Test Blu-ray : High-rise

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H-rise

 
Royaume-Uni, Belgique : 2015
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h59
Genre : Thriller
Date de sortie cinéma : 6 avril 2016
Date de sortie DVD/BR : 24 août 2016

 

 

1975. Le Dr Robert Laing, en quête d’anonymat, emménage près de Londres dans un nouvel appartement d’une tour à peine achevée; mais il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n’ont pas l’intention de le laisser en paix… Bientôt, il se prend à leur jeu. Et alors qu’il se démène pour faire respecter sa position sociale; ses bonnes manières et sa santé mentale commencent à se détériorer en même temps que l’immeuble : les éclairages et l’ascenseur ne fonctionnent plus mais la fête continue ! L’alcool est devenu la première monnaie d’échange et le sexe la panacée. Ce n’est que bien plus tard que le Dr Laing, assis sur son balcon en train de faire rôtir le chien de l’architecte du 40ème étage, se sent enfin chez lui…

 

 

Le film

[3,5/5]

Atmosphérique et oppressant, le cinéma de se plait à agresser le spectateur, à le secouer afin de l’extraire de sa zone de confort, comme s’il voulait le forcer à quitter sa position passive et petit-bourgeois de simple « observateur » de ce qui lui est montré à l’écran. Il semblait donc à priori tout à fait à sa place pour adapter le roman de J.G. Ballard «  – Immeuble de Grande Hauteur », récit d’animalité en vase clos avec des morceaux de lutte des classes dénaturée dedans.

Porté par une mise en images d’une classe folle, se permettant des digressions visuelles éblouissantes encore sublimées par une direction photo d’une beauté plastique incroyable, H-rise fait incontestablement le taf. Si tout comme les autres films de Wheatley, H-rise est très attachant et supportera sans peine des visionnages multiples, un léger hic demeure, qui l’empêchera peut-être de convaincre totalement le spectateur : et sa femme ont en effet fait le pari risqué et assez inattendu de ne pas déplacer temporellement le récit de l’auteur de Crash des années 70 (le livre a été publié en 1975) jusqu’à notre époque. Si on peut tout à fait comprendre ce parti-pris de respect de l’œuvre, qui permet d’ailleurs à Wheatley de faire baigner H-rise dans une esthétique décadente 70’s littéralement sublime, on ne peut s’empêcher de penser que le fond subversif du roman de Ballard s’en trouve au final nettement amoindri, le film prenant de fait des allures d’uchronie rétro-futuriste que le roman n’avait pas à l’époque de sa sortie.

H-rise est donc au final une semi-réussite, donnant à l’œuvre de Ballard un côté faussement désuet alors que cette dernière n’a rien perdu ni de sa misanthropie ni de son actualité. On lui pardonnera néanmoins à condition de savoir se laisser porter une nouvelle fois par l’ambiance violente, étrange et désincarnée qu’il aime apporter à ses films.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

N’étant malheureusement parvenu à trouver son public dans les salles obscures en avril dernier (moins de 30.000 entrées, mais sur un circuit comptant seulement 29 salles), a décidé de soigner la sortie vidéo du film de . Le transfert du film est en effet tout à fait bluffant, le niveau de détail est d’une remarquable précision et aucun souci de compression n’est à déplorer. Les nombreuses scènes de nuit ne dépareillent pas, tout est adroitement géré. Couleurs, piqué, tout est fait pour plonger le spectateur dans la plus pure admiration devant le travail du chef opérateur Laurie Rose, collaborateur de longue date de . Côté son, les deux mixages (VF/VO) sont proposés en DTS-HD Master Audio 5.1, et proposent une immersion du tonnerre au coeur de cet immeuble peuplé de fous dangereux : la spatialisation est redoutablement efficace, les différents éléments sonores se détachent de façon très classe, bref, c’est du lourd.

Rayon suppléments, c’est sobre mais relativement intéressant. Outre les bandes-annonces du film et de quelques sorties à venir chez l’éditeur (Green room, Braqueurs), on trouvera une intéractivité entièrement tournée vers J.G. Ballard avec tout d’abord une featurette donnant brièvement la parole à l’équipe du film, couplée avec un riche et très intéressant entretien avec Laurent Aknin portant sur le romancier.

 

 

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