutes). On commencera avec une longue publicité pour les radios Philips, puis on continuera avec les Galeries Barbès, « les grand spécialistes du meuble et du tapis », mais également avec les colorations Imédia, l’Hôtel de l’Ouest Betty Rousset à Flers de l’Orne et la margarine Astra à la bonne huile de palme (« l’aliment le plus sain que vous puissiez trouver »). On terminera enfin avec quelques bandes-annonces de films de la collection « La séance ». Pour connaître et commander les joyaux issus de cette magnifique collection, on vous invite à vous rendre au plus vite sur le site de l’éditeur.

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