Test Blu-ray : Hypnotic

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Hypnotic

États-Unis : 2023
Titre original : –
Réalisation : Robert Rodriguez
Scénario : Max Borenstein, Robert Rodriguez
Acteurs : Ben Affleck, William Fichtner, Alice Braga
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 1h33
Genre : Action, Science-fiction
Date de sortie cinéma : 23 août 2023
Date de sortie DVD/BR : 21 décembre 2023

Déterminé à retrouver sa fille, le détective Danny Rourke, enquête sur une série de braquages qui pourraient être liés à sa disparition. Mais les criminels qu’il poursuit sont bien plus machiavéliques qu’il ne l’imaginait : ils hypnotisent des innocents pour qu’ils commettent des crimes contre leur volonté. Personne ne semble à l’abri. Pour les déjouer, Rourke va devoir se méfier de tout le monde…

Le film

[3/5]

Voilà quelques années que l’on n’avait plus vu un film de Robert Rodriguez dans les salles françaises. Pour autant, le réalisateur, scénariste, producteur, Youtubeur, cuistot et musicien d’origine mexicaine n’a pas chômé ces dernières années, puisqu’après Alita : Battle Angel en 2019, il avait entamé la réalisation de Red 11, qu’il avait décidé de tourner dans des conditions similaires à la production de son premier film El Mariachi, puis avait enchainé avec plusieurs épisodes des séries Star Wars The Mandalorian et Le Livre de Boba Fett, ainsi qu’avec deux films familiaux à destination de Netflix, C’est nous les héros (2020) et Spy Kids : Armageddon (2023).

Avec tout cela, on se demanderait même finalement comment Robert Rodriguez a trouvé le temps d’écrire, produire, réaliser et monter Hypnotic. Cela s’explique – peut-être – par le fait que le film a été tourné « en famille », avec l’aide de ses cinq enfants : Rebel assure le poste de compositeur, Racer est coscénariste / producteur, Rhiannon se charge des storyboards, Rogue des animatiques, et Rocket partage avec son père le poste de monteur. Le tout a été tourné à la maison à Austin, dans les studios Troublemaker créés par le cinéaste hyperactif en 2001.

Le scénario d’Hypnotic est signé Max Borenstein et Robert Rodriguez ; le réalisateur de la saga Desperado souhaiter signer avec ce script un récit « à la Hitchcock », multipliant les twists afin de dérouter au maximum le spectateur. Dans l’absolu, on pense moins à Alfred Hitchcock à la découverte du film qu’à Philip K. Dick, dans le sens où cette histoire mélange plusieurs niveaux de réalité, et que la modification / manipulation de la réalité était un thème cher à l’auteur d’Ubik. Le tout est par ailleurs mixé avec divers éléments de SF évoquant des films tels que Scanners, Matrix et, bien sûr, les films de Christopher Nolan, de Memento (le polaroïd) à Inception (les décors qui se modifient façon kaléidoscope). Le rapport étroit qu’entretient Hypnotic avec les codes du Film Noir évoque également Reminiscence, le film de tourné en 2021 par Lisa Joy, épouse de Jonathan Nolan.

Ce genre de récit de science-fiction faisant se superposer plusieurs versions de la réalité nécessite une rigueur quasi-mathématique dans l’écriture et la mise en forme, qui fait malheureusement défaut au cinéma de Robert Rodriguez. Très à l’aise dans la mise en boite des scènes d’action, le cinéaste a toujours privilégié une approche du cinéma pour le moins décontractée, et Hypnotic en pâtit un peu. Les meilleurs passages du film sont ceux durant lesquels Rodriguez passe en mode thriller, offrant au public de sympathiques scènes d’action, très visuelles et intéressantes. Pour le reste, l’écriture du film se concentre de façon un peu trop laborieuse sur le mystère tournant autour du personnage central, incarné par Ben Affleck, un détective à la recherche de sa fille disparue, découvrant une société secrète composée de télépathes/hypnotiseurs capables de contrôler les esprits.

Comme on l’a dit un peu plus haut, Robert Rodriguez est, un peu à la manière d’un John Landis par exemple, un cinéaste ayant toujours eu une approche très détendue du médium cinéma. Il s’agit indéniablement d’un habile technicien, ayant le plus souvent su s’entourer d’équipes et d’acteurs suffisamment bons pour comprendre la direction dans laquelle il souhaitait aller, et/ou disposant de certaines bases existantes pour travailler leurs personnages (dans le cas des deux Sin City par exemple). Pour autant, Hypnotic marque nettement les limites de son cinéma, dans le sens où l’absence de direction d’acteur claire se ressent très clairement dans le jeu de Ben Affleck, qui en fait des caisses tout au long du film.

Le casting d’Hypnotic n’est pas un problème dans son ensemble. Alice Braga est excellente, de la même façon que William Fichtner. Idem pour Jackie Earle Haley et Jeff Fahey, qui nous gratifient tous deux d’une petite apparition clin d’œil le temps de quelques plans. Quant à Ben Affleck… On sait pertinemment que bien dirigé, l’acteur que l’on a découvert dans le cinéma de Kevin Smith est capable de véritables merveilles. Ici, délaissé par Robert Rodriguez et livré à lui-même, il est complètement à côté de la plaque. Multipliant les grimaces et les têtes de chien battu, il parvient en l’espace de quelques séquences à sortir complètement le spectateur de l’intrigue, et fait retomber la plupart de ses scènes comme un soufflé qui fait pschiiit (ou protz).

Pourtant, le scénario d’Hypnotic est riche en rebondissements, et nous propose un puzzle narratif qui ne demande qu’à être résolu. Mais la prestation léthargique – et parfois involontairement comique – de Ben Affleck empêche Robert Rodriguez de créer un film sous haute tension. Heureusement pour le spectateur, Hypnotic est correctement rythmé, et déroule son intrigue sans provoquer l’ennui, s’animant même au détour de quelques séquences de poursuite qui permettront à Rodriguez de courir avec les personnages alors qu’ils se démènent pour se mettre à l’abri. Durant ces quelques séquences (dont certaines ont été tournées dans les décors d’Alita : Battle Angel), on a l’impression retrouver le réalisateur de Desperado ; mais le tout manque tout de même clairement du sentiment d’urgence et d’excitation qui aurait permis à Hypnotic de s’imposer comme une solide série B de science-fiction.

Le Blu-ray

[4/5]

Côté Blu-ray, la galette d’Hypnotic éditée par M6 Vidéo envoie du lourd : l’éditeur français semble en effet se faire un point d’honneur à nous fournir en vidéo le meilleur rendu Haute-Définition possible, et en remet pour l’occasion un nouveau coup dans l’excellence technique. Le Blu-ray du film est tout simplement irréprochable côté image : le spectateur aura de quoi s’extasier, d’autant que la photo de Pablo Berron et Robert Rodriguez, sublimée par un encodage haute définition sans faille, est vraiment superbe. On notera par ailleurs que le piqué ne souffre jamais des séquences nocturnes ou en basse lumière. Côté son, c’est également un festival de dynamisme : les effets multicanaux vous feront à coup sûr sauter au plafond durant les scènes d’action. La VO nous est proposée en Dolby Atmos, et passe d’ambiances discrètes et très finement spatialisées à des effets littéralement tonitruants. Même constat d’excellence pour la VF, mixée en DTS-HD Master Audio 7.1, et qui s’avère claire, solide et tout particulièrement fine et bien spatialisée : l’immersion pour le spectateur est vraiment optimale. La grande classe !

Dans la section suppléments, on trouvera une série d’entretiens avec Robert Rodriguez et Ben Affleck (16 minutes), proposés dans un montage brut de décoffrage uniquement entrecoupé de cartons nous indiquant de quoi tel ou tel intervenant est en train de parler. Ces entretiens étaient plutôt destinés à être découpés et montés de façon à produire deux featurettes de bonus, mais M6 Vidéo nous en propose un « rough cut » intéressant, notamment en ce qui concerne la genèse du projet Hypnotic, qui remonte à 2002.

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