Test Blu-ray : La caravane de feu

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États-Unis : 1967
Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h41
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 12 juin 1967
Date de sortie DVD/BR : 15 avril 2021

Dépossédé de ses terres et de l’or qu’elles contiennent par Franck Pierce et sa bande, Taw Jackson entend bien se venger à sa sortie de prison. Quoi de mieux dans ce cas que d’attaquer la diligence blindée dans laquelle son ennemi juré transporte tous les mois le précieux minerai vers El Paso ? Une entreprise plus que risquée car une trentaine d’hommes convoient le fourgon qui plus est équipé d’une puissante mitrailleuse…

Le film

[3/5]

En 1962, la réunion à l’écran de et de James Stewart – deux monstres sacrés du cinéma – avait accouché de L’homme qui tua Liberty Valance, un classique de chez classique et l’un des westerns les plus indispensables qui soient, d’autant qu’il était réalisé par un autre monstre sacré du genre, John Ford. Trois ans plus tard, décision fut prise de tenter de réitérer l’exploit réalisé par la Paramount en réunissant dans le même et dans Première victoire (1965), puis dans L’ombre d’un géant (1966), deux films de guerre réalisés par Otto Preminger. marque leur troisième – et dernière – collaboration, en 1967, devant la caméra de .

Vous imaginez un peu ? et , réunis cette fois dans un western. Deux symboles de la masculinité galopante du milieu des années 60 au cœur d’un genre traditionnellement réservé aux hommes. Ça fait beaucoup de testostérone, la chaleur monte déjà, vous le sentez ? Ça pue la sueur, les blagues misogynes et le tabac à chiquer. Si l’on aborde le film de par le prisme des mathématiques, se devait donc de représenter la somme cumulée de leurs charismes respectifs, multiplié par l’impact lié à leur participation au genre western. Au final, et à notre grand désarroi, le résultat sera divisé par le carré de l’hypoténuse d’un réalisateur n’ayant ni le talent de Ford, ni celui de Preminger, et de la racine d’un scénario trop timoré, incapable d’afficher la moindre originalité…

Disons pour être honnête que est certes loin d’être un western honteux, mais qu’il ploie au final sous le poids des attentes du spectateur, qui le jugera immanquablement non à l’aune de ce qu’il est, mais à celle de ce qu’il aurait pu – dû – être. Et malheureusement, si solidement charpenté soit-il, le déroulement du film ne réservera au public qu’un spectacle globalement routinier, se contentant de soigneusement aligner les poncifs et les motifs du western, sans jamais parvenir à les transcender.

Tout y est pourtant : le récit de vengeance, les fusillades, la bagarre dans un bar, le personnage du tueur à gages cupide, la caravane en fuite, les grands espaces de l’Ouest américain, l’action, les explosions, et l’inévitable concours de quéquettes entre les deux stars (au sens figuré, bien sûr). A ce titre, quelques dialogues entre les deux acteurs s’avèrent assez savoureux : après une bagarre durant laquelle chacun des deux personnages se frottait à un antagoniste, le personnage de annonce à avec une certaine fierté que son opposant a touché le sol avant le sien : « Mine hit the ground first ». Et de répondre « Mine was taller ! » – le mien était plus grand !

Le plaisir est donc là, mais il reste en surface, et le spectateur de trépigner en attendant l’étincelle, le petit je-ne-sais-quoi qui permettrait enfin à de décoller, et de s’imposer comme un véritable classique. Le scénario de , adapté de son propre roman, est direct et sans fioritures – il s’agit d’un western purement « fonctionnel », se contenant de recycler l’image classique que l’on a de ses deux héros. D’un côté, , massif, imposant, représentant de la justice et de la droiture. De l’autre, , plus filou, plus espiègle, plus dynamique aussi. Vous vous attendiez à autre chose ?

Non ? Alors disons que c’est parfait, et que les deux mastodontes sont vraiment excellents dans leurs registres respectifs – mais honnêtement, on aurait attendu davantage de ce face-à-face prenant place dans l’immensité poussiéreuse de l’Ouest sauvage. De fait, provoquera certainement chez le spectateur un réel plaisir immédiat – mais avec cette distribution, on était en droit d’en attendre un peu plus, et on regrette que ne se soit pas employé à bousculer un peu les codes et la « prévisibilité » de l’ensemble.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est sous les couleurs de StudioCanal que débarque aujourd’hui Frances au format Blu-ray, le film de Graeme Clifford intégrant la prestigieuse collection « Make My Day ! » dirigée par Jean-Baptiste Thoret. Côté Blu-ray, la définition est précise, les couleurs riches et bien saturées, les noirs sont profonds, et la restauration a pris soin de préserver le grain argentique d’origine. Bien sûr, les plans « à effets » (générique, mentions écrites, fondus enchaînés) accusent des effets du temps, mais le reste s’avère d’une propreté et d’une stabilité tout à fait étonnantes, surtout au regard du DVD jusqu’ici disponible en France, sorti en 2005, déjà chez StudioCanal. Côté son, VF et VO sont proposées en DTS-HD Master Audio 2.0, et les mixages s’avèrent propres, sans souffle, respectant parfaitement les ambiances créées par le film. Le doublage français d’origine est mixé à un niveau plus bas que son homologue dans la langue de Shakespeare. On vous conseillera cela dit de plutôt privilégier la VO, non seulement parce qu’elle est d’un niveau technique supérieur, mais aussi et surtout parce qu’elle vous permettra d’apprécier à sa juste valeur la performance d’actrice incroyable de Jessica Lange.

Du côté de la section suppléments, on retrouvera avec plaisir la traditionnelle présentation du film par Jean-Baptiste Thoret (9 minutes), que vous pourrez choisir de visionner avant le film, et qui s’avère donc exempte de tout #Spoiler. Parfaitement à l’aise devant la caméra, Jean-Baptiste Thoret reviendra rapidement sur la carrière-éclair de Graeme Clifford avant d’évoquer le film et le portrait de femme qu’il nous propose. On pourra également se régaler d’une analyse du film par Mathieu Larnaudie (56 minutes). Auteur d’une biographie de Frances Farmer intitulée « Notre désir est sans remède », il reviendra sur plusieurs aspects du film et de la vie de l’actrice, s’amusant à confronter les faits énoncés dans le film (essentiellement tirés de la bio de l’actrice signée William Arnold et intitulée « Shadowland ») avec la réalité. Très intéressant !

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